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Démesures  fait sa rentrée avec ce petit article (sans pour autant tenter de démontrer qu’il est possible d’en écrire un démesurément léger) juste pour réveiller nos consciences à la fin de cette période estivale.

Un jour de la fin de l’année 1986, l’humanité avait consommé toutes les ressources que la Terre était capable de renouveler en une année. Sans peindre pour autant le diable sur la muraille, le phénomène n’a fait que s’amplifier depuis.

Eh bien, sachez que depuis hier, l’humanité vit à crédit. C’est-à-dire que nous puisons dans des ressources dont nous auront besoin l’année prochaine … et qui ne sont pas infinies. Ce jour porte un nom, il s’agit du « jour du dépassement« , le « earth overshoot day » pour les anglophones.

C’est ce que relate le site du Global Footprint Network, une organisation créée dans le but d’amener les états, les entreprises et les individus à entreprendre des démarches concrètes afin d’assurer un avenir écologique à notre planète.

Aie, car à ce train là en 2050 il faudra deux années de production « terrestre » pour contenter les besoins de l’humanité.

Bon, gageons (un peu lâchement) que la technologie permettra alors de diminuer cet emballement.

Dans le même ordre d’idée, une étude vient de paraître analysant la consommation énergétique des réseaux informatiques et des datas center. Celle-ci met en évidence un fais surprenant, cité en exemple : regarder 1 heure de vidéo chaque semaine sur un téléphone portable ou une tablette, consomme plus d’électricité en 1 année que … 2 réfrigérateurs branchés 24/7 sur le secteur pendant la même année !!!

En passant, l’analyse reprend des chiffres publiés par Greenpeace et comparant l’utilisation d’électricité d’origine organique (centrales au charbon) des principaux acteurs dans le domaine du stockage de données sur internet (cloud) :

cloud

Et Apple est loin d’y apparaître comme un acteur à la fibre écologique. En même temps, il fallait un premier, la pomme serait-elle aussi mal classée dans une analyse se basant sur des critères différents, il est difficile de se prononcer. En effet ces données ne relatent pas s’il s’agit d’un calcul proportionnel au volume de données traitées … et ne mentionne pas non plus si l’énergie utilisée par Google et ses centres dépendent d’un choix commercial ou s’il ne s’agit que d’une distribution géographique de ceux-ci, auxquels il n’appartient pas de décider de la source énergétique délivrée par le réseau.

Bref, s’il est vrai que, toujours selon la même étude, ‘un frigo à faible consommation énergétique utilise moins d’électricité qu’un écran de télévision, il faut admettre que le calcul tient compte pour le second de ce qu’il a été nécessaire pour produire, acheminer et héberger les programmes qui y sont diffusés, mais ne prend pas en compte (pour le frigo) la consommation énergétique de production et de transport des produits qui y sont stockés.

Toujours est-il que l’intérêt de cette étude n’est pas de prouver que les nouvelles technologies sont extrêmement voraces en énergie. Mais que l’empreinte écologique de nos nouvelles distractions est considérable, et que, plus que la démographie, c’est bien la multiplication de produits énergivores, et l’accession au pouvoir économique de pays jusque là épargnés par la fièvre du numérique, qui vont grevés la situation.

Pas banale cette débauche d’énergie nécessaire à afficher sur un écran ce qui se passe en bas de chez nous la plupart du temps. Ou cet accès à des informations qui, finalement, ne nous manqueraient pas si nous n’y avions pas accès.

De quoi figurer dans ce numéro de Démesures.

 

Sources et liens :

http://science.time.com/2013/08/14/power-drain-the-digital-cloud-is-using-more-energy-than-you-think/print/

http://www.tech-pundit.com/wp-content/uploads/2013/07/Cloud_Begins_With_Coal.pdf?c761ac

http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/page/earth_overshoot_day/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_d%C3%A9passement