Solidarité, convivialité, ouverture au contact, c'est toujours une ouverture humaine.

Solidarité, convivialité, ouverture au contact, c’est toujours une ouverture humaine.

Hier soir ou plutôt au petit matin, rentrant d’une conviviale et agréable soirée, j’aperçus sur le bord de la route, à l’entrée d’un carrefour, un homme aussi jeune que charmant qui quémandait un bout de conduite.

N’ayant aucun motif de résister à son juvénile attrait, je m’arrêtai et de la main lui désignai la place qui l’attendait ; il me dit sa destination et je lui confirmai l’invitation.

 

La musique, la foule et la boisson pour faire la fête.

La musique, la foule et la boisson pour faire la fête.

Marchant depuis un petit kilomètre, il se sentait outré du peu de solidarité des automobilistes et dit ne pas comprendre ses compatriotes helvétiques (et les miens), qui montrent aussi peu d’ouverture aux solliciteurs d’un partage de trajet noctambule.

A mon argument de la peur nocturne, il objecta la carrure de nombre des conducteurs qui l’avaient ignoré, dont l’indifférence et l’égoïsme seuls lui semblaient motiver l’attitude.

 

Le repli sur soi, une attitude sociale générale et peu artistique.

Le repli sur soi, une attitude sociale générale et peu artistique.

Apprentissage difficile de l’humanité pour ce novice de la société que cette confrontation du repli sur soi de l’être pourtant grégaire, qui bénéficie des avantages de la collectivité mais ne lui concède une participation que dans la mesure d’une obligation, souvent d’assez mauvaise grâce et sans complaisance.

Stéphane, le prénom qu’il se donna, bénéficie lui-même d’une automobile mais avait préféré sortir en piéton puisqu’il prévoyait de consommer de l’alcool ; il n’était pas ivre et rien dans son apparence ne faisait supposer aucune substance incommodante, sauf ce qu’il déclarait.

 

Beaucoup de jeunes s’enivrent avant de sortir car ils recherchent l'ivresse.

Beaucoup de jeunes s’enivrent avant de sortir car ils recherchent l’ivresse.

Il parlait clairement, raisonnait bien et s’exprimait avec cohérence mais aussi beaucoup d’ouverture, une vision saine et une approche cordiale avec quelque candeur certes, une disponibilité extériorisée malgré le dépit qu’il attestait.

Il montrait une posture positive et sociable qui néanmoins ne parait pas être adoptée par une écrasante majorité, à lire les faits divers actuels ou récents ; lesquels nous informent que dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune bâlois âgé de vingt-trois ans a frappé mortellement avec une bouteille un jeune italien de vingt et un ans dans une discothèque de Mykonos et qu’un argovien de quarante et un ans a, lui, été tabassé à mort dans un McDonald de Munich.

 

Quelle illusion recherchent-ils ?

Quelle illusion recherchent-ils ?

Dans ce dernier exemple, des entreprises de l’un des bagarreurs envers la compagne de l’autre pourraient être à l’origine de la rixe, tandis que dans celui-là l’agresseur déclare ne pas avoir voulu tuer et que c’est un accident, mais la présence d’alcool en excès est soulignée partout.

Antérieurement un habitant du Petit-Lancy tirait avec une arme à feu sur une adolescente qui l’avait repoussé, la blessant gravement, des collégiens en voyage en Italie assaillaient un serveur italien pour le voler tandis que d’autres s’attaquaient à un couple à Berlin, ou d’autres encore chargeaient les badauds des parcs de Munich, toujours avec une quantité notoire d’alcool.

 

D'autres substances sont aussi répandues.

D’autres substances sont aussi répandues.

Bien d’autres faits comparables se sont encore produits, alors que l’arrivée d’adolescents ou de jeunes adultes dans un état d’éthylisme qui fait craindre pour leur vie s’accroit dans les centres hospitaliers, et que la consommation et la vente donc de substances aussi illicites que dangereuses ne se manifestent pas en diminution et éclosent aussi dans les manifestations festives.

 

L'escalier vers le paradis : chacun en a sa vision.

L’escalier vers le paradis : chacun en a sa vision.

De quoi assurément s’interroger quant aux motivations des fêtards et quant à leurs attentes, tant au cours de la bombance que plus généralement, dans leur intégration sociale ou dans leur carrière.

Interrogation que l’on peut aussi élargir à la disponibilité et à la présence des excitants en tous genres au sein des groupes, dans la rue et même dans les écoles car l’omniprésence de l’offre facilite largement l’accroissement de la consommation.

 

Le lien est peut-être excessif mais tout est hélas à portée des écoliers.

Le lien est peut-être excessif mais tout est hélas à portée des écoliers.

Un ami me racontait récemment que lorsqu’il a voulu informer son fils, âgé aujourd’hui de quinze ans mais qui n’en avait alors que douze, de ce qu’était la drogue que peut-être il rencontrerait bientôt sur son chemin, il avait entendu « mais Papa, il y a de la drogue dans la cour de l’école ».

C’est ainsi qu’il faut informer les enfants de plus en plus jeunes et de choses de plus en plus nombreuses, puisque le même garçon raconta aussi à son géniteur que certains camarades de sa classe arrivent parfois le matin dans un état d’ébriété avancé.

 

Exploser de santé et en rester bénéficiaire est pourtant idéal.

Exploser de santé et en rester bénéficiaire est pourtant idéal.

Bénédiction pourtant, cet éphèbe ne manifeste d’attrait ni pour l’alcool, ni pour le tabac, ni pour les stupéfiants et dévoile une pensée aussi bien orientée que clairement structurée, tandis qu’il rencontre dans son cadre usuel et scolaire le côtoiement d’addictions particulièrement alarmantes.

D’aucun répètent avec insistance la question de l’environnement que nous laisserons à nos successeurs et des conditions naturelles dont ils pourront bénéficier, mais c’est aussi et largement des conjonctures mentales, sociales et sanitaires qu’il y a lieu de se préoccuper car l’évolution vers des recherches d’excès sensoriels, démonstratifs ou émotionnels répond à une ambiance, à un état de pressions ou de tensions, de « stress » en bon franglais, dans lequel notre population s’est enfoncée.

 

Les moments festifs sont légitimes et conviviaux.

Les moments festifs sont légitimes et conviviaux.

C’est en examinant l’équilibre et l’ouverture que nous leur proposons, en les améliorant et en les approfondissant, en les faisant connaitre mieux des premiers intéressés aussi que nous pourrons remettre en harmonie le milieu de développement de la jeune humanité qui nous survivra et de celle que nous contemplerons dans notre longévité.

 

Éviter les excès et les drames c'est communiquer et tolérer.

Éviter les excès et les drames c’est communiquer et tolérer.

Pour rencontrer encore un Stéphane qui rentre chez lui avec la tête sur les épaules, pour entendre souvent le récit d’un ami dont le fils parle ouvertement de ce qu’il voit sans y trouver rien d’attirant, il faut toujours tendre la main au quotidien en offrant un siège au passager qui le quémande mais encore et toujours communiquer, informer et écouter, permettre aussi l’expression de vie et d’existence dans la meilleure compréhension même si notre tranquillité en est un peu dérangée.

N'avons-nous jamais ressenti cette intolérance ?

N’avons-nous jamais ressenti cette intolérance ?

Gardons aussi dans la mémoire que nous avons eu nos excès et nos confrontations avec les « vieux », que notre manifestation, notre habillement, nos cheveux, la musique que nous écoutions ou notre façon de nous trémousser sur la piste ont déplu et dérangé, ont été vivement critiqués et parfois interdits et ont provoqué alors notre ire ou notre révolte, contre ceux qui ne comprennent pas et qui nous ont alors « empêché de vivre ».

Sortons enfin de l’axe permettre ou interdire et communiquons d’avantage, cherchons le langage qui convient pour y parvenir car le vocabulaire peut avoir changé, mais l’émotion et la sensation sont cependant similaires et la participation, l’échange et l’écoute sont aujourd’hui comme auparavant la première recherche des humains.

 

Apprendre le langage et montrer l'ouverture pour communiquer.

Apprendre le langage et montrer l’ouverture pour communiquer.

Alors, pourquoi refuser un transport qui ne nous coûte rien et nous donne une possibilité de communiquer, pourquoi opposer un préjugé négatif et manquer complètement d’éclectisme, de convivialité et d’ouverture ?

Notre seul risque est de rencontrer une personne moins accueillante, moins aimable ou moins compréhensible, tandis que notre chance est de croiser Stéphane et de trouver le privilège d’une sympathie qui nous donnera le sourire toute la journée.