La zone bleue est un privilège réservé en priorité aux habitants du quartier.

La zone bleue est un privilège réservé en priorité aux habitants du quartier.

Depuis plus d’une décennie, le parcage des automobiles dans le périmètre urbain est une ressource non négligeable de recettes par le biais des parcmètres de toutes catégories, quand ce n’est pas au bénéfice des garages souterrains ou en étages.

De manière croissante et déterminée, l’autorité pourchasse ainsi l’utilisateur de véhicule à quatre roues et le rançonne aussitôt qu’il s’arrête, le tolérant jusqu’à nonante minutes puis l’assujettissant à la traite forcée lorsqu’il a l’audace de séjourner plus longuement, par l’amende ou par les gages croissants des édifices concentrationnaires.

 

En bonne logique c'est aux piétons que le trottoir est destiné.

En bonne logique c’est aux piétons que le trottoir est destiné.

C’est que la voiture est devenue le monstre indésirable par excellence, que les doctrines écolo-socialo entendraient bien éradiquer totalement au profit des structures collectives et communautaires, dans l’unité d’un nivellement sans tolérance ni individualité.

Cet élan a pris depuis vingt ans si bien que, tandis que les quadricycles désertent l’espace des villes sous la pression des obstacles et des surcoûts, les bicycles avec ou sans moteurs, pétaradants, électrifiés ou seulement animés par les muscles se sont multipliés jusqu’à pulluler et envahir les promenoirs initialement réservés aux piétons.

 

L'argent est une voie de changement des attributions.

L’argent est une voie de changement des attributions.

Hormis le dérangement esthétique de cette invasion souvent complètement désordonnée d’engins de toutes formes, de toutes couleurs, de hauteur variable et de poids parfois notoire, l’encombrement se fait au détriment de la mobilité des piétons comme de l’agrément et de l’animation des espaces publics.

Bien souvent d’ailleurs l’espace de passage se restreint tant que la mouvance de poussettes ou de chaises roulantes doit se faire par la chaussée, nonobstant les inconvénients et risques de la circulation, alors que les allées larges ou parfois même étroites se partagent encore avec certains cyclistes ou motocyclistes, qui y trouvent plus de tranquillité, sans égards aux bipèdes de tous âges dont la sécurité est ainsi compromise.

 

Les trottoirs sont souvent étroits.

Les trottoirs sont souvent étroits.

Depuis longtemps, les usagers musculeux ou mécaniques à deux roues jouent ainsi des coudes à qui mieux mieux, les uns pour naviguer entre les files et les autres mobiles et les autres pour habiter les promenades ou s’y déplacer, contre les murs ou près des bordures, au milieu parfois et souvent en travers, quand encore ce n’est pas en actionnant vivement la sonnette ou l’avertisseur afin d’intimider et d’avertir les marcheurs.

Le recensement total est bien difficile mais ce ne sont pas moins de quarante-huit mille immatriculations de motocycles qui sont enregistrées à Genève, auxquels il faut ajouter les cyclomoteurs, les vélocipèdes et l’ensemble des engins bicycles extérieurs au canton qui amènent quotidiennement leurs utilisateurs au lieu de travail.

 

Contre le payement des tickets, les motos pourront coloniser les trottoirs.

Contre le payement des tickets, les motos pourront coloniser les trottoirs.

L’engorgement des étendues est tellement marqué que les autorités ont envisagé de soumettre au payement le parcage dans l’espace public et la création de places en sous-sol, à l’instar des parcs à voiture et des parcmètres.

Alors les places à ciel ouvert deviendraient accessibles pour une durée limitée et contre une taxe préalable, tandis que les emplacements intérieurs seraient offerts en marché libre ou en abonnement.

 

Les trottinettes seront-elles soumises à la taxe ?

Les trottinettes seront-elles soumises à la taxe ?

De la sorte les privilégiés d’aujourd’hui rejoindraient les payeurs et participeraient enfin à la contribution aux aménagements routiers ou aux finances publiques, comme ils ont commencé à le faire puisque deux mille cent onze amendes ou contraventions de stationnement ont déjà été notifiées cette année pour des stationnements abusifs de deux roues.

C’est ainsi que va s’étendre la guerre des parcmètres et son corollaire, la chasse aux papillons dans le filet des agents de la société des parkings, lépidoptères qui se reproduisent toute l’année et par tous les temps et qui, désormais, butineront autant les guidons que les essuie-glaces, sans doute dans une évolution ficelée ou auto-collée.

La législature en cours pourra bientôt se targuer de la création de nombreux emplois dans une profession en pleine expansion : percepteur de surtaxes de parcage, dites aussi amendes d’ordre.