Dernier comte de Genève, Robert plus connu comme pape Clément VII

Dernier comte de Genève, Robert plus connu comme pape Clément VII

Après avoir conquis le pays de Gex et le Faucigny, puis acheté l’héritage de Robert de Genève, décédé pape Clément VII sans postérité, le comte Amédée VIII de Savoie s’arrogera des pouvoirs de plus en plus grands au détriment de l’évêque ou de la cité.

Puis il recouvra la seigneurie du Piémont, précédemment dévolue à la branche cadette de la famille éteinte en branche mâle, obtint de l’empereur Sigismond Ier l’érection en duché de la Savoie le dix-neuf février 1416 et le titre de prince de Piémont.

Pour mettre fin au grand schisme des papes d’Avignon, l’empereur obtiendra du pontife de Rome la convocation du concile de Constance, qui siègera de 1414 à 1418.

 

Succédant à deux comtes guerriers, Amédée VIII se révèlera négociateur redoutable, homme sage et érudit.

Succédant à deux comtes guerriers, Amédée VIII se révèlera négociateur redoutable, homme sage et érudit.

Le synode déposera trois papes, Grégoire XII qui se résignera à abdiquer, Jean XXIII destitué après avoir été emprisonné par l’empereur et Benoit XIII qui fuira en Catalogne et y prolongera le schisme.

Enfin le conclave portera au Saint-Siège le cardinal Oddone Colonna sous le nom de Martin V.

Cependant en 1438, le pape Eugène IV décide de transférer le concile de Bâle à Ferrare : seule une minorité accepte tandis que les autres décident de continuer à siéger.

Le trente octobre 1439, s’appuyant sur un décret du concile de Constance, le concile de Bâle prétend déposer Eugène IV et élit à sa place Amédée VIII de Savoie, devenant ainsi l’antipape Félix V, qui sera intronisé en cathédrale de Lausanne le 23 juillet 1440.

 

Le pape de Bâle fut loin de la fantaisie : le cardinal Piccolomini, représenté ici partant au concile, fut le secrétaire de Félix V avant d'être élu pape Pie II.

Le pape de Bâle fut loin de la fantaisie : le cardinal Piccolomini, représenté ici partant au concile, fut le secrétaire de Félix V avant d’être élu pape Pie II.

Lorsqu’il se soumettra en 1449, Amédée VIII de Savoie obtiendra du pape Nicolas V d’être nommé évêque de Genève et pour les princes de sa maison un droit de présentation au diocèse. Le siège épiscopal sera désormais occupé par des Savoie ou des membres de familles vassales.

Cependant l’engagement de Genève, par la volonté de l’évêque, aux côtés du duc de Bourgogne dans sa guerre contre les confédérés apportera une grave menace de condamnation à payer une amende importante après la victoire des suisses.

 

La bataille de Morat fut fatale à Charles le téméraire et affaiblit l'évêque de Genève par son engagement.

La bataille de Morat fut fatale à Charles le téméraire et affaiblit l’évêque de Genève par son engagement.

L’évêque se verra obligé de s’adresser aux vainqueurs et de conclure en 1477 un traité de combourgeoisie pour cinq ans avec Berne et Fribourg.

Dans la même orientation, la communauté des citoyens signera en 1519 un nouveau traité mais le duc de Savoie contraint les genevois à renoncer à cet acte dirigé contre lui.

 

Le traité de combourgeoisie est le premier lien entre Genève et la Suisse; il est aussi le début du gouvernement autonome.

Le traité de combourgeoisie est le premier lien entre Genève et la Suisse; il est aussi le début du gouvernement autonome.

Néanmoins le traité de 1526 entre Genève, Berne et Fribourg sera l’amorce de la fin des pouvoirs de l’évêque et l’émergence d’une seigneurie autonome.

Cette nouvelle combourgeoisie avec Fribourg et Berne marque aussi l’ouverture plus prononcée envers les voyageurs et marchands d’origine germanique, qui apportent avec eux les mouvements d’idées luthériens.

Sous l’influence de Berne, des prédicateurs sont acceptés dans la ville, dont Guillaume Farel qui prêche la réforme. Le dix août 1535, la messe catholique est interdite puis le vingt-six novembre, le conseil des deux-cents s’octroie le droit de battre la monnaie en place de l’évêque.

La ville, à nouveau menacée par la Savoie, adopte définitivement la réforme le vingt et un mai 1536, ainsi que l’obligation pour chacun d’envoyer ses enfants à l’école.

Jean Calvin arrive à Genève en juillet 1536