danger

A l’heure où la plupart d’entre-vous sont tranquillement installés chez-eux à lire cet article, bien à l’abri derrière des murs épais, à cet instant précis, vous n’avez certainement pas l’impression de vous retrouver au milieu d’un champs de bataille.

Et pourtant, si des émissions de télé-réalité du genre Kho-Lanta ne sont pas pour vous tenter, sans vous en rendre compte vous livrez en permanence un combat pour votre survie. Celui qui vous opposent aux BACTÉRIES.

Nous n’aborderons pas la problématique des pays pauvres, démunis, du désert dans lequel meurt un enfant d’une diarrhée qui aurait pu être guérie en lui administrant un médicament à 7 euros. Sans pour autant nier cet aspect honteux de notre société, il est bien plus étonnant de constater que nous livrons, nous aussi, un combat similaire, et dont l’issue n’est pas plus certaine pour autant que nous faisons partis des plus nantis de cette planète.

Oui, riches, pauvres, célèbres, blancs ou noirs, nous sommes tous égaux devant notre pire ennemis après nous-mêmes, la bactérie.

En dépit de l’illusion de soins salvateurs, de technologies de pointe au service de la médecine, et d’une pléiades de remèdes plus ou moins efficaces, nous n’en restons pas moins à sa merci, chaque jour, chaque seconde. Et contrairement aux apparences, nous ne sommes de loin pas les plus forts.

Un geste anodin, sortir de table en tentant d’extraire discrètement un grain de poivre coincé entre deux dents, peut décider de notre avenir ou de notre disparition.

Quand l’homme ne peut que choisir sa mort.

Il est bien des choses étonnantes que nous ignorons, et plus de découvertes sont réalisées, plus il apparaît que nous ne savons que peut de chose de notre environnement. Nous sommes grands, pensons dominer le monde, mais cette Nature nous remet volontiers à notre place dès que nous l’étudions. Nous ne savons rien, et le peu que nous savons ne nous sert pas à grand chose.

Un bon exemple en est cette bactérie : Helicobacter Pylori. Sous ce nom un peu savant, se cache un cauchemar vivant.

Helicobacter Pylori. Qu'elle vive ou qu'elle meurt, les conséquences seront graves pour nous.

Helicobacter Pylori. Qu’elle vive ou qu’elle meurt, les conséquences seront graves pour nous.

HPylori (Helicobacter Pylori) est responsable de pas mal de plaies : cancer de l’estomac, ulcère, maladie de Parkinson (de nombreuses études plaides pour cette piste), pour les plus célèbres.

Présente chez 50% environs des humains adultes (tant que cela !) elle ne se remarque en général que dans le 40% des cas. Car elle sait se faire discrète, et ne se découvrir qu’au moment de passer à l’attaque.

Même si elle est une des rares à survive à l’acidité de la digestion, elle n’est pas invincible pour autant. Les antibiotiques nous en débarrassent facilement.

Oui mais voilà. HPylori a aussi à son palmarès de nous protéger d’autres maladies … Et oui, asthme, cancer de l’œsophage et même obésité sont bien moins fréquents chez les sujets contaminés par HPylori.

Vivre avec ou sans, reviendrait d’une certaine manière à choisir son facteur létal ? Pas si simple.

H-Pylori

H-Pylori

Certains tentent de s’en défaire sans succès, d’autres ne l’attraperont jamais, il n’y a pas de choix à proprement parlé.

Alzheimer même serait concernée. Les spirochètes seraient présents dans le cerveau de 90% des personnes atteintes. Ces spirochètes, dont font partie la Syphilis ou la malade de Lyme. Plus on étudie les bactéries, plus on se rend compte de l’implication qu’elles ont ou peuvent avoir dans les maladies qui mettent au défit nos connaissances et notre technologie.

Schizophénie et autisme seraient même concernés ! Alzheimer, Parkinson, l’obésité, certains cancers, tel le cancer du col de l’utérus contre lequel un vaccin a été élaboré,  bref si l’ont suis les pistes scientifiques, toutes ces pathologies dont notre monde n’arrive pas à se débarrasser, auraient finalement une origine bactériologique.

Comment s’en protéger ?

Staphylococcus aureus

Staphylococcus aureus

Alors, deux questions viennent à l’esprit. Pourquoi ne pas les éliminer, et qu’en est-il des autres pistes, encore plus souvent évoquées, telles que l’effet cancérigène de certains produits ?

Les plaies dont souffrent notre humanité sont nombreuses. Prenons l’exemple des maladies transmises par les insectes. Dengue, paludisme  etc… dont des moustiques sont les principaux vecteurs. Sans parler de toute la panoplie des parasitaires. Mais, éliminer totalement les insectes vecteurs de ceci ou cela causerait plus de dommage à notre monde qu’il n’en apporterait de bien-être.  Parce que cette planète interagit avec tous les acteurs qui la composent, et parce que, chacun séparément est indispensable à tous les autres. De la même manière, il ne serait pas imaginable de nous séparer définitivement des bactéries. Le cas d’HPylori cité plus haut en est un bon exemple.

Si l’être humain a su, ou plutôt à du, très rapidement s’engager dans des batailles cruciales, pour dominer son environnement, celle de l’énergie, combattre ses prédateurs, etc…, la conscience de l’implication de cet infiniment petit n’est que très récente. Nous en sommes qu’aux débuts, et il nous reste beaucoup à apprendre.

Plus important que le combat primaire contre cette multitude insaisissable, est la compréhension des mécanismes employés. Ainsi, dans le cas d’HPylori par exemple, la protection de l’oesophage est induite par saturation d’anticorps à cet endroit, du à l’infection par HPylori. Cet apprentissage peut justement amener à trouver un remède à ce cancer, dans la mesure où il suffirait de trouver le modus déclencheur de cette saturation.

Quant à l’influence de certaines molécules, ou d’un mode de vie en particulier, la découverte de l’implication des uns n’enlève pas de crédibilité aux autres. Car il n’y a pas une seule vérité. Ainsi, une alimentation particulière pourrait modifier l’acidité du corps, et du même coup mettre en péril une bactérie bien précise.

Remplacer un problème par un autre n’est pas la solution.

Pour se protéger, il vaut mieux attendre encore sur la science, ses progrès, ses découvertes, et bien connaître son ennemi.

« Laves-toi les mains avant de manger ! ». Qui n’a pas déjà prononcé ou entendu ces mots. Loin d’être dénué de bon sens, il a finit par se transformer dans l’esprit. Se laver la main est nécessaire, parce que les détergents contenus dans le savon permet de décoller, voire de tuer certaines bactéries adhérant à la peau. Mais … le nombre d’organisme concernés est assez faible. Ainsi, il important de se laver pour éliminer les souillures, sur lesquelles sont fixées des bactéries. Imaginer qu’ainsi nos mains sont saines et désinfectées, est une erreur.

savon

Pire, un cas récent qui s’est produit dans des hôpitaux suisses révèle que le savon lui-même peut-être contaminé, et transmettre des maladies.

Les gels « hydo alcooliques », que l’on trouve maintenant un peu partout, et vendus comme panacée universelle en cas d’épidémie de ceci ou cela, ne sont guère plus efficaces. Seules des solutions à base de chlore ou de dérivés peuvent garantir une désinfection. Mais dans ce cas, elles n’éliminent pas les souillures, au sein desquelles se nichent les bactéries, bien hors d’atteinte.

L’hygiène reste donc de rigueur. Diminuer la charge bactérienne en est souvent l’enjeu. Notre corps sait se protéger, mais lorsqu’il est attaqué de toutes part, il finit par céder du terrain.

« Les antibiotiques, c’est pas systématique ! » déclamait une campagne de publicité il y a quelques années. En fait, les antibiotiques restent un moyen de lutte très efficaces contre certaines bactéries. Mais pas toutes. Preuve en est le VIH responsable du sida, par exemple. Mais il y a plus grave : à force d’utiliser des antibiotiques, beaucoup de bactéries ont appris à s’en protéger et deviennent donc résistantes. Souvent parce qu’elle n’étaient pas les premières visées par le traitement. Ainsi, un antibiotique administré et efficace dans le cas d’une angine, va-t-il dans une moindre mesure toucher d’autres bactéries. Qui, n’étant pas complètement détruites par ce traitement, s’en sortiront … encore plus fortes. C’est le cas très souvent dans les hôpitaux, dans lesquels plusieurs bactéries sont devenues multi-résistantes. C’est-à-dire qu’elles résistes à tous les traitement. Responsables de ces maladies dites « nosocomiales », c’est à dire qui se contracte en milieu hospitalier, elles provoquent parfois des maladies encore plus graves que celles qui ont amené le patient à être admis. Attaque des organes internes, fragilisation du coeur, les atteintes à la santé sont nombreuses.

Un autre phénomène est également responsable de ces bactéries contre lesquelles on trouve de moins en moins de remèdes : l’agriculture. Lorsqu’un verger est traité contre une maladie bactérienne, il s’agit souvent de l’emplois de produits antibiotiques. Or, le traitement n’est pas tout à fait le même que pour un être humain. On se soucie peut de ce que deviendront les bactéries dans le sol par exemple, et qui ne seront que peut touchées par le produit en question, mais suffisamment pour apprendre à s’en défendre.

L'hygiène reste un moyen essentiel de limiter les infections.

L’hygiène reste un moyen essentiel de limiter les infections.

L’hygiène corporelle, mais aussi de ce qui nous entourent. Toutefois, si les bactéries se retrouvent partout, ce n’est pas leur faute cette fois. Mais bien la nôtre. Nous en sommes couverts, et nous les transportons, puis les déposons, sur tout ce qui nous entoure.

Et parfois, il est bien étonnant de constater que ce n’est pas forcément les endroits que l’on imagine qui sont les plus contaminés.

Ainsi, la lunette de la cuvette des toilettes n’est pas le pire. Pourquoi ? Parce qu’instinctivement nous pensons plus souvent à la nettoyer que d’autres endroits …. tels que les robinets par exemples, beaucoup plus contaminés. Pire, les manches des rasoirs, personne ne pensant jamais qu’il serait nécessaire de les désinfectés.

La télécommande de la télé, le téléphone ou le porte-monnaie ne sont rien comparés au … vase à fleur ! Quelques jours sans changer l’eau, et ce sont plusieurs milliers de milliards de bactéries qui y auront fondé une petite famille.

Quant à la cuisine, ce n’est guère plus valeureux : le frigo et le torchon remportent la palme. Loin devant l’évier, qui n’est pas mal non plus.

Seul un entretien régulier et systématique peut diminuer cet état de fait. Ne pas nettoyer ce que nous pensons forcément comme étant le plus sale, mais tout, absolument tout.

Les produits à base de plastique pourraient bientôt disparaître, faute de carburant.

Les produits à base de plastique pourraient bientôt disparaître, faute de carburant.

S’il n’est pas facile d’imaginer que ces bêbêtes pourraient être un jour nos alliées, c’est pourtant bien le cas.

Ainsi, de nombreuses pistes sont explorées afin de les utiliser pour produire des carburants. L’énergie, la matière première, des enjeux incroyables pour la survie de notre espèce et son confort, dont seules les bactéries sembleront pouvoir combler l’épuisement des ressources terrestres. Utilisées pour détruire les nappes de pétroles lors de marée noire par exemple, elles sont déjà largement employée à des taches ingrates. Sans compter tout l’intérêt que certains militaires leur portent … mais là, la multitude de films abordant ce sujet sauront vous donner matière à réflexion.

Moins connue en est l’utilisation dans l’industrie pharmaceutique. En effet, de nombreuses bactéries sont déjà largement utilisées afin de produire des molécules, que nous retrouvons comme remède dans des médicaments. Représentant toutefois pas moins de 15 % des remèdes actuels.

On le voit, la guerre est loin d’être gagnée ou perdue. Il est évident que la maîtrise de ces éléments permettrons à la vie d’être très largement prolongée. Reste que les solutions ne seront pas forcément appliquées à tout le monde. Notre exemple du médicament à 7 euros contre la diarrhée en est un bon exemple. Miracle pour les uns, source d’enrichissement pour les autres, frustration pour beaucoup.