Nul doute qu'il est incompatible de conduire et de tenir un téléphone

Nul doute qu’il est incompatible de conduire et de tenir un téléphone

Depuis un temps certain, la mode et la tendance sont peu favorables à l’automobile, lui préférant les transports collectifs ou d’autres moyens de déplacement.

De la préférence au monopole, la distance n’est hélas pas toujours déterminante lorsque les esprits s’échauffent et que la tolérance, donnée précieuse et malheureusement rare, s’étiole parce qu’elle reste dénuée d’agressivité.

 

Une conversation en main-libre n'est pas vraiment différente de celle du passager

Une conversation en main-libre n’est pas vraiment différente de celle du passager

Quant à la valeur de l’agressivité, chacun en restera juge sans oublier que la diversité n’est pas gagnée par la force et que l’éclectisme n’est certes pas le fait des dictatures.

Ainsi donc lisons-nous ces jours dans un quotidien romand les commentaires d’une étude zurichoise servant de base à l’affirmation que « téléphoner avec un kit main libre rend tout autant inattentif ».

 

Faut-il donc isoler le conducteur des passagers ?

Faut-il donc isoler le conducteur des passagers ?

Dans ce texte « le bureau de prévention des accidents a depuis longtemps choisi son camp. Pour lui, le téléphone devrait être totalement interdit, tout comme les GPS. »

Une liste de gestes d’inattention accompagne l’article, parmi lesquels certains sont évidents tandis que d’autres…fumer, allumer une cigarette, régler la ventilation ou la climatisation, éternuer, bailler, tousser.

 

Les voyages en famille sont-ils désormais proscrits ?

Les voyages en famille sont-ils désormais proscrits ?

Veut-on interdire d’éternuer ? C’est hélas généralement involontaire et irrépressible en général.

Si l’on écrit que l’interdiction d’utilisation du main-libre n’est pas à l’ordre du jour il ne faut cependant pas se tromper sur l’orientation de ces successions d’études, d’examens et de publications : au nom de la sécurité, c’est une justification d’empêchement, voire d’interdiction du véhicule privé qui se profile !

 

L'interdiction de fumer est dans l'air du temps

L’interdiction de fumer est dans l’air du temps

En effet dès lors que l’on soutient que l’utilisation du téléphone main libre distrait trop l’attention d’un conducteur, on peut aussi conclure qu’une conversation avec les passager est incompatible avec la conduite, de même que l’accompagnement musical et, comme mentionné, fumer, régler la ventilation, se laisser guider par le GPS ou toute autre donnée fonctionnelle non indispensable à la conduite.

Dans la même ligne la conduite devrait alors être interdite à toute personne enrhumée ou souffrant de toux, puisque son attention ne peut qu’être diminuée par son état, au même titre encore qu’à toute personne affaiblie à quelque titre que ce soit, par exemple par l’âge mais aussi par un handicap aussi faible soit-il, si l’on considère que l’attention peut en être diminuée et la capacité de réaction réduite.

 

La tolérance même minime ne tient qu'à un fil

La tolérance même minime ne tient qu’à un fil

La pression vers une réglementation alcool 0.00, la détermination à restreindre toute liberté d’attitudes, de mouvements ou de disponibilité des conducteurs, les contraintes contre toute forme non réglementée de conduite comme de parcage ou même d’attente vont dans un même sens outrancier.

La tendance qui se dessine est bien de faire de la maitrise d’un véhicule une fonction professionnelle et de proscrire la manipulation des automobiles par les particuliers : ainsi resteraient seulement les transports collectifs ou ceux des privilégiés assez fortunés pour payer un professionnel à cette seule occupation ou pour n’avoir eux-mêmes aucune autre activité.

 

La digestion peut rendre somnolent, faudra-t-il conduite à jeun ?

La digestion peut rendre somnolent, faudra-t-il conduite à jeun ?

De quoi, certes, résoudre les difficultés de trafic mais à quel prix : c’est une démarche totalement liberticide dont le caractère, s’il est éventuellement d’un petit intérêt écologique en diminuant la quantité d’hydrocarbure consommée et les productions de gaz carbonique, n’est pas d’une honnêteté démocratique très évidente.

Une pareille violence technocratique attente aux droits du citoyen par la disproportion de l’exclusivité donnée à la fonction de conduite, comme si la maitrise de la conduite automobile devait être considérée avec une telle gravité que des individus, habilités à cette seule fonction, auront l’obligation d’y consacrer l’entièreté de leur existence.

 

Le GPS serait source de distraction : il faudrait connaitre toujours son chemin

Le GPS serait source de distraction : il faudrait connaitre toujours son chemin

Le prochain slogan sécuritaire pourrait ainsi bien être « vivre ou conduire, il faut choisir ! » puisque toute autre chose semble incompatible avec la conduite, qui exclurait la possibilité de converser, d’écouter la radio et même seulement d’inspirer : oui mais alors comment respirer ?

Le ridicule n’a jamais tué mais la persistance dans cette forme est certainement diabolique ; elle n’est empreinte en tous les cas ni d’humanité, ni de relativité mais seulement d’une exigence d’absolu qui n’est pas même à l’échelle de la vie.