Apple a lancé il y a quelques mois iTunes Match, son service de stockage en ligne de musique: Contre 25€/an, on peut envoyer toute sa bibliothèque musicale dans ce qu’il est convenu d’appeler le Cloud, des milliers de serveurs installés dans les gigantesques locaux d’Apple. En réalité, on ne charge pas tous ses fichiers mais Apple via les tags contenu dans les morceaux de musique, les comparent à ceux qui sont dans sa base de données. Si un morceau existe déjà, il ne sera pas téléchargé mais simplement remplacé par la version dont dispose Apple. Quoi qu’il en soit, on peut mettre à l’abri dans le Cloud jusqu’à 25000 morceaux. Évidemment le but de la manœuvre est de permettre à l’utilisateur d’accéder à ces morceaux favoris depuis n’importe quel terminal connecté à Internet (PC, smartphone, tablette…). On touche du doigt la musique complètement dématérialisée: plus de CD… et maintenant même plus de support physique à la maison!

Amazon propose également la même chose pour un prix identique.

Et voilà que Google, depuis quelques mois aux USA et depuis quelques semaines en France, sort une offre similaire mais… gratuite! En se connectant sur http://music.google.com avec un compte Gmail on peut maintenant uploader jusqu’à 20000 morceaux de sa bibliothèque sans débourser un centime. Le principe est le même que pour iTunes Match, la musique ainsi chargée est accessible depuis n’importe quel appareil connecté au web.

L’utilité de la musique dans les « nuages » est évidente quand on imagine qu’on va pouvoir écouter sa musique de presque n’importe où. Il suffit d’une connexion wifi (ou 3G mais attention à la consommation de données). Mais on peut se demander également si ces services et en particulier celui de Google, gratuit, n’est pas une formidable machine à blanchir les morceaux piratés qui trainent sur les disques durs de millions de personnes dans le monde. Concrètement, il suffit d’uploader sa bibliothèque chargées de morceaux de musique rippés depuis des CD ou même téléchargés illégalement sur le web. Google remplace gentiment tous ces fichiers par de beaux MP3 tous beaux tous propres et encodés en 320 kbps (donc avec une meilleure qualités sonores que bien des morceaux téléchargés ou rippés avec les options par défaut de la plupart de lecteurs).

Une fois tous les morceaux chargés sur le Cloud, il suffit de les rapatrier à nouveau pour avoir une belle bibliothèque musicale blanche comme neige!

Étrange stratégie de la part des géant du net mais aussi des ayants-droits qui semblent bien peu regardant sur ces nouvelles technologies… Il devient plus urgent que jamais de réfléchir à un nouvelle méthode pour rétribuer les artistes, les maisons de disque restant avant tout des multinationales cherchant d’abord le profit avant la promotion de la musique. La licence globale, régulièrement enterrée pourrait refaire surface avec l’émergence de ces nouveaux modes de consommation de la musique… tels que Google Play Music