Le prix des horodateurs a pris l’ascenseur, peut-être pour préparer l’avenir

Depuis des lustres, le stationnement est une difficulté aigüe en ville de Genève, et fait l’objet d’engagements politiques divers et de recettes d’amendes d’ordre répétées portées aux budgets de l’état ; à la manière d’un serpent de mer, le sujet alimente les critiques les plus contradictoires et les suggestions les plus étranges.

 

Lors des importants travaux de terrassement et de comblement nécessaires à la réalisation du parc des Chaumettes, n’aurait-il pas été opportun de créer un parc sous-terrain ?

Les travaux d’aménagement des espaces publics de la ville diminuent ou éliminent de plus constamment les places de parcage pour les véhicules automobiles dans tous les quartiers, avec une détermination de réservation aux piétons et aux activités diverses de l’espace au sol.

La création du parc des Chaumettes situé en face de l’hôpital a, par exemple, signifié la disparition de près de quatre-vingts places en surface, sans qu’aucune compensation n’en soit faite malgré le manque connu de ce quartier, où le parc Lombard même est souvent saturé.

 

La grande surface du parc devant l’hôpital donne une idée des possibilités de parcage sous-terrain qui n’ont pas été réalisées, là même ou l’utilité en aurait été évidente.

Aux Eaux-Vives où l’état de carence est plus vif encore, les projets annoncés devraient aussi réduire de près du quart le nombre de places disponibles, dans les rues destinées à se muer en « résidentielles » ou « Piétonnes ».

Parce qu’il existe une certaine pression électorale des usagers de la voie publique, automobilistes ou commerçants pour lesquels l’accès de la clientèle et des livraisons a un intérêt déterminant sinon vital, la cause n’a pas manqué d’être évoquée avant les élections par plusieurs candidats, dont le programme faisait mention du « compromis de Zurich » consistant à remplacer chaque place supprimée en surface par une place nouvelle en sous-sol.

 

Un référendum et la propagande des mouvements écologistes ont évincé un projet de parc sous-terrain sous la place Neuve qui eut été opportun à cet endroit

Bien entendu, cette modification a un coût et le prix du stationnement sera sensiblement accru par l’évolution ; d’autre part les variations locales de la tension n’auraient, dans cette application, pas d’amélioration : les insuffisances chroniques persisteraient dans certaines zones.

Une récente communication de la stratégie de piétonisation du conseil administratif de la ville peut cependant surprendre, sinon interloquer, non tant par la curiosité dialectique qui évoque de compenser les places éliminées par des places existantes, ce qui revient à supprimer sans créer, mais bien plus encore à cause de l’affirmation les parkings de la gérance immobilière aux Pâquis devraient faire l’affaire.

 

Les affirmations des opposants au parc sous la place Neuve prônaient qu’un parking agit comme un aimant à véhicule et que le trafic allait devenir intense, comme une autoroute aux heures de pointe

Une certaine opacité existe quant aux disponibilités réelles des locations proposées par la GIM puisque, contrairement aux services des régisseurs, la gérance immobilière municipale ne publie rien sur son site ni ailleurs des vacances existantes, ni pour les logements sociaux ou à loyers libres, ni pour les parcages ou les locaux commerciaux, mais des informations qui ont suivi les nombreuses critiques, émises il y a quelque temps, on peut retenir pourtant que les locaux vides, quelle que soit leur nature, ne sont pas légion et ne demeurent pas durablement vacants.

 

En ville, pas question d’occuper la place libre : le stationnement hors des cases est sanctionné par une amende

La ville envisage, dit-on, de rendre aux habitants les places occupées en sous-sol par des pendulaires, ce qui implique de louer au mois celles qui seraient louées à l’heure ou à la journée ; l’argument n’est pas très convaincant puisque les uns sont présents avant tout la nuit et parfois pendant les vingt-quatre heures du jour, tandis que les autres ne sont généralement présent que diurne ce qui est partiellement complémentaire.

 

 

Proche de la gare de la Praille, le parc de l’Etoile a été construit au-dessus d’une voie autoroutière : ressenti comme extérieur à la localité, il passe pour un parc périphérique même s’il est en pleine zone urbaine

Aucun chiffrage n’existe de cette occupation pendulaire mais elle ne semble pas d’une telle abondance, compte tenu des prix élevés des abonnements ou des locations en centre-ville, sans compter la difficulté évidente qu’il y a à circuler aux heures qui sont usuelles aux pendulaires, mais il faut bien comprendre là une intention ciblée de résilier les places louées par la ville à des occupants non domiciliés dans la proximité immédiate.

Cette sorte d’épuration me laisse toujours une impression assez désagréable de sectarisme plus émotionnel que rationnel, de choix déterminé de privilégiés par catégorie sociale, idéologique ou partisane.

 

Le quartier des Eaux-Vives est particulièrement difficile en matière de parcage et les projets de rues piétonnes n’amélioreront pas les choses

Quelles que soient cependant les sélections déterminées par ces déterminations, il reste que seules les places qui vont être supprimées sont véritablement chiffrées et concrètes, tandis que la compensation est supputée de places qui ne sont pas disponibles mais libérables selon une sélection arbitraire, sauf les deux cent cinquante places auxquelles la commune renonce pour le projet de Pré-l’Evêque, « parce que la fondation des Parkings ne prend pas en charge l’intégralité des frais ».

 

Sur les immeubles proches du lac, le ciel est parfois rose mais la chaussée reste noire comme l’humeur du parcage

Que les fonds manquent pour tenir l’engagement de compensation des places peut se comprendre dans la situation économique du moment, mais la dépense des travaux qui font disparaitre les places n’est pas plus opportune cependant et pourrait aussi être reportée jusqu’au moment où l’équilibre sera possible, par exemple lors de la réalisation du projet des Clefs-de-Rive.

Mais surtout, la présentation post-électorale de cette stratégie qui remplace par rien la perte bien concrète de places disponibles, sans égard aux engagements évoqués, fait l’habituelle dérision de ce que sont les promesses, tenues dans l’orientation des élus et non dans celle des électeurs.

 

Combien de places resteront pour la pratique des usagers ?

Si ce choix n’est pas surprenant au regard de la répartition du conseil administratif rose-verte à quatre cinquièmes, un contrepoids aurait pu être attendu du législatif dont le centre de gravité est plus au centre ou centre-droit, et dont la représentation en pseudo-trublions laisse croire qu’une contestation peut naître.

Sortirons-nous donc d’une situation monolithique ?