La production électrique d’origine hydraulique est limitée, l’importation d’énergie fossile est onéreuse, c’est pourquoi la part du nucléaire est déterminante au Japon

Irraisonnée comme l’arachnophobie, comme elle spectaculaire par ses manifestations débordantes et bruyantes, l’angoisse des irradiations a brusquement submergé l’actualité objective et subjective.

Au-delà des faits graves et d’une maitrise difficile, qui adviennent à la suite d’un tremblement de terre dont la magnitude était particulièrement ample, en dehors des conséquences sinistres et alarmantes aux installations de production électrique nippones, la remise en examen de l’ensemble des centres nucléaires en exercice est une émergence logique des évènements.

 

L’isle est cependant placée entre des plaques tectoniques par lesquelles l’activité sismique est importante

De chaque incident ou accident sortent en effet des enseignements comme il en est depuis longtemps des accidents du travail, des plus anodins aux plus sérieux, afin de prévenir lesdits et d’en restreindre les suites négatives lorsque survient néanmoins l’inévitable.

Une nouvelle inspection des conditions et modalités de l’ensemble des structures nucléaires dans l’état, dans l’aménagement et dans l’exploitation ne pouvait donc manquer de se faire et l’annonce, assez prématurée puisque les données de Fukushima sont encore incomplètes et mal connues, est aussi de nature à apaiser les inquiétudes.

 

Les chevauchements des croutes terrestres font fréquemment trembler la terre et parfois effondrer le fond marin

Pionnière dans cette expression, la chancelière Angela Merkel répliquait à une forte mouvance anti-nucléaire allemande, dans une nation qui comporte de nombreuses centrales atomiques.

Que Doris Leuthard lui emboite le pas répond à la même logique de pondération par une publication rapide des intentions.

Alors que certains lancent de tonitruants cocoricos pour que chacun entende la gloire qu’ils ressentent de voir la fracture d’un équipement honni dont ils dénonçaient l’insécurité, une magistrate de la ville fait entendre un appel à la ligue.

 

L’importante activité volcanique est par ailleurs un risque supplémentaire

Sandrine Salerno s’érige donc en porte-drapeau d’un lobby des villes pour exercer une pression sur l’autorité fédérale, compétente en la matière, avec comme objectif l’éradication du nucléaire.

Interrogée quant à la récupération politique de l’actualité en période électorale, elle rétorque qu’il serait petit et mesquin de le penser mais il n’est cependant ni grand, ni méritoire de le faire : c’est s’assurer une visibilité et se faire entendre opportunément.

Peut-être aussi faut-il croire à une action de couple concertée dans laquelle chacun pourra tirer les marrons du feu de son côté, en s’assurant une notoriété dont le bénéfice n’est pas insignifiant auprès de l’électorat.

 

La construction de centrales nucléaires dans ce pays ne pouvait guère garantir les meilleures conditions de sécurité, moins encore en bord de mer

Cependant une exclusion rapide du mode de production d’énergie cité n’est pas assortie d’une garantie d’innocuité, cette détermination a un coût qu’il faudrait mesurer dans toutes ses implications, avant de prétendre réaliser cette sortie d’une technologie qui fait peut-être peur mais est pourtant gérable.

Un quotidien romand qui répercutait la quête de Madame Salerno publiait, quelques pages plus loin, un entretien avec un ancien physicien nucléaire qui prônait, pour évincer la production atomique, un changement complet de nos modes de vie.

 

La forte secousse dont l’épicentre était proche de la côte de Fukushima, outre de forts dégâts à la construction, a déclenché un raz de marée meurtrier

Dans cette nouvelle existence, chacun de nous travaillerait deux jours par semaine seulement ; ne pensez pas cependant aux congés payés, il s’agit bien d’une décroissance et d’une réduction à deux cinquièmes des salaires et du pouvoir d’achat.

Cette vision réaliste est pourtant beaucoup plus facile à regarder de son confortable fauteuil de retraité (il a septante-sept ans), que de la position d’une ménagère qui remplit son panier dans les limites de son budget.

 

Toute la terre nippone s’est déchirée avant que les rivages soient submergés

Car la division n’implique pas les mêmes contraintes lorsque le montant de départ est élevé, que lorsque les fins de mois sont éternellement critiques et, si l’un passerait d’un mode de vie prodigue à une condition d’existence modérée, l’autre se verrait réduit à une telle carence que le minimum vital lui ferait défaut.

Ainsi convient-il peut-être de considérer de manière pragmatique la gestion des risques et leur réalité, car prétendre intégrer aux conditions de sécurité des conjectures dont la probabilité confine à l’absurde plus encore qu’à l’impossible serait totalement insensé.

 

Dévastés, les édifices n’ont plus assuré leur destination

La prise en compte du risque sismique, même majoré, ne peut avoir une base que dans une réalité locale et vouloir appliquer à Mühleberg les mesures des secousses telluriques japonaises ou californiennes aurait autant de sens que de vouloir édicter des conditions de sécurité fondées sur les conjonctures martiennes.

 

Les réacteurs se sont emballés et ont libéré d’indésirables émanations

Retenir par contre les déroulements pour améliorer les structures de nos installations et prendre ainsi une plus grande marge de réaction relève de la prévention, au même titre que lorsque l’observation des conditions d’accidents conduit à fabriquer de nouvelles protections, à la manière par exemple de l’adaptation des doubles portes de nos ascenseurs.

Cette démarche rationnelle peut aussi se conjuguer avec une conception de développement d’autres techniques de production, dont la mise en œuvre nécessite du temps.

 

Les angoisses et les frayeurs se sont rapidement répandues non seulement autour du site mais sur toute la terre

Hormis l’ouverture de grands champs d’ébats et de débats pour la politique anti-nucléaire, la peur égoïste aura aussi occulté presque entièrement l’actualité dramatique que vivent de nombreux japonais, non parce que leurs centrales sont cassées, mais surtout parce que leurs bâtiments, routes et structures sont détruits et que le tsunami a emporté nombre d’entre eux et rejetés les corps noyés de leurs proches.

Conséquences des mêmes évènements, ces séquelles sont moins technologiques et moins volatiles, mais néanmoins profondément humaines et méritent une plus grande place dans nos préoccupations.