Crédits : reflets.info

Ouh là, que voilà un titre bien agressif ! Encore cette fameuse ferveur des anti-I-Phone, qui croient se rendre intéressants en cassant de l’Apple ? Autant de haine, ne démontre-t-il pas tout simplement que le monde est envieux de son succès, tout simplement ?

Bon. Il s’agit du titre d’un papier paru sur le site Reflets.info. Qui relaye une information que vous pourrez trouver partout sur la toile, reprise elle-même d’un scoop du journal « Mail Online ». Oui, il s’agit bien d’un journal à scandales … mais les scandales, quand ils sont avérés, on aime bien.

De quoi s’agit-il et pourquoi tant de haine ? Le scoop en question est la divulgation d’un brevet déposé par Apple, concernant la téléphonie et les technologies mobiles, et donc ses I-Phone et tablettes, entre autres.  Brevet datant de 2008 et accordé en août de cette année.

La technologie en question n’est rien d’autre que la possibilité de désactiver certaines fonctions des appareils mobiles, voir des les désactiver tout court, à distance, en fonction d’une zone géographique par exemple, et bien entendu sans l’accord de leurs propriétaires. Scandaleux ? Voilà un mot qui risque de se répéter.

Entrons un peu dans le détail. N’importe quelle fonction de l’appareil peut-être désactivée à distance, par une fonction type « kill switch ». Par la gestion de l’alimentation, et sur demande … d’Apple. Communications, sonneries, appareil photo, etc… tout peut être éteint, l’appareil lui-même. Simplement sur demande, si vous vous trouvez dans la zone définie : couick !

Comment Apple justifie-t-il cela ? Très simplement en argumentant que dans certains cas les sonneries peuvent être intempestives, lors de projections cinématographiques par exemple. Mais pas seulement, vous allez voir un excellent exemple cité dans le texte du copyright lui-même : «  Covert police or government operations may require complete « blackout » conditions. » Ce qui signifie que lors d’opérations de police ou gouvernementale, un blackout total peut être nécessaire. Magnifique. Ah non, scandaleux avions nous dit.

Donc, cette entreprise privée, peut s’entendre avec un gouvernement, pour que dans une zone, une région, un pays, certaines ou toutes les fonctions des I-phones ou autres technologies sans fil et mobiles d’Apple puissent être muselées. A moins que ce ne soit un choix pur et simple de la firme elle-même, pour la raison qui lui plaira.

Là, des voix s’élèvent : « Quel serait alors le but du constructeur ? Il se suiciderait commercialement en usant d’un tel système ! ». Oui, mais non. Dans nos pays bien pensants, quelques acteurs se feront un plaisir de l’utiliser … mais le résultat ne sera pas forcément très porteur, car il faudrait alors que le publique visé ne possède que des technologies Apple. En plus, il serait alors plus simple pour un gouvernement voulant faire taire les technologies mobiles, de simplement demander aux opérateurs d’éteindre ses antennes relais ou de bloquer ses serveurs.

Maintenant parlons d’un cas de monopole. Le rêve de tout acteur économique basé sur la cupidité … enfin brefs de tous. Apple a-t-il un monopole ? Non … enfin, pas encore. Imaginons une entreprise exigeant que seuls les I-phone puissent être utilisés dans ses locaux. Pire … un pays. Imaginons la Chine, spécialiste de l’ »Internet comme il le veut » … un pays qui pourrait alors se tourner vers ce genre de fabriquants et n’autoriser que ces produits sur son sol … car ce seraient les seuls à être totalement contrôlables. Quelle aubaines pour ces deux parties ! Voilà de quoi s’assurer un beau monopole, non ?

Bah, soyons justes avec Apple … des technologies kill switch existent chez les concurrents, certainement chez Microsoft, évidemment chez Rim qui ne s’est pas gêné d’en faire déjà usage en Grande-Bretagne … et bien d’autres certainement. On se souvient de ce livre électronique (1984 de Georges Orwell) supprimé à distance de périphériques mobiles, sans l’accord du propriétaire, simplement pour une erreur dans la license. Oui, ne soyons pas naïfs.

Sans vouloir pour autant protéger Google et ses systèmes android. Certains prétendent en effet que ce système étant open source, il est facile d’y détecter ce genre de curiosités. Pas faux. Mais qui de la masse des utilisateurs d’Android changent la version installée dans son téléphone ? Peu. De plus, Google pourrait s’assurer un autre monopole … celui de la liberté. En ne jouant pas ce jeux, il ne le ferait probablement pas par amour de son « end user » mais simplement pour occuper un espace commercial.

Et les choses changent. Apple n’est-il pas sensé être toujours un peu en avance sur les autres ? Le jour où un constructeur perdra du marché en étant proche des citoyens libres, il aura tôt fait de tourner sa veste. Et ce ne sera pas nous, consommateurs, qui choisirons de nous tourner vers d’autres appareils que ceux-ci, mais ce seront bien les gouvernements qui imposeront, par lois interposées, que (par exemple) « seuls les téléphones disposant d’un coupe circuit activable à distance peuvent être homologués sur le réseau national ». Et ce jour là, Apple disposant de son brevet, aura tôt fait de le mettre à disposition des autres constructeurs, moyennant finance, évidemment.

Merci qui ? Bah, rien de diabolique, juste un joli coup commercial bien avisé. Notre liberté n’intéresse que les rêveurs.

Sources et crédits : titre et image : reflets.info