Connaissez-vous OWNi ? Il ne s’agit pas d’un objet Wolant …

Même s’il est très différent de la plupart des blogs en ligne, OWNi n’a rien d’un ufo. Au sens péjoratif.

Au contraire. Sous des airs d’alternatif, il recense inlassablement les méfaits de la société et des systèmes politiques, principalement liés à une culture numérique profonde. « Hackers bâtisseurs » est leur devise.

Hacker, le mot est lancé. Encore s’agit-il de différencié un hacker d’un autre. La connaissance populaire en fait un pirate, une personne prête à faire sauter les verrous d’un programme pour se l’approprier, ou de pénétrer un système informatique.

Cette description simpliste n’est pas fausse. Mais. Mais il y a l’origine du « hacking » et ses courants, ses mouvances. Ainsi, tout comme un possesseur d’arme à feu peut être un criminel, un gendarme, ou un agent de sécurité, le simple fait de posséder un pouvoir n’en distribue pas le but.

Un hacker dont le but est de détourner une technologie à son profit, ou de causer du tord, est un hacker « black hat ». C’est celui que vous craignez en installant un pare-feu sur votre ordinateur. Heureusement, il n’est pas le seul à maîtriser les technologies permettant de percer les secrets numériques.

Ainsi, dites-vous bien qu’un expert en informatique n’est rien d’autre qu’un hacker. Ainsi, si un virus peut-être découvert ou contré, il a bien fallu en percer les secrets. Et pour ce faire pénétrer un système, un logiciel, un code. Car ce n’est pas à l’école qu’ils ont pu apprendre comment détecter un Cheval de Troie ni un de ces virus « de guerre » dont l’actualité à fait ses titres dernièrement. C’est justement l’ignorance de certaines techniques qui permettent à des concepteurs de logiciels malveillants de ne pas être découverts trop tôt. Qui plus est, l’imaginaire des créateurs de vers, chevaux de Troie et Cie est toujours en avance sur les connaissances publiées.

Mais, s’il existe des « bons » et des « mauvais » hackers, à condition qu’on leur attribue ces rôles en fonction des buts qu’ils se sont fixés, une autre catégorie de ceux-ci œuvrent dans l’ombre, dans un seul souhait affiché : porter à notre connaissance les petits secrets qui permettent de nous manipuler, de nous contrôler. A tord ou à raison, dans un but altruiste ou par égoïsme et besoin de reconnaissance, peu importe, seul le résultat sera retenu. On l’a vu dans l’affaire Assange, il n’est pas toujours judicieux de révéler n’importe quelle information : mise en danger d’objectifs, de sécurités, de personnes. En même temps, beaucoup d’entre nous sont content de connaître « enfin » ce qui est caché, parce que parfois, les petits secrets, ne sont pas forcément plus roses que les attaques de nos ennemis.

Oui, il faut bien admettre qu’une société s’organise comme elle peut, et que, parfois, ce ne sont pas forcément les bonnes personnes qui décident ce qui est sensé être approprié pour nous. Surtout, ils se passent généralement de nos avis, discrétion oblige. Quand il ne s’agit pas, tout simplement, de moyens détournés pour s’attirer un profit.

Qu’il s’agissent de pays émergents, ou de nos bons vieux pays occidentaux, les hackers nous révèlent ainsi que les moyens employés sont souvent les mêmes. Seule la propagande, voir l’autopropagande sécurisante, nous fait croire que nous sommes les bons et les autres les méchants. Quelle différence y-à-t-il en effet entre pirater les conversations privées des individus pour rechercher des terroristes parmi eux, ou pour savoir qui laisse transparaître son mécontentement vis-à-vis du pouvoir ? La frontière est très mince. On commence à entrevoir que nous, pays soit-disant évolués, sommes de plus en plus victimes du délit de vérité ou d’opinion, et que, petit à petit, nous nous acheminons vers les assimilations et les techniques d’autres parties du monde, pourtant inlassablement fustigées. Ainsi, prétendre certaines choses à propos de personnages connus, politiques, est de plus en plus assimilé à une forme de terrorisme. Pas faux, finalement. Mais là où le bas blesse, c’est qu’il nous est difficile, à nous simples quidam, de déterminer qu’est-ce qu’une affirmation fallacieuse ou une vérité.

Owni, le site de hackers en question, révèle ainsi un problème de taille (parmi quelques centaines d’autres) :  La Plateforme nationale d’interception judiciaire, la Pnij, devrait voir le jour début 2013 en France. Qu’est-ce que cette bête là ? Le site à enquêté sur cette plateforme, s’est procuré des documents « secret défense », les a publiés, et s’est même permis d’interviewer des intervenants clés de ce projet. Description sur leur site : « L’objectif, comme le résume notre infographie au bas de cet article : concentrer en un même endroit, tenu (évidemment) secret, toutes les demandes de policiers, gendarmes et douaniers visant à surveiller ou consulter les communications téléphoniques ou électroniques d’un individu. Ainsi (évidemment) que les données résultant des écoutes, relevés de géolocalisation, suivi de navigation sur Internet – entre autres joyeusetés ».

Ah mais voilà. Au premier coup d’oeil, n’importe qui pense qu’il est effectivement nécessaire d’effectuer des surveillances. Nous serions les premiers à reprocher à un service secret ou de police, de ne pas avoir pu mettre en déroute un réseau criminel, et ce n’est pas en regardant l’intégral des épisodes de Friends qu’ils y parviendront. Tout à fait d’accord. Mais, poursuivons notre lecture de leur article, sans juger trop vite. En quoi cela dérange-t-il donc nos « gentils » hackers ?

Tout simplement parce que nous apprenons qu’une part vraiment scandaleuse de demandes, sont glissées en même temps que des demandes légitimes, afin d’obtenir des renseignements à titre personnel ou commercial. Et oui, les services de polices ou d’espionnages sont essentiellement constitués d’être humains … avec leurs tourments, leurs passions, leurs trahisons, leur concupiscence et tous les aspects vils qui peuvent s’attacher à cette bestiole à deux pattes. Ainsi donc, même s’il s’agit d’une minorité, des agents profitent des systèmes en place pour obtenir des renseignements (plus que privés), le contenu d’une conversation téléphonique ou d’un email par exemples, soit à des fins personnelles (petite amie, épouse, patron d’un ami) soit à des fins commerciales, ces informations étant vendues à des services privés, histoire d’arrondir ses fins de mois.

Si dans un premier temps certains acteurs de ces systèmes de surveillance (déjà en places mais pas encore centralisés) ont préférés se reclure dans le mutisme ou le déni, la plupart ont fini par admettre que cette dérive existait effectivement. Il faut dire que des enquêtes privées les ont largement mises en évidence … trop pour permettre de les ignorer ouvertement (c.f. les demandes « taxis »).

Mais l’analyse du système qui sera en place va plus loin. Il révèle déjà qu’il s’agira d’une entreprise « privée » qui gérera ces données. Oui, pas un bon vieux policier fidèle à un idéal d’intégrité et de justice, mais une entreprise dont les buts vont déjà dans le sens du profit. Dangereux. Pire, les moyens technologiques employés ne seront rien d’autre que … ceux vendus précédemment au gouvernement libyen précédent, lui permettant d’espionner toute sa population. Aie. Oui, ils s’en défendent bien … puis finissent par lâcher le morceau … Sous prétexte qu’il n’y aurait pas vraiment d’autre solutions.

A peine étonné … il y avait déjà ce projet d’Echelon à la française, une écoute automatisée et systématique de toutes les communications dont certaines seraient sélectionnées sur la base de mots clés, pour une analyse plus humaine.

Pour les détails, vous pouvez consulter l’article d’Owni ici (http://owni.fr/2012/09/13/secret-ecoutes-pnij-thales/).

Tout ceci pour nous amener à une conclusion, celle de cet article. Nulle intention de faire l’apologie du hacking dans sa globalité, mais force est de constater, que ce genre de révélations ne seraient pas possible sans un peu d’odeur de souffre … oui, de piratage et d’illégalité.

Tout simplement parce qu’un société n’est pas en mesure de mettre en place les gardes fous suffisants pour se protéger de ces/ses dérives … qui existent depuis la nuit des temps. Et que seule une opinion publique rameutée par certains « alternatifs » (si vous voulez) obligera les pouvoirs en place à se corriger … et à faire attention. Petit secret peut-être révélé, à tord ou à raison, réfléchissons bien à ce que nous allons faire.

(crédit image : owni.fr)