Image d’illustration – Cheminées d’usine

Quelle idée étrange a bien pu inspirer ces chercheurs espagnols ?

Tout le monde est bien au fait que la quantité de CO2 et de NOx présente dans l’atmosphère augmente considérablement chaque année, et a entendu parler du réchauffement planétaire que cela implique.

Beaucoup de solutions se bousculent, technologiques, écologiques, scientifiques, etc.

Mais l’une d’elle a retenue notre attention : sauver la Terre de la surproduction de CO2 avec de l’urine, mélangée à des sous-produits de la production d’huile d’olive. Oui, évidemment, il s’agit ici de chercheurs espagnols, ce seraient des esquimaux, ils auraient étudié le comportement de la graisse de baleine.

Néanmoins, la proposition est originale. Décryptage et identification des éléments impliqués :

D’un côté les CO2 et NOx, gaz produits également de manière naturelle, mais dont la saturation de notre atmosphère est principalement due à l’activité humaine. Transports et usines (qu’il s’agisse de production d’énergie et de produits) s’en donnent à coeur joie et empoisonnent petit à petit notre air. Si cette chère boule bleue est équipée pour recycler la quantité qu’elle fabrique elle-même, par photosynthèse ou au travers des océans par exemple, elle n’arrive plus à écouler notre excédent. Et, élément non négligeable, la production humaine de ces gaz se fait rarement près des éléments naturels pouvant les éliminer. Les villes et zones industrielles n’étant pas construites en forêt et au milieu du Pacifique, ces toxiques finissent inévitablement par accélérer l’agrandissement du trou dans la couche de notre ozone, étant sensée nous protéger des rayons solaires.

D’un autre côté, les impacts des activités humaines sur l’environnement ne se limitent pas à ces poisons. Notre existence, et notre pratique de l’élevage, impliquent une très importante quantité de rejets d’urine, qu’il s’agit, dans le meilleur des cas, d’éliminer. Mais moyennant un coût non négligeable, et une dépense énergétique en adéquation. D’où une nouvelle pollution et ainsi de suite.

Huile d’olive – image d’illustration *

Et finalement, si l’est dit que l’huile d’olive est bon pour notre santé, sa production l’est beaucoup moins, bien qu’on en parle peu. Lors de l’extraction de ce savoureux ingrédient, un autre liquide s’échappe, qui n’est pas retenu comme exploitable par l’industrie. Ces eaux usées, appelées « margines »* ont des effets nocifs sur l’environnement. Les pays méditerranéens (95% des quantités mises sur le marché) produiraient ainsi annuellement plus de 30 millions de mètres cubes de cette substance. Certains se sont déjà penchés sur cette question et des projets concernant leur implication dans des produits nanotechnologiques sont du reste en cours.

Nos acteurs étant présentés, reste à connaître leurs rôles et les raisons qui ont motivé de les retenir lors du casting.

L’urine contient un élément appelé urée, lui même entre autre constitué de bicarbonate d’ammonium et d’ammoniaque. Or, ces substances absorberaient à quantité égale leur valeur en CO2 et NOx. De plus, la production d’urine se fait essentiellement dans les mêmes pôles que ceux d’où s’échappent nos deux gaz ciblés, les villes et les centres agro-industriels.

S’il est retenu que son utilisation pourrait ainsi être avantageuse pour limiter certains impacts, celui de son propre recyclage et les rejets de gaz carboniques issus des activités humaines, la mise en oeuvre d’un tel projet se heurtait bêtement à la conservation de cette urine. Or, l’adjonction des eaux usées produites lors de l’extraction de l’huile d’olive apparaît subitement comme un conservateur de premier ordre. Finalement tant mieux, puisqu’on ne sait plus quoi en faire.

Mais tout ne s’arrête pas là. Manuel Jiménez Aguilar, le chercheur ayant mené à terme cette étude, a imaginé plusieurs moyens pour que cette urine puisse recycler une partie des rejets directement dans des cheminées domestiques ou d’usine, par exemple, et même dans les pots d’échappement de voiture. La quantité utilisée pourrait l’être pendant au moins un mois, avant de ne plus avoir suffisamment d’effet réducteur sur les polluants. Reste que son élimination posant problème, il est allé encore plus loin dans ses recherches. Ainsi, mélangé au sol, il ferait un excellent engrais … qui lors de son absorption retiendrait encore du CO2.

Les pays en plein développement économique et sociaux feraient une bonne cible, puisqu’il y serait alors facile d’y mettre en place un système de récupération et d’utilisation des urines des la bases des constructions des habitations ou des plans de production. Surtout que ces économies émergentes sont souvent concernées par des rejets important de gaz à effet de serre.

 

Voir aussi :

 

Crédits photo :

photo du slider « urinoirs » : Par Norbert Nagel, Mörfelden-Walldorf, Germany (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

photo d’entête « cheminées d’usines » : Par Uwe Hermann (Photo taken by Uwe Hermann) [CC-BY-SA-2.5 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5)], via Wikimedia Commons

Photo huiles d’olive : Par Véronique PAGNIER (Travail personnel) [Public domain], via Wikimedia Commons