Détournés, deux Boeing 767 ont percuté les tours jumelles du World Trade Center

Au milieu d’une journée tranquille, pour ne pas dire morne tant elle semblait inerte, survint une incroyable information en milieu d’après-midi : le trafic aérien était paralysé, l’espace aérien américain était fermé, un attentat sans précédent provoquait l’état d’urgence aux Etats Unis d’Amérique.

C’était, vous l’avez compris, le onze septembre 2001 !

 

L'incendie a rapidement été un élément déterminant

Récemment, près de onze années plus tard, l’institut américain d’hygiène et de santé au travail inclut onze cancers dans la liste des maladies permettant aux sauveteurs intervenus dans cette circonstance de prétendre à une aide publique.

Dans cette nation qui n’a encore pas de structure centrale de couverture sanitaire, cette décision est loin d’être anodine car la plupart des assurances en la matière sont liées à un emploi et ne survivent que sélectivement à la perte dudit travail. Nombre de malades chroniques se retrouvent ainsi sans couverture des frais sanitaires.

 

Les fumées et poussières se sont répandues largement sur la ville

Mais l’inclusion des pathologies, qui fait suite à une étude épidémiologique avec un recul de dix ans, répond avant tout à la constatation d’un nombre statistique significativement plus élevé de survenance des syndromes concernés dans la population ciblée des anciens sauveteurs, qui ont inhalé pendant un temps prolongé les résidus de la destruction des « twin towers ».

La décomposition brutale, suivie d’incendies pendant lesquels la combustion de matériaux divers pouvait provoquer de nombreuses mutations chimiques, a évidemment provoqué une multitude de possibilités dans la présence de matières diverses et de particules, impalpables ou tangibles, susceptibles de porter atteinte à la santé des individus par inhalation, ingurgitation ou même incarnation.

 

La densité des émanations variait au début, mais toute la ville en a bénéficié

L’interrogation n’en est pas moins présente à l’esprit, de savoir réellement quelles matières présentes ont amené ces conséquences et dans quelle mesure il n’est pas pertinent, en regard de la santé publique, d’étudier si la présence de telles matières se justifie dans la construction de bâtiments ou d’aéronefs.

Car il ne faut pas oublier que les incendies premiers sont intervenus non dans les immeubles, mais bien dans les avions précipités sur les constructions, lesquels contenaient par ailleurs des quantités non négligeables de carburant pour accélérer la combustion.

 

Boeing 767

S’il est difficile de connaitre de manière péremptoire ou même sommaire les matériaux utilisés pour l’édification du World Trade Center, une petite révision des catastrophes aériennes conduit vite à retenir un aspect pertinent, tant quant aux pathologies diverses développées parmi les sauveteurs du onze septembre qu’au sujet de nombreux cancers.

Le quatre octobre mil neuf cent nonante-deux (mil neuf cent quatre-vingt-douze) à Amsterdam Schiphol, un Boeing 747 d’El-Al en perdition (il avait perdu deux réacteurs) percuta un immeuble d’habitation en plein, détruisant sa partie centrale et laissant deux bâtisses extérieures dressées autour d’une ruine dévastée.

 

 

L'avion s'est écrasé sur un immeuble d'habitation

Cette catastrophe survenue dans une zone de dense habitation nécessitera d’importantes interventions de sauveteurs de toutes professions, puisque les opérations de recherche et de dégagement des victimes demandaient en premier des bras et du courage ; toutes les bonnes volontés trouvèrent à s’employer sous la coordination de professionnels.

 

S'il reste des parties de l'immeuble des deux côtés, le centre est complètement effondré

Dans les heures qui suivirent l’engagement déjà, des sauveteurs pourtant en excellente santé furent pris de malaises étranges ; beaucoup rencontreront des difficultés multiples et seront frappés de syndromes bizarres, rappelant les perturbations rencontrées par les soldats que l’on nomma syndrome du golfe.

Dans le même temps, la cargaison de l’avion fut mise en cause car les documents étaient carentiels ; puis à l’inventaire des morceaux de l’épave, on dut convenir qu’il manquait une quantité non négligeable d’uranium appauvri, utilisé par Boeing pour lester les gouvernes des aéronefs afin d’éviter les vibrations.

 

Boeing 747, le même modèle que celui de la catastrophe

Or ce métal, résidu de l’enrichissement nécessaire tant à l’usage civil, les centrales exigeant jusqu’à vingt pour cent d’isotope 235 voire plus, qu’à l’usage militaire, les moteurs des sous-marins utilisant un enrichissement supérieur à 50 % et la fabrication d’une bombe au minimum 85 %, tandis que la teneur naturelle de l’uranium n’en est que de 0.71 %, est certes moins radioactif mais n’est pas moins toxique.

Comme une importante quantité résiduelle, dite uranium appauvri puisque son contenu d’isotope 235 (qui est seul fissile) a été retiré pour être incorporé au combustible des centrales nucléaires, des propulseurs de sous-marins ou à la matière des bombes atomiques, existait donc et n’avait pas d’usage attribué, les responsables de ces stocks plutôt encombrants se sont interrogés quant aux utilisations possibles.

 

Un stockage d'uranium appauvri

Or ce métal lourd et dur n’est pas sans qualités intéressantes : d’une rare résilience, il est aussi particulièrement stable et son utilisation dans les gouvernes aéronautiques bénéficie autant de la résistance à l’usure que de la rigidité et du poids spécifique élevé. Il garde pourtant une certaine radioactivité, que l’on a préféré oublier puisque ces pièces ne sont pas dans l’environnement des passagers ni du personnel naviguant.

Ses qualités particulières n’ont pas manqué d’attirer l’attention des concepteurs d’armement non plus car sa capacité de perforation, puisqu’on peut le façonner en pointes particulièrement dures et résistantes, était d’emblée avantageuse. Mais sa plus grande qualité destructrice était encore ailleurs : cette matière est pyrophore.

 

Des munitions de toutes sortes sont réalisées en uranium appauvri

Ce terme particulier désigne un corps qui s’enflamme au simple contact de l’air, dans des conditions particulières, ici dès les environs de six cents degrés. Au premier regard, ce n’est pas forcément un avantage et il faut prendre l’angle de vue destructeur d’un usage militaire pour bien comprendre.

Ce métal d’un poids atomique et spécifique élevé est dur et rigide, soumis à un choc violent il résiste à la déformation et montre une forte capacité de pénétration, donc de perforation, qui en fait un projectile efficient susceptible de transpercer un blindage performant.

 

Obus flèches, munition anti-chars ou anti-blindages

Après le choc, dans l’action de perforation, la cinétique et les frottements vont l’échauffer fortement, jusqu’à sans doute plus de mille degrés : les conditions incendiaires sont alors réunies et à l’action mécanique se joindra l’effet pyrogène et même la fusion des métaux, portés à très hautes températures.

De quoi apporter une excitation certaine dans l’esprit destructeur des faiseurs de guerre, que cette action conjointe d’un projectile perforant et d’une bombe incendiaire projetant du métal en fusion et en feu : la réalité est pire encore.

L’obus-flèche, pour exemple, est équipé d’une tige pointue en uranium d’environ vingt-cinq centimètres, il est projeté à une vitesse élevée de l’ordre de 1500 m/s ; lors de l’impact, son énergie cinétique est appliquée à une surface d’environ 40 mm2, créant une énorme pression qui troue le blindage ; l’uranium s’échauffe en pénétrant et atteint sa température de fusion, puis se mélange à l’acier pour surgir à l’intérieur de l’habitacle en projections de métal en fusion qui s’enflamme.

 

L'intense utilisation de munitions à l'uranium apauvri a laissé des séquelles en Irak

Au cours de la première guerre du golfe (1991) ces munitions ont été officiellement mises en services. Elles ont démontré leur remarquable capacité de dévastation, reléguant au rang de ferraille les chars conventionnels cependant que les blindages de la coalition, comprenant également de l’uranium, n’ont pas été soumis à une véritable épreuve puisque les adversaires ne possédaient pas de munitions à l’uranium.

Cependant si les radiations qui créent une peur panique à beaucoup ne sont pas ici aussi intenses que lorsqu’une bombe atomique explose ou qu’une centrale fusionne son noyau, les nuisances sont certainement pires encore car la combustion du matériau en volatilise jusqu’à 70 % sous forme de particules d’une taille inférieure à cinq microns, qui sont donc respirables et capables même de pénétrer à l’intérieur du corps par l’épiderme, sans orifice ni blessure, et cette matière largement oxydée se disperse dans l’atmosphère en un gigantesque aérosol volatile.

 

Radioactivité ou toxicité ? Nuisance grave au minimum.

Or ce métal lourd, sans prendre en compte sa radioactivité, entraine lorsqu’il est ingéré de graves troubles neurologiques et d’importantes perturbations de la multiplication cellulaire et, si la primauté de ses inconvénients radioactifs a quelque peu écarté sa nuisance toxique de l’attention, elle ressort cependant fortement dans ce qu’on a appelé syndrome du golfe.

A travers les conséquences d’un désastre aérien, les néerlandais ont eu depuis mil neuf cent nonante-deux (quatre-vingt-douze) une population d’habitants de Schiphol et de secouristes professionnels ou bénévoles partageant bien involontairement les conséquences sanitaires de la diffusion par combustion des particules et composés d’uranium, parce que les Boeings 747 sont équipés d’une quantité de cette matière dans les gouvernes.

Cette pratique était largement utilisée par les avionneurs américains au moins jusqu’à la fin de la décennie quatre-vingts et il est probable que les deux Boeings 767 qui, en s’écrasant sur le World Trade Center, en ont provoqué l’effondrement aient été pourvus de la même manière puisque leur mise en service remonte à cette décennie.

Donna Summer, lorsqu’elle attribuait son cancer aux inhalations du onze septembre 2001, avait peut-être raison : en tous les cas l’idée n’était pas sans fondement.