LSST – Amis photographes accrochez-vous, astronomes : régalez-vous.

Voici l’appareil photo le plus … démesuré. Même le logo de notre rubrique ne peut que s’effacer devant lui.

3,2 Térapixels. Rien que ça ! Ou, si vous préférez 3,2 milliards de pixels. 3’200’000’000 pour les adeptes des zéros ! Bref, plus simplement : 3’200 Mégapixels, histoire de se repérer un peu.

Vous l’avez deviné, il ne s’agit pas du dernier « pocket » de chez Canikosony, mais bien de la résolution des photos qui seront prises par ce super télescope.

Le LSST pour « Large Synoptic Survey Telescope », dont la conception est en phase finale, devrait bientôt voir le jour, aux environs de 2022, au sommet du Cerro Pachón, une montagne du nord du Chili, à quelques 2’700 mètres d’altitude.

Cerro Pachón – Chili – carte Google. Le "A" symbolise l'emplacement de l'actuel Soar. (Cliquez pour agrandir)

Les raisons du choix de ce site ne sont pas compliquées à imaginer. Il s’agit de l’emplacement de deux autres télescopes déjà existants, l’un constituant l’observatoire Gemini (un ensemble de deux télescopes, Gemini Nord à Hawaï, et Gemini Sud, ici au Cerro Pachón)  et le Soar.

Image du site de la future construction du LSST. On peut y apercevoir le SOAR et le Gemini. (Google. Cliquez pour agrandir)

Victor Krabbendam (à droite du panneau) , le directeur du programme LSST auprès de la NOAO*, explique à quoi ressemblera le site une fois terminé. Dans le fond à gauche, le SOAR et à droite Gemini (cliquer pour agrandir – Image credit: Nicole van der Bliek & NOAO/AURA/NSF.)

Ce n’est toutefois pas la partie télescope qui est la plus parlante. Son miroir primaire fera 8,4 mètres de diamètre, ce qui le positionnera quand même parmi les plus grands, déclassant le Subaru, au Japon (8,3m), devenant 7ème, juste après Hobby-Eberly, au Texas (9,2m). En revanche, d’une dimension de 3,4 mètres, son miroir convexe sera le plus grand au monde.

Les chiffres s’affolent quand il s’agit de la partie photographique. Les caractéristiques citées au début de l’article sont déjà éblouissantes, mais la technologie ne s’arrête pas là. La durée d’une prise de vue ne prendra que 15 secondes, il en profitera pour en effectuer 800 par nuit ! La moitié du ciel sera ainsi saisie, dans une résolution inimaginable jusqu’ici, en seulement 3 nuits ! Et ce ballet durera pendant au moins 10 ans.

Voilà a quoi ressemblerait (en taille) l'appareil photo, nom de code CU-470. (vue d'artiste, crédit Todd Mason, Lsst)

Une débauche de données, de technologies. 30 Terabytes seront enregistrées chaque nuit, 60 Pétabytes (60’000 Téra, 60 millions de Gigas !) rien que pour les images brutes. Qu’il faudra ensuite organiser dans une base de données, une taille estimée au total à une centaine de pétabytes.

Un traitement des images qui nécessitera 250 Tflops (opérations à la seconde), une puissance actuellement seulement disponible sur les 3 plus puissants super-ordinateurs du monde.

Coût estimé ? Dans les 400 millions d’euros. Oui, ça limite forcément les espérances de recevoir un tel cadeau à noël.

Le but est double : surveiller tous les astres mobiles, et obtenir la photo de l’espace avec la plus grande profondeur de champs ayant jamais existée. Difficile de produire mieux.

Ce projet n’est pas nouveau. Un document qu’a pu consulter PTI et daté de novembre 2003, prouve à cette date déjà un avancement très complet du projet sur le papier. A l’époque l’année 2011 était avancée comme celle qui verrait la mise ne service du télescope.

Ce document qu'a pu consulter PTI décrit le projet LSST dans ses moindres détails, en 2003 déjà.

 

Pas si nouveau non-plus : les problèmes inhérents au stockage des données recueillies. A la mesure des données recueillies, l’espace nécessaire à l’enregistrement des photos est gigantesque. A tel point que la plupart des images ne seront pas consultables directement, mais devront faire l’objet d’un téléchargement sous forme de fichier compressé. Ainsi, la majeure partie des données seront hébergées sous une forme ultra compressée.

Site officiel : http://www.lsst.org/lsst/