Internet a révolutionné le monde de l’information. Les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connu cette époque révolue où la connaissance et les informations n’étaient accessibles que dans les bibliothèques, les écoles, les universités et les livres. En 1992, les prémices du web voient le jour, au Cern à Genève. Avec Internet, on pouvait envoyer des informations d’un ordinateur à l’autre… mais surtout à travers le monde entier via les lignes téléphoniques. La révolution était née ! Le savoir et la connaissance se sont disséminés un peu partout sur des serveurs informatiques, accessibles quasiment en temps réel pour n’importe quelle personne disposant d’un terminal informatique et d’une connexion internet.

Aujourd’hui, le web fait partie de notre vie au quotidien : nous possédons parfois plusieurs de ces terminaux informatiques (pc, tablette, smartphone…) et les premiers objets connectés commencent à voir le jour (électroménager par exemple).

La naissance du GPS

Google Maps – Vue Plan

Une autre révolution numérique a vu le jour durant ces 10 dernières années, mais est peut-être passé un peu inaperçue face aux innovations telles que les smartphones, les réseaux sociaux, l’essor du multimédia en ligne, du piratage : la cartographie numérique.

Ceux qui ont connu les atlas, les cartes papier, les cartes d’Etat-Major se rappellent qu’il ne suffisait pas de lire la carte pour pouvoir s’orienter, Encore fallait-il se situer dessus en prenant en compte son environnement, ses déplacements, et éventuellement utiliser une boussole… Un plaisir pour certain, un grand sentiment de solitude pour les autres…

En 1995, les Etats-Unis lance le système GPS (Global Positioning System), une constellation de 24 satellites permettant, par triangulation, de se positionner précisément sur la surface de la terre. Au début, le signal est dégradé pour un usage civil, la précision n’est que de quelques dizaines de mètres, suffisante pour un usage en mer par exemple mais pas pour un usage terrestre. Evidemment, le GPS est beaucoup plus précis (jusqu’à quelques centimètres) pour les militaires américains, la précision du système permettant de guider efficacement des bâtiments militaires ou des missiles. En 2000, Bill Clinton, alors Président des Etats-Unis, supprime cette dégradation du signal pour permettre un usage civil plus efficace de la technologie GPS. Sans le savoir, il sera à l’origine de cette révolution que j’évoquais plus haut : la cartographie numérique.

Google Maps

Google est l’un des pionniers, comme souvent, dans ce domaine. En 2004, il lance Google Maps aux USA et au Canada. Ce nouveau service s’étendra les années suivantes à la Grande- Bretagne, puis à la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Avec Google Maps, on a dorénavant accès au monde entier (ou presque… la Corée du Nord par exemple n’est pas cartographiée). Rapidement, Google Maps offre au choix une vue « Carte » ou une vue « Satellite » et c’est tout l’intérêt et la force de ce système : voir « en vrai » le lieu qui nous intéresse.

Google Maps – Vue Satellite

En mai 2007, Google implémente une fonction supplémentaire : Street View. Street View, c’est la possibilité de se promener virtuellement dans un endroit donné.Des photos « panoramiques » assemblées en 3 dimensions permettent cette fonctionnalité. Pour réaliser ces images, des voitures Google munies de mats supportant plusieurs appareils photos (pour obtenir une vue à 360°) sillonne les rues de principales villes et grandes voies de circulation. Ces images sont ensuite assemblées et couplées à la cartographie.

Google Maps – Street View

La dernière étape de ce projet a été dévoilée la semaine dernière : Street View Trekker fonctionne selon le même principe que Street View mais pour les zones inaccessibles en voiture (voir vidéo) et vue « satellite » en 3D sur Google Earth (logiciel de visualisation de la terre mais sans les fonctionnalités de Google Maps) en version terminaux mobile pour le moment. Dernière innovation : la possibilité de faire fonctionner Google Maps en mode hors-ligne pour les smartphones sous Androïd.

On pourra donc bientôt découvrir les principales villes du mondes en 3D comme si les survolait en ULM ou encore se promener virtuellement jusqu’au sommet du Mont-Blanc.

La révolution de la cartographie numérique

L’essor de cette technologie repose sur 4 facteurs principaux :

  • la précision du GPS : se positionner
  • le réseau Internet : échanger des informations
  • la photographie numérique : obtenir des images très précises
  • la puissance de calcul des ordinateurs : faire la synthèse des 3 facteurs précédents.

Ces 4 éléments sont fondamentaux et permettent de comprendre pourquoi la cartographie numérique marche si bien : en 2012, toutes les technologies utiles sont relativement aboutie pour créer un système de cartographie précis, efficace et ergonomique.

S’il n’est pas simple de faire des projections en matière de technologie (rappelez-vous de voitures volantes que nous devions avoir en l’an 2000), force est de constater que la cartographie numérique a de beaux jours devant elle.

Sans prendre trop de risque on peut pronostiquer l’évolution suivante :

  • généralisation de la 3D sur les différents systèmes de cartographie (Apple a d’ailleurs annoncé le 11 juin 2012 à la Worldwide Developers Conference le lancement de son propre système de cartographie 3D)
  • Cartographie complète de l’intérieur des principaux bâtiments et monument du monde entier
  •  intégration de la réalité augmentée dans les applications GPS pour plus d’interactivité
  •  Échange d’informations entre le système et les utilisateurs : si on circule sur une route non référencée par le logiciel, ce dernier se met à jour automatiquement.
  • Intégration de plus en plus poussée de services annexes : restaurants par exemple avec l’accès aux menus et la possibilité de réserver en ligne, ou hôtels avec les disponibilités en temps réel.
  • Généralisation des données de trafic, chaque véhicule renvoyant sa position et sa vitesse en temps réel pour alimenter les modèles de prévision des incidents de circulation.
  • Connexion avec les réseaux sociaux pour chercher et trouver ses « amis » dans le monde réel
  • Connexion avec les services de secours en cas d’accident.
  • Utilisation possible avec tout type de moyen de transport : piéton, voiture, vélo, avion, train, bateau…

Évidemment, certaines de ces fonctionnalités existent déjà, mais c’est certainement leur généralisation et leur intégration sur un seul système qui sera la principale évolution. Ce principe de l’intégration est ce qui a fait le succès phénoménal des smartphones. A la fois téléphone, ordinateur, console de jeux, GPS, appareil photo… Tout est réuni dans un seul appareil ! Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas avec la cartographie numérique.

Et dans quelques années on peut imaginer :

 

La cartographie numérique sera certainement l’un des domaines dans lesquels l’innovation sera la plus forte ces prochaines années. Autant le déclin annoncé des réseaux sociaux tels que nous les connaissons aujourd’hui est possible car ces derniers sont peu évolutifs en l’état, autant notre besoin de maitriser notre environnement immédiat et plus lointain restera, je le pense, très fort même dans plusieurs années.

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Global_Positioning_System
http://www.rue89.com/2012/06/03/pourquoi-facebook-et-google-devraient-avoir-disparu-dans-cinq-ans-232702
http://www.presse-citron.net/nouveautes-google-maps-full-3d-hors-connexion-et-sac-a-dos-street-view
https://maps.google.fr/