Allez, je me lance. L’exercice est délicat. Comment aborder un sujet aussi médiatisé que le piratage, auxquels certains gouvernements accordent une attention bien particulière, mobilisant régulièrement le législateur au grand dame des organisations de défense des libertés ?

Après avoir vu un documentaire sur les pirates (http://www.dailymotion.com/video/xi8ozm_pirat-ge-le-documentaire-sur-les-hackers-1-4_tech), je me suis mis à réfléchir (il le fallait un jour). Certains passages m’ont renvoyés à des souvenirs d’adolescent: les copies, Napster, etc… Me suis souvenus des clubs informatiques dans lesquels nous nous rendions avec une grosse boite de disquettes vierges, où nous passions une soirée entière à échanger celles-ci dans le lecteur, écrivant l’étiquette de la précédente pendant que la suivante s’enregistrait, disquette qui serait elle-même copiée pour un copain, etc… A cette époque, la pratique n’était ni interdite ni autorisée, elle n’était pas encadrée par le droit. Il n’y avait même pas de protection dans la plupart des cas. Le reportage le mentionne : il était très difficile de se procurer des programmes. Les magasins n’en proposaient que quelques-un et étaient rapidement à cours de stock. Il n’existait bien souvent pas d’autrel moyen de se procurer un traitement de texte ou un gestionnaire de fichier. « Tu as SuperText ? » « Non. Si tu l’as tu m’en fais une copie ? ». Sans oublier que nous étions très jeunes, scolarisés et sans revenus. Nos parents se fendaient d’un ordinateur, qui leurs semblaient n’être qu’un jouet. Pour le reste, il ne fallait pas compter un financement quelconque. Pour les plus aisés d’entre nous, les enseignes spécialisées n’offraient de toute façon que des nouveautés. Celui ou ceux qui achetaient car parfois on se partageait le prix, puis le programme. Je le répète, il n’y avait rien d’illégal dans cette pratique, pour autant que la copie n’était pas utilisée pour être revendue à quelqu’un. Dans le cas contraire, le bénéfice qui en découlait était considéré comme de l’argent volé à l’entreprise qui avait développé le programme. Il y avait une sorte d’éthique commerciale tacite : celui qui copiait un logiciel ne l’aurait de toute façon jamais acheté. Donc, personne ne s’en trouvait lésé. Et le principe était vrai, on ne remplaçait pas un programme qu’on aurait acheté par une copie. Si on copiait, c’est qu’il n’existait AUCUNE autre solution (y-compris en fonction des finances personnelles). 

Mais il s’agit là d’une autre époque. Chers lecteurs, je ne suis pas au fait de la génération à laquelle vous appartenez, aussi, il est nécessaire de situer cette période afin de mieux comprendre. La génération « actuelle » dont je parle a dans les 40 ans, sont nés dans les années 1960-70, et leurs parents sont quand à eux nés entre 1930 et 1940.

Je tenais quand-même vous raconter les débuts de ce « piratage » par tout le monde, dont le terme n’avait pas la même signification. Il s’agissait en effet de distribution (de programmes copiés) entre personnes totalement ordinaires, n’adhérant pas à un concept, ne cherchant pas à nuire, et pour lesquelles il n’existait pas d’autre solution. Dans la logique commune, l’ordinateur permettait de copier des données, et ces données étaient copiables, l’outil était là et avait aussi cette utilité.

Je ne fais pas l’apologie du piratage, je suis bien conscient qu’un logiciel aux protections brisées qui se retrouve gratuitement à disposition sur Internet n’est pas une technique commerciale mise en avant pour rentabiliser son produit !!! Évident ! 

Le problème est donc vraiment apparu quand la pratique s’est généralisée. Quand des personnes se sont mis à penser « pourquoi je payerais, alors que je peu l’avoir gratuitement ». Mathématiquement, le raisonnement est logique. S’il y a logique commerciale du point de vue d’un fabricant, d’un créateur ou d’un distributeur, il en existe également une du point de vue du consommateur, qui est celle de profiter de bonnes affaires. Ainsi est née, par exemple, la première logique du piratage musical (non pas de la distribution gratuite qui existait encore autrement). D’abord, on enregistrait la musique qui nous plaisait à la radio. On attendais les dédicace ou on écoutait une émission de variété. La chanson était annoncée, on était prêt à appuyer sur le bouton « rec ». Départ. A la fin de la soirée, on avait nos tubes préférés sur une cassette. Le matin en allant à l’école on partait avec notre walkman tout joyeux, la musique à fond. On faisait écouter un morceau à un copain qui trouvait ça cool. On lui faisait une copie de la cassette. On ne voyait ABSOLUMENT rien de mal dans cette pratique, la diffusion à la radio étant gratuite, les appareils prévus pour enregistrer les émissions que nous recevions, qui volions-nous ? Lorsqu’on était fan d’un groupe ou un chanteur en particulier, on tenait à posséder la cassette avec toutes les chansons, elle était alors achetée. Les seuls cas de cassette originale copiée étaient ceux de fan sans revenus qui ne pouvaient de toute façon pas se la procurer autrement. L’idée était que ces personnes ne représentaient de toute façon pas un marché, puisque même sans la possibilité de la copie, ils n’auraient pas pour autant dépensé un centime. Il avait sa cassette, et l’entreprise ne « s’imaginait » pas un manque à gagner sur un hypothétique revenu qu’elle n’aurait de toute façon pas perçue.

Voilà une des clé du problème : aujourd’hui les entreprises calculent ce que devrait rapporter une production, non pas en fonction de la masse de personnes à même d’en acheter les droits, mais en fonction du nombre de personnes à même de posséder le produit en question, original ou pas. Mais j’y reviendrai plus tard.

Un autre aspect est que, logiquement, beaucoup ont continués à procéder de cette façon, même lorsqu’ils eurent les moyens financiers de ne plus copier. Enfin, disons que cela a été « techniquement » considéré comme un problème, car les consommateurs standards qu’étaient nos parents (je mentionne donc une génération née vers les années 1940), qui allaient rarement acheter un disque dans un magasin, ce sont vus progressivement remplacés par ces nouveaux consommateurs, qui pour 1 disque acheté possédaient 4 ou 5 copies d’autres (sur cassette). 

J’emploie le terme problème … mais en réalité ce ne devrait pas être considéré ainsi. 

Si nous reprenons l’exemple de ce consommateur standard, qui possédait une vingtaine de disques chez lui, que l’on considérerait aujourd’hui comme le seul et unique consommateur « honnête » (puisqu’il ne possède que des originaux dont il a acquis la licence), celui-ci n’était qu’un consommateur très très moyen voir inexistant au regard du marché actuel. Alors que les nouvelles générations ayant pris l’habitude de « collectionner » la musique, ont grandit dans un monde de musical. Parce que contrairement à papa et maman, ils avaient eu accès très facilement à ce produit, par le biais des copies. Ce client potentiel n’aurait jamais existé sans cette pratique, il se serait contenté de sa vingtaine de disques ou d’aller de temps en temps au concert voir de regarder des émissions à la télévision ou d’écouter la radio. Alors qu’en revanche, tous ses souvenirs se sont construits sur de la musique. La fameuse tapisserie musicale, ce besoin d’en écouter tout le temps et partout, n’a été possible que grâce à la copie. Le 90% des acheteurs actuels n’étaient pas des gosses de riches, et sans cette « mauvaise » habitude qu’ils avaient pris en écoutant tout le temps de la musique gratuite, ils ne se seraient jamais rués à la sortie d’un nouvel album. Imaginez-vous leurs parents attendre à l’entrée que celui-ci ouvre, pour faire partie des premiers à l’avoir acquis ?

Seulement voilà. Quelqu’un s’est mis à faire un calcul (bête) : « si chaque morceau que les gens possède, je l’avais vendu, je serait tellement riche ». Le droit d’auteur à évolué. De « tu ne me piques pas mon morceau, mon programme, mon film, etc.. pour te l’approprié, faire croire que c’est le tiens ou gagner de l’argent à ma place » il est devenu « tu ne possèdera pas ce média sans me l’avoir payé ». C’est un calcul idiot, qui a poussé certains à faire des investissements à partir de projections, non pas sur le nombre de disques (ou d’articles car c’est valable pour un programme, un jeux, un film, etc..) vendus, mais sur le nombre possédés. Ainsi, si d’habitude un disque se vend à 10’000 exemplaires, ils ne se sont pas dis « on va le vendre à 10’000 exemplaires » mais « 100’000 personnes aiment cette chanson, on devrait en vendre autant ». Donc on investit en conséquence, en marketing, production, tournées, etc… Sauf … qu’il n’y en a que 10’000 de vendus. Et là, c’est un problème pour tout le monde.

Et là, nous nous sommes parfois retrouvés considérés comme des pirates. Le message est devenu : « le morceau que tu enregistres à la radio, ou sur la cassette du copain, tu ne l’a pas payé. Tu l’as volé ». Étrange, non ?

L’industrie ignore tout de la société. Elle veut lui appliquer une logique commerciale. Or, on est plus souvent victime des logiques commerciales, que représentants vraiment celles-ci. En clair : ce n’est pas parce qu’un économiste à décidé que chaque morceau possédé devait avoir été payé que nous allons payer chaque morceau. Pourquoi ? Parce que notre génération et les suivantes ont acquis cela comme un droit, qui existait, et qui lui est subitement retiré. A tord ou à raison, mais pourquoi vouloir systématiquement ignorer ce phénomène et pratiquer la répression ? Pourquoi ignorer comment fonctionne l’être humain ?

Si l’être humain est ce qu’il est aujourd’hui, c’est qu’il a su, mieux que les autres espèces, tirer profit de son environnement, l’accaparer et l’utiliser à ses fins. Il a toujours « piraté » son environnement.

Et oui, nous sommes tous des pirates, c’est dans nos gènes. Si nous buvons du lait, c’est que nous élevons des vaches. La nature n’a pas créé la vache pour cela, mais ont a été assez malins pour détourner ce qui était prévu à d’autres fins, et en tirer un profit … même nutritif. Vous voyez ou je veux en venir ? C’est là, c’est vraiment dans nos gènes ! Si la nature avait été plus forte et nous avait empêché de traire les vaches, parce que nous ne sommes pas des veaux, nous serions des singes. 

On a créé des règles pour éviter l’anarchie, car nous sommes devenus trop nombreux. S’il était possible de circuler comme chacun le voulait au tout début de l’automobile, tout le monde est bien conscient aujourd’hui que ce n’est pas possible. Pourtant, ces règles, on les transgressent sans cesse, parfois sans malice ou inconsciemment. On roule plus vite, si on est en deux roues on remonte les couloirs de voitures, on traverse au rouge quand on est piéton et qu’il n’y a vraiment pas de problème à le faire. Mais si demain on vous disait qu’à chaque fois que vous avez traversé au rouge, l’industrie s’attendait à ce que vous traversiez au vert, et que du coup elle manque de personne qui traverse au vert par rapport à ses calculs, vous trouveriez ça absurde. Pourtant, c’est ce qui se passe aujourd’hui. Quand vous buvez du lait, quand vous traversez au rouge, quand vous quittez le travail 5 minutes plus tôt car il n’y a pas de timbreuse, vous êtes un pirate. Nous sommes tous des pirates, si tout est calculé et défini comme devant suivre une règle, nous sommes tous des voleurs par rapport à ces règles. Car nous sommes humains. Nous avons ce privilège d’être en mesure de nous servir de nos sens, de notre imagination, pour utiliser ce qui est à notre portée, et nous le faisons.

Bien sûre, je ne dis pas « allez-y copiez tout et tant pis pour ces crétins qui n’ont rien compris ». Non, on nous le dit assez souvent, commence à se poser un problème : certains investisseurs hésitent à le faire plus, sachant qu’une partie des recettes ne seront pas encaissées, et ainsi de suite.

Il n’est pas constructif ou nécessaire de jouer à l’anarchiste et autre alter mondialiste, juste dans le but de détruire le système, mais le système, lui, doit changer car il n’a rien compris. Adapté à un modèle économique, dans cette logique, et déconnecté du fonctionnement humain, aucun des deux ne sont compatibles.

Ainsi, la plupart des artistes que j’aime et écoute, je les ai découverts gratuitement. Radio, télé, Youtube, … et parfois copie. Oui, parce que ne rêvons pas, le disque (par exemple) est resté très longtemps un produit de luxe. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais il n’y a pas longtemps, un cd coutait 40 frs. Et à ce prix, celui qui n’était pas certains que tous les morceaux lui plairaient ne l’achetait pas. Du reste, s’il n’y avait aucune possibilité de copie, etc… que se passerait-il ? Consommerions-nous plus en payant, ou simplement révérions-nous nos désires de posséder ceci ou cela à la baisse ? Payerions-nous réellement des sommes astronomiques pour posséder 500 albums originaux ou n’en posséderions nous que 100, en se contentant d’écouter les autres à la radio ?  

Voilà le vrai calcul auquel il faut réfléchir. Grâce à la gratuité, nous avons pris l’habitude de consommer de la musique, mais le jour ou il n’y aura plus moyen d’en posséder sans s’acquitter d’une taxe, il n’y aura, à la radio, à la télé, que des promotions, que de la pub pour de la musique. Car, l’industrie dans sa logique actuelle, ne se privera pas de monnayer même l’écoute d’un morceau à la radio. Logique. Enfin, cette projection est peut-être juste imaginaire. Reste que nous ne possèderions que ce que nous aurions pu acheter et non pas tout ce que aurions voulu posséder. Et là, il y a une différence énorme de chiffres. Et là, l’industrie se plante … car du coup leurs fameuses projections servant à leurs investissements seront toujours fausses …. aie, le marché lui n’évoluera pas dans le sens de tout consommer contre argent, mais diminuera. Après une courte progression des ventes à la hausse, qui validera leurs théories dans un premier temps, le marché se tassera, l’effet élan-habitude diminuera implacablement, provoquant certainement inexorablement un recul de l’acquisition de ces médias sur le long terme.

Moralité : nous continuerons toujours à transgresser, pas dans un but malsain, mais parce que nous sommes humains, des règles établies par la nature … ou une compagnie. Personne ne désire voler personne. Mais il est dans notre logique de modifier notre comportement pour arriver plus vite quelque part… ou pour payer moins. Tout comme nous avons tendance à aller chez le vendeur d’essence 3cts moins cher (ce qui ne représente généralement pas beaucoup !). Pour la même raison que nous utilisons un raccourcis en campagne s’il existe, nous avons besoin de maitriser notre environnement et non pas d’être maitrisés. 

Il existe plein de possibilités pour les industries de pratiquer d’autres façons. Et de s’enrichir encore plus. Mais tant que la ficèle « tu payes tout ou je te punis » fonctionnera, ils ne s’en priveront pas. Exemple : la taxe sur le média, servant les droits d’auteurs et leur compagnie. Partant du principe que celui qui possède n’est pas forcément celui qui aurait acheté, et c’est vrai (je me répètes : on possède des morceaux parce qu’on a pu les avoir gratuitement – radio, etc.. – si on avait du les payer tous on aurait limité notre consommation et donc on en posséderait simplement moins), imaginons aujourd’hui qu’un artiste dispose gratuitement en ligne ses œuvres. Il récupérerait une proportion de cette taxe en fonction d’un compteur. C’est très simple.  On oppose à cet argument que les médias vendus, ne le sont pas forcément pour de la musique ou pour des films, etc… Et que certains payeraient injustement une taxe pour quelque chose qu’il n’a pas consommé. Qui aujourd’hui enregistre un dvd de ses courriers ? A l’heure du cloud on en parle même pas. Et quand bien même, il n’y a qu’a segmenter la technologie : si on ne pouvait pas enregistrer et lire de la musique sur le même média que celui sur lequel on enregistre des photos, de la musique ou des films, la question ne se poserait pas. Une minorité serait sûrement assez tordu pour trouver une solution permettant de mettre de la musique sur la carte de son appareil photo … solution qui serait difficile dans le cadre de technologies différentes (pas actuellement, sortez de ce contexte !). Mais si pour la majorité, un cd de musique, une carte sd, ou une ram destinée à de la musique, des films, bref à des oeuvres sous licence payante, n’étaient pas les mêmes que celles pouvant stocker des photos, des textes ou les films de son caméscope, le problème ne se poserait plus.

Demain, je vais me lever, je vais prendre ma moto garée sur le trottoir (piratage, je ne paye pas de place, qui de toute façon ne sont pas disponibles), je vais pirater le stop en bas de chez moi, devant lequel personne ne passe, mais également parce que j’ai une visibilité parfaite sur toute la route qui croise, et qu’a moins qu’une voiture soit spontanément générée et arrive de nulle part je ne pourrai pas ne pas la voir, je vais pirater la file de voiture qui attend que la première aie la place de passer, alors que moi je peux car je suis moins large, je vais pirater mon travail en allant aux toilettes, même très raisonnablement, mais car je suis pas payer pour ça, et tout ça parce que c’est dans ma nature d’être humain de faire ce que je peux pour me faciliter la vie, pour autant que je ne fais de mal à personne. Tout comme celui qui copie un disque qu’il n’achèterai pas, parce qu’il a 15 ans et n’a pas les moyens de se procurer légalement tous les album de ZivaAdonf.

Finalement, l’énergie solaire, ça sera du piratage le jour ou nous auront des centrales solaires ? Non, pourquoi ? Le soleil appartient à tout le monde ? Le son aussi. Il a bien fallu investir pour construire ces centrales … etc… etc.. Or si de votre côté vous captez les rayons solaires sur un panneau que vous aurez installé, l’industrie attendra des revenus en fonction du nombre d’habitants, qu’elle n’aura pas. Et ce sera votre faute.

Si demain vous faites un truc plus facile, ou que vous trouvez une solution pour payer moins ou ne pas payer (lire le journal sur Internet par exemple), vous serez un pirate (car celui qui paye le journaliste à écrire un article s’attendra aussi à ce que vous comptiez parmi ceux qui vont payer pour le lire). Bref, vous êtes déjà un pirate, puisque vous l’avez déjà fait !!!!!!

Non, soyons sérieux. Arrêtons de fabriquer des pirates. Un pirate restera celui qui va voler l’oeuvre de quelqu’un, qui va se faire des bénéfices sur son dos,  ou à sa place, essayer de s’approprier le travail de quelqu’un d’autre en faisant croire que c’est le sien. Les autres sont justes des être humains, dont certains ne veulent pas tenir compte du fonctionnement de l’être humain et pas non plus de s’y adapter, simplement parce que pour le moment, il est possible d’utiliser d’autres voies plus faciles, comme des lois, etc…

Il ne serait pas correcte de ne faire que critiquer le système en place, sans, au moins et à mon niveau, proposer un semblant de solution. Si nous voulons utiliser et imposer au moyen de loi, nous le pouvons. Imposons aux constructeurs qu’aucun média ne puisse contenir du multimédia, ou des logiciels, ou des sauvegardes personnelles simultanément. Une taxe serait levée sur tel ou tel média. Taxe qui serait restituée aux distributeurs et concepteurs au prorata d’un compteur. Aujourd’hui le gros de la copie est effectuée par Internet. Il y a peu de personnes qui se rendent dans un magasin, achètent un disque, et le copie en plusieurs exemplaires. Sur Internet, pour ne parler que du multimédia, il serait possible de se procurer à souhait telle ou telle oeuvre, un clique signifierait qu’on l’obtient et qu’on va donc l’enregistrer. Cent cliques reviendraient à 100 ventes de ce morceau, et donnerait droit à recevoir l’équivalent des taxes prélevées sur les médias destinés à ces enregistrements. En gros, un support vierge pouvant contenir 100 morceaux, coûterait le prix de ces cents morceaux. Je suis un peu allergique à ce système, car il ne tient toujours pas compte du consommateur qui ne le serait plus s’il devait payer, mais il faut bien convenir qu’il resterait équitable, et qu’on pourrait enfin en cesser avec ces chasses aux sorcières, qu’on découvre dans les journaux, telle cette mère de famille condamnée à une amende de plusieurs centaines de milliers de francs ! Ramenant les éléments à leur vraie dimension, cette dame n’a fait qu’écouter de la musique, autrement qu’en payant pour le droit à des écoutes à souhait … elle se retrouve pourtant condamnée pour vol, ou de la même façon que s’il elle s’était appropriée l’oeuvre à son propre compte. Peut-être pas en ce qui concerne les sommes a payer, mais l’image est bien martelé dans ce sens, c’est une criminelle.

Peu importe, il serait en tout cas convenable à chercher des solutions qui ne s’en prennent pas toujours aux mêmes, qui eux, fonctionnent normalement, je voulais en apporter la preuve par ce texte.

Il n’est pas question ici donc de suggérer une suppression du droit aux auteurs, ni, une rémunération des réseaux de promotion ou de distribution. Évidemment,  encore plus en 2012, il serait abrupte de constater qu’un auteur dont l’œuvre culturelle pourrait être étudiée à l’école, se retrouve réduit à vivre dans la misère, comme certains artistes peintres dans le passé, contrains de vendre pour une bouchée de pain (dans les deux sens du terme) ses réalisations. Au contraire. Que le lecteur ne se trompe pas, il s’agit uniquement de la démonstration des effets pervers de certaines lois, du modèle économique prôné actuellement, et sensés protéger la culture, mais dont les conséquences sont finalement néfastes.

(image de une : design original Glennz)