Roméo Langlois doit revenir en France aujourd’hui, le vendredi 1er juin,  après avoir été enlevé par les Farc le 28 avril. Une détention assez courte si nous la comparons à celle d’Ingrid Betancourt, l’ex candidate aux présidentielles colombiennes, qui a été détenue de 2002 à 2008.

Sa détention est survenue durant un reportage avec l’armée, durant lequel le soldat qui le protégeait a été tué. Un reportage dirigé par France 24 qui tenait à poursuivre une opération anti-drogue dans ce pays.

En février, les Farc s’étaient engagé à ne plus enlever des personnes contre des rançons. Cependant, Langlois a été détenu car, au moment de l’enlèvement, il portait un casque ainsi qu’un gilet pare-balle militaire.

Est-ce que son accoutrement a influencé son enlèvement? C’est fort possible. Durant sa conférence à Bogota, il soutient qu’ «il s’est agi d’un accident professionnel. Parfois l’opinion cherche des coupables, mais cela fut un fait de guerre (…) il n’y a pas eu d’erreur de manœuvre commise (par l’armée), mais la guérilla était sur son terrain».

D’après lui, ayant été en poste en Colombie depuis dix ans, l’armée colombienne ne détient aucune responsabilité sur son enlèvement et la soutient. Cependant il n’excuse pas sa détention de trente-trois jours par les Farc, qui l’ont ensuite libéré et remis au CIRC, le Comité international de la Croix-Rouge.

Alvaro Uribe reste méfiant sur ce sujet, ayant même twitté des questions qui restent en suspens sur l’implication de Langlois avec les Farc.

Langlois soutient l’importance de couvrir ce genre de conflit, autant en Colombie que dans d’autres pays afin qu’ils ne soient pas oubliés. Les méfiances d’Uribe viennent de sa défense des Farc sur leur présence dans certains endroits assez reculés des grandes villes où ils apportent un soutien sanitaire, que ce soit pour des raisons médicales ou simplement pour apporter des ressources pour les nourrir.

Les Farc, d’après Langlois, recherchent une paix spécifique sous certaines conditions. Mais le risque n’est-il pas aussi de limiter certaines libertés dont les colombiens sont habitués jusqu’à présent?