L'Union Européenne, en vert les pays de L'EEE non membres

Lorsqu’en décembre 1992 le peuple suisse, votant sur le référendum lancé contre les accords ratifiés en mai de la même année, refusa son entrée dans l’Espace Economique Européen, addition des pays de l’Union Economique Européenne et de l’Association Européenne de Libre Echange, la Confédération Helvétique s’est engagée dans l’isolement.

Afin que cette solitude n’aboutisse pas à un ostracisme, et parce que l’autarcie n’est pas à la portée de ce petit pays sans ressources naturelles ou presque et totalement insuffisant dans sa production alimentaire, les autorités fédérales ont immédiatement engagé les négociations bilatérales.

 

L'Association Européenne de Libre Echange

En effet, si le pays reste membre réel de l’AELE, l’avènement de l’EEE ne pouvait qu’engendrer le déclin des activités de la première, sauf envers le développement de la seconde dont la Suisse s’était exclue.

Il était donc essentiel, non seulement pour le développement futur mais encore pour maintenir le développement acquis, d’obtenir rapidement des ouvertures, soit des avantages d’échanges, envers cette nouvelle grande entité, c’est-à-dire envers la partie non engagée par L’AELE qu’est la Communauté Economique Européenne.

 

La Suisse négocie envers tous

Cette voie était ardue puisque tout se devait négocier avec le seul poids de l’unique petite nation, rencontrant des participants de plus en plus nombreux à la plus grande entité du continent.

Globalement très fructueuse, grâce à certains particularismes et à la qualité des négociateurs, cette ouverture est aujourd’hui devenue bien étroite et pourrait bien n’être plus qu’une impasse, mais ses succès ont convaincus de nombreux citoyens de son bien-fondé.

 

Interlocuteur unique et pluriel aux étoiles de plus en plus nombreuses

Cependant, outre la situation de participant non décisionnaire qu’engendre cette orientation, la position de la Suisse est bien celle du parent pauvre dans cet ensemble où elle ne représente qu’une quantité assez négligeable, même si son degré de développement et le niveau de vie de ses habitants en fait un privilégié.

Mais à s’asseoir sur ses privilèges, chacun finit par les perdre et si les autorités ont, heureusement, montré un grand activisme à compenser le manque d’ouverture de leur population quelques aspects, qui pourraient bien se répéter désormais, montrent bien l’exclusion dans laquelle cette orientation conduit la confédération.

La position maintenant sanctionnée par la COMCO, commission de la concurrence chargée du contrôle de la libre concurrence, donc de la libre circulation qui a été négociée et obtenue avec l’Union Européenne (elle existait déjà depuis maintenant cinquante-deux ans avec l’AELE), de la constellation BMW en est un bon exemple.

 

Important groupe européen qui n'est pas qu'automobile

En effet, les contrats passés par ce groupe économique avec ses distributeurs nationaux mentionnaient explicitement l’interdiction de vente aux clients domiciliés hors l’EEE, dans une conformité des bases formelles de libre circulation de l’Union Européenne, mais en omettant négligemment le droit induit par les négociations bilatérales avec un seul pays.

Il est pour le moins improbable que cette situation soit intervenue innocemment, et cela montre hélas bien la rétorsion engendrée par l’attitude de ce petit état, qui refuse de s’ouvrir et montre une arrogance certaine à se singulariser, à se manifester comme le Phénix indomptable et incomparable.

Comment ne pas comprendre un peu cette méditation envieuse qui amène à conclure que ceux qui s’installent dans une opulence dont ils sont trop assurés n’ont qu’à en payer le prix.