La mobilité urbaine est l’un des grands enjeux pour les citadins que nous sommes. Si la voiture reste, en tout cas dans la majorité des villes de France et de Suisse, le moyen de locomotion principal pour se rendre à son travail, de plus en plus de personnes font le choix de la mobilité douce. On entend par mobilité douce, les moyens de transports non motorisés. Les vélos dits « électriques » font partie de cette catégorie car ils disposent d’une assistance électrique qui ne dispense pas de pédaler. On parle d’ailleurs de VAE (Vélo à Assistance Electrique).

Je vous propose aujourd’hui, un test de vélo électrique, en l’occurrence le Scott E-Sub 20, commercialisé en 2011 et remplacé en 2012 par le Scott E-Venture (mais avec les même caractéristiques). J’ai fait cet essai pendant 3 jours sur des parcours compris entre 10 et 25 kms.

Premières sensations en vélo électrique

J’avais déjà testé quelques vélos électriques, mais uniquement sur quelques centaines de mètres. Cet essai sur 3 jours était donc bien différent !

Dès les 1ers kilomètres, la sensation est très agréable. Le moteur Bosch, dont nous parlerons plus tard procure une assistance douce mais bien présente en dessous de 25 km/h (au dessus le moteur se coupe conformément à la règlementation française). Sur le plat ou en montée, il suffit de pédaler, sans forcer et le vélo avance « tout » seul. On avance bien, sans effort, sans transpirer (ou presque !) et surtout sans s’essouffler ! Sur un bon vélo électrique et avec une bonne condition physique, on peut cependant se passer assez vite de l’assistance à plat : rouler à 25 km/h est facilement réalisable. On appréciera de ne pas avoir de baisse de régime dans les faux-plats et les vraies montées ! J’ai réalisé la plupart de mes parcours avec une vitesse moyenne d’environ 25 km/h.

L’intérêt du vélo électrique apparait aussi au démarrage. Dans le mode le plus assisté, (ou avec les vélos à assistance continue), on parvient à démarrer avant les voitures lorsque le feu passe au vert. Cela laisse le temps de se placer sur la chaussée et permet aux voitures qui vous suivent de vous repérer.

Enfin, rouler en vélo électrique donne surtout envie d’allonger les distances. Sans entrainement, j’aurai grimacé à l’idée de faire 25 km avec mon vieux VTC. Là, pas d’inquiétude : même avec un petit coup de mou, on peut garder un bon rythme.

Un petit regret concernant la limite des 25km/h. On aimerait avoir la possibilité de rouler un peu plus vite. Certes l’autonomie diminuerait en conséquence, mais cela pourrait être utile pour avaler des kilomètres plus rapidement si besoin. Avec cette limite, on n’a pas le choix, il faut pédaler plus fort !

Le Scott E-Sub 20

J’ai choisi ce vélo pour son moteur et pour la qualité de ses équipements. Je ne vais pas tout détailler, les connaisseurs pourront lire la liste des équipements pour se faire une idée. Sachez simplement que les différentes pièces composant ce vélo font partie du haut de gamme : solidité, précision, matériaux « nobles ». Bref, tout ce qu’il faut pour faire un bon vélo ! On se rend tout de suite compte de la différence par rapport à un vélo « low cost », comme mon ancien Décathlon B’Twin. Tout fonctionne bien et surtout, il roule à la perfection. Je m’en suis aperçu dans une descente de quelques centaines de mètres, pas spécialement raide, en atteignant 55 km/h, en roue libre ! En parcours classique, ce Scott E-Sub procure le même plaisir… un coup de pédale et c’est parti, même sans assistance ! Par contre ce modèle n’est pas suspendu du tout et avec son cadre en alu hyper rigide, on sent la moindre imperfection de la route ! La « mini » selle n’arrange rien et je dois avouer que les premières heures de test furent douloureuses pour mon séant ! En 2012, il existe cependant une version avec fourche suspendue.

Enfin, il manque peut-être un porte-bagage. Avec un vélo électrique, on peut être tenté de partir en balade sur quelques jours ou l’utiliser pour aller faire quelques courses. Impossible en l’état de fixer des sacoches. Scott a réglé ce problème en intégrant un porte-bagage dans sa gamme 2012.

Le moteur Bosch

Ce moteur fait tout l’intérêt de ce vélo. Le spécialiste, entre autres, de l’outillage portatif ne pouvait pas louper le coche. Sa longue expérience des moteurs électriques et des batteries sont un atout indéniable pour se lancer sur le marché du VAE. Bosch a fait le choix du moteur intégré dans le pédalier, ce qui présente plusieurs avantages : centre de gravité plus bas, sensation de pédalage proche de celle d’un vélo non assisté par exemple. D’autres fabricants mettent le moteur dans la roue arrière ou avant.

Ce moteur est considéré par la presse spécialisée comme l’un des meilleurs à l’heure actuelle. D’une puissance de 250W, il est alimenté par une batterie de 36V8AH Lithion Ion (recharge rapide en 2h30 ou lente en 5h) qui ne pèse que 2,5kg.

Une console (qui désactive l’assistance lorsqu’elle est retirée de son support) indique la vitesse, la distance parcourue, la charge et l’autonomie restante (en fonction du niveau d’assistance sélectionné et de la consommation réelle sur les derniers kilomètres parcourus).
La console permet également de choisir entre 4 modes d’utilisation qui se déclinent chacun en trois niveaux d’assistance.

  • Eco (assistance strictement dosée pour une autonomie maximale)
  • Tour (assiste en douceur – idéal pour la randonnée et le trekking, convient pour une grande autonomie)
  • Sport (assistance puissante – idéale pour un parcours VTC ou un trajet urbain avec de nombreux arrêts-redémarrage.)
  • Speed (assistance maximale, supporte une cadence élevée pour un usage sportif).

En pratique, ce moteur est à la fois très doux (on ne le sent presque pas quand on pédale) et très « coupleux » (il accélère fort si besoin pour démarrer au feu par exemple).

L’autonomie réelle est difficile à calculer. Je roule à une moyenne de 25 km/h, je suis donc régulièrement au dessus de la vitesse « assistée ». Ce qui fait que je consomme peu. Par exemple, sur un parcours de 2×20 km je n’ai utilisé que 2/5 de la batterie en mode Sport 3. Ce qui me donne une autonomie d’environ 80km (en tenant compte du fait qu’il ne faut jamais « vider » une telle batterie). Ce qui est étonnant c’est que l’autonomie annoncée par l’ordinateur de bord tient compte de la consommation moyenne. Quand je commence mon parcours, en mode Sport 3, le vélo indique une autonomie de 35km. 20km plus loin, il indique 56km d’autonomie restante ;-)

Pour quelqu’un qui pédalerait de manière moins dynamique, il faut probablement revoir cette autonomie à la baisse.

Conclusion :

Conquis ! J’ai réalisé ce test avec comme objectif d’utiliser un VAE pour me rendre à mon travail et j’ai le sentiment qu’un tel vélo est adapté à un parcours d’une vingtaine de kilomètre aller. J’ai mis environ 45 min contre 25/30 min en voiture avec un parcours certes un peu plus long. Sur un aller-retour, je perds seulement 30/40 min tout en ayant : fait du sport, profité du paysage, économisé des frais avec ma voiture et tout ça sans polluer !

Bon, le bémol, c’est le prix de ce type de vélo. Comptez 2600€, ce qui n’est pas négligeable. Mais si on compare avec ma voiture, qui a un coût de revient de 0.38€ du kilomètre , il faut parcourir environ 6800km pour amortir l’achat du vélo, soit 170 allers-retours de 40kms. Ce qui est rapidement atteint avec mes 221 jours de travail annuels. Je ne l’utiliserai pas tous les jours mais disons que sur 2 ou 3 ans, en visant large, il est amorti !