Elysée 2012

« FRANCE – 22 avril 2012, les bureaux de vote ferment. Les résultats ne tardent pas à être officialisés. Près de 78% des personnes habilitées à le faire ont votées. C’est énorme. Un réel soucis de donner son avis, de choisir son avenir.

Mais des chiffres devraient étonner tout le monde. Les deux candidats en tête des suffrages sont, dans l’ordre François Hollande et Nicolas Sarkozy, avec respectivement 28,63 et 27,18 % des voix. S’il s’agissait d’une étude de marché, pas de quoi lancer un produit. A moins de n’avoir pas d’autre idée à proposer. Scientifiquement, inférieur à l’effet placébo de la plupart des médicaments sur le marché.

Il serait alors beaucoup plus honnête d’admettre que 7 personnes sur 10 ne veulent pas de Hollande, et, dans la même proportion, pas de Sarkozy. Voilà qui est dure. Difficile d’admetre qu’avec un tel désaveu, l’un d’eux puisse se targuer de satisfaire le peuple. Et encore, ces chiffres ne représentent que ceux qui ont donner leur opinion. Plus de 2 personnes n’ont pas mentionné leur préférence. Paresse, contre-temps, ou désintérêt des candidats présentés ? Petite règle de tois, c’est mathématique, Hollande et Sarkozy ne sont désignés chacun que par environs 22 % des français, et non plus des votants, car seulement 22% de ceux-ci ont dit “je veux que ce soit lui”.

C’est encore plus choquant lorsque l’un des deux est le président sortant. Il aura eu des années pour faire ses preuves, pour donner une image de lui, de sa politique, de ses choix, et le résultat ne serait qu’à peine supérieur à n’importe quel autre “inconnu” présenté. Certains d’entre-vous se raidissent, mais malheureusement pour vous, pour nous, c’est mathématique. Les calculs qui sont capables de prédire en combien de temps se vide une baignoire ou de guider avec une précision incroyable un robot sur Mars, se mettraient-ils à mentir pour les élections présidentielles ?

Le système va plus loin. Il existe le second tour. Ayant déjà donné son avis, l’électeur doit remettre ça. Oui, mais voilà, il doit alors se prononcer que pour l’un ou l’autre d’un de ces “candidats” que seulement 22 % des français ont choisi. C’est encore plus absurde si son choix ne s’était déjà pas porté sur l’un d’eux !

Si l’on met de côté la propagande sociale, à quoi sert ce second tour ? La question posée très prosaiquement est : “si l’un des deux devait être absolument choisi, lequel préféreriez vous ?”. Question piège, il s’agit de, non pas l’avenir de la France, mais de l’avenir de chacun des français. De Monsieur Dupont et de Madame Germain. Pouquoi avec si peut de suffrage l’un des deux devrait obligatoirement gouverner ces deux personnes, choisir à leur place quels investissements dans la société il feront, quels seront leurs revenus, leurs retraites, leurs niveau de vie , leurs droits ?

Pourquoi ne pas créer un collège, où siégeraient proportionnellement aux voies reçues tous les candidats qui se sont présentés ? Ainsi, il existerait un gouvernement au sein duquel les opinion de tous les français seraient représentées. Lors d’un vote, d’une recherche de solution, se serait alors toutes les opinions qui pourraient agir, et non pas celles de 22 % d’entre elles ! Pas étonnant que personne ne soit réellement satisfait de la gouvernance !

Non, il est préférable de ramener les résultats vers des chiffres avoisinant les 50% d’opinion, artificiellement, grâce à un second tour. Ainsi le président élu pourra-t-il prétendre qu’il a été choisi par plus de la moitié des français, et que les autres étant en minorités, n’ont qu’à se taire et accepter le choix des plus nombreux. C’est lancer un “Ta gueule !” à presque 80% d’entre eux ! Quelle fable !!!!! Second tour ou pas, les chiffres resteront mathématiquement les mêmes. 22 %. 8 personnes sur 10 qui disent “Non, pas celui-là”.

Il y aura ces résultats menteurs d’un 60 vs 40 %. Histoire de clamer haut et fort “Moi président” ou “Les français veulent”. Qui peut dire “Moi je” quand humblement il devrait s’effacer devant celui qui l’a désigné, qui le paie ? Qui peut prétendre savoir ce que pensent les français, quand la majorité ne s’est jamais reconnue en lui ?

Autant de prétention, d’égo, de morgue, rappel étrangement l’époque des Louis, qui se prétendaient la main de Dieu. Pauvre monde, en dépit d’un peu de cosmétique, le moyen-âge est toujours là. Le « Palais » de l’Elysée n’a jamais aussi bien porté son nom.