Ou pas.

Qui veut organiser ses vacances se demande bien évidemment quelle sera la période la plus propice.

Les différents services météorologiques accessibles via les médias ou Internet ne se prononcent généralement guère au delà de la semaine en cours.  Plus éloigné dans le temps, ce serait de la science fiction. Ou presque.

almanach dauphinois – exemple d'amanach encore existant avec des prévisions

Ainsi, dans le passé proche, beaucoup de gens attribuaient une importance aux prévisions distillées dans les almanachs, ces sortes de calendriers établis une année à l’avance, avançant des tendances climatiques des mois à l’avance. Ils contenaient en général de nombreuses autres informations, les cycles lunaires, éphémérides, etc. , et permettaient d’y réunir des informations parfois issues du monde paysan, avec par exemple, ses traditions quant aux dates de plantations. Ces informations leurs conféraient une image d’un savoir dépendant de ce qu’on pourrait qualifier de « sagesse paysanne ». Les lecteurs, convaincus qu’il ne serait pas l’avantage d’un cultivateur de se fier à des informations erronées, s’y rapportaient volontiers. Et parfois, les « prévisions » avancées se révélaient justes. Le principe du verre à moitié plein ou à moitié vide profitait largement à ces publications, dont certaines existent toujours. Ainsi, lorsque les projections climatiques se révélaient erronées, personne ne s’étonnaient vraiment, conscient qu’il est difficile de prévoir le temps si longtemps à l’avance. Et lorsque, hasard ou non, les données correspondaient à la réalité, le lecteur moyen se confortait dans l’idée que ce type de prédictions fonctionnaient vraiment, chaque résultat positif étant perçu comme une preuve de l’efficacité du système. Ainsi, à pardonner les erreur et aduler les succès, l’avenir de ces parutions fût radieux longtemps.

Jusqu’à la systématisation de prévisions à court-terme d’une qualité très précise. Tellement précise qu’à chaque erreur des tollés de protestations étaient émises à l’égard des médias distribuant ces prévisions. La tendance s’inversa, la méfiance vis-à-vis des pronostiques délivrés dans les almanachs s’installa.

Finalement, les instituts météorologiques finirent par divulguer un pourcentage de précision de leurs projections. Si les prévisions à très court terme paraissent intéressantes à consulter, puisqu’il est généralement défini que la météo du lendemain est fiable à 85%, dès qu’on s’éloigne de cette échéance, les scores sont catastrophiques. Ainsi, il est fréquent aujourd’hui de constater qu’une prévision établie 7 jours à l’avance n’a qu’environ 50% de probabilité de se réaliser exacte.  Cinquante pourcents ? En gros si les prévisions pour samedi prochains annoncent de la pluie, vous avez une chance sur deux que ce soit juste. Le verre à moitié plein ou à moitié vide refait son apparition. Et puis viennent se rajouter les probabilités de précipitation, orage, vent, etc. Ainsi, s’il y a 25 % de probabilité qu’il pleuve samedi, on peut imaginer qu’il y a donc un petit risque d’averse pour ce jour là, et prendre au moins une veste de pluie légère. Oui, mais. Il y a une chance sur deux qu’il y ai 25% de probabilité qu’il pleuve. En gros, on ne sait pas.

Il existait des « trucs » pour définir la météo du lendemain ou de la journée à venir. L’état du ciel le soir au coucher du soleil, l’apparence des nuages, la direction du vent, de la vrai météo, mais populaire. On peut imaginer que le score de cette météo avoisinait les 85% également. Plus compliqué pour le surlendemain.

Des rapports très précis et en temps réels – meteociel-fr

Les données météorologiques d’aujourd’hui sont délivrées par des instituts et organisations utilisant une technologie très pointue, surtout lorsqu’il s’agit de s’éloigner des données, et d’établir des prévisions. Ordinateurs surpuissants, parmi les plus rapides du monde, satellites en orbite, balises météo (5’000 en mer, 9’000 sur terre !), données enregistrées depuis des décennies, une panoplie incroyable au regard des résultats.

Surtout que les prévisions sont maintenant publiées au minimum une fois par jour, lorsqu’il s’agit de média papier, mais sont actualisées plusieurs fois par jour, au travers des médias électroniques. Donc, l’information délivrée un lundi d’un risque d’averse pour le week-end, sera confirmée ou infirmée plusieurs fois par jour, tous les jours, jusqu’au moment fatidique. Et il n’est pas rare de s’apercevoir ainsi que l’estimation du temps pour les jours à venir a été modifiée en cours de route, et peut même en venir à déclarer l’inverse de ce qu’il a été initialement prévu.

A tel point qu’on rencontre sur le net des sites qui permettent de comparer les prévisions établies il y a plusieurs jours avec les résultats finalement obtenus. Défiance ou jeu, peu importe.

Tout est question de probabilité.

Les mêmes probabilités qui permettent d’évaluer si un chiffre va sortir au tirage du loto. Les probabilités se révèlent souvent correctes, mais le nom n’a pas été choisi au hasard. Si 9 fois sur dix, un calcul de probabilité se révèle exacte, la 10ème fois il sera faux. Ou la huitième. Et ainsi de suite.

Toujours est-il qu’on ressent de plus en plus le besoin d’avoir un guide de notre environnement, et qu’on se contraint à se fier aux prévisions. Beaucoup d’enjeux en question. Culture et production, voyages pour lesquels il est plus rentable de réserver longtemps à l’avance, mais aussi sécurité des biens et des personnes, avalanches, inondations, etc. Et les prévisions météo, aussi inexactes ou aléatoires soient-elles ont encore un bel avenir devant elles. Tout simplement parce qu’il vaut mieux se préparer à un orage qui n’aura pas lieu, qu’a se retrouver dans une sortie en mer sur des flots déchaînés. Le problème vient donc de notre interprétation de ces données. S’il n’y a pas d’orage de prévu, par exemple, nous ne feront rien pour nous en protéger. Et c’est là qu’est l’erreur.

Les prévisions météorologiques sont à interpréter de manière pessimiste, et jamais optimiste. Pas d’orage de prévu, ne doit donc pas être traduit par : « il n’y aura pas d’orage ». A l’inverse, si une situation orageuse est annoncée, les dispositions à prendre face à ce comportement climatiques doivent être renforcées.

Expérience sur la formation des nuages – Cern (http://cloud.web.cern.ch/cloud/)

Nous avons toujours besoin de dominer notre environnement. C’est le propre de l’être humain et de sa technologie, mais force est de constater que beaucoup d’éléments nous échappent encore. Même la science à encore des progrès à faire dans ce domaine, puisqu’il y a peu n’était pas pris en compte des éléments comme les aérosols ou l’action des rayons cosmiques. Ce qu’ont révélées des expérimentations menées au Cern en 2011 (http://thegwpf.org/science-news/3699-cern-experiment-confirms-cosmic-rays-influence-climate-change.html).

En attendant, si vous désirez néanmoins consulter des « pronostiques » du temps qu’il fera cet été, vous pouvez vous rendre à ces adresses :

http://www.alertes-meteo.com/stephane/previsions/psf.html

http://www.meteolafleche.com/previsionssaisonnieres.html

http://www.meteo-paris.com/france/previsions-saisonnieres.php

http://france.meteofrance.com/france/meteo?PREVISIONS_PORTLET.path=previsions%2FPrevisionsSaison

http://www.meteorologic.net/previsions-saisonnieres-france-belgique-suisse.php

Notez qu’en ce qui concerne accuweather.com, l’application Android « révèle » elle le temps qu’il fera … en janvier 2013 si vous le souhaitez ! Alors que leurs site Internet ne projette rien au delà du 27 mai. Bug ?

La météo de juillet, selon l'appli Android d'Accuweather.com

Si nous prenons en compte cette annonce, il fera 24°C au mois de juillet à Genève … l’été sera donc pourri. Ou pas, si vous consultez d’autres sites.

Un précédent article mentionnait une exposition d’un musée genevois, le MHS (Musée d’Histoire des Sciences) dont le thème est justement les probabilités.  Pour information, une conférence y aura lieu le 2 mai 18h30, abordant le sujet des prédictions de catastrophes naturelles au moyen de ces calculs (« Des statistiques spatiales et environnementales pour analyser la survenue de catastrophes naturelles dans le monde« http://www.ville-ge.ch/mhs/expo_2012_jeux.php).

Pour en savoir plus sur l’établissement des prévisions dites saisonnières : http://comprendre.meteofrance.com/pedagogique/dossiers/science_et_techniques/la_prevision_saisonniere?page_id=2805