L’époque où il les « gros » étaient méprisés et discriminés semblent être sur le point d’être révolue.

En effet, dernièrement ont assiste à une discrimination de plus en plus ouverte envers les « maigres ».

La critique extrême envers toutes formes de grosseur a longtemps teinté la société occidentale malgré les cas d’obésité pourtant de plus en plus élevés. La revanche des « gros », las de se faire rabaisser, a t-elle sonnée?

Il semblerait en effet que, comme pour toute mode, le vent tourne.

Remontons un peu dans l’histoire :

  • Au cours de la préhistoire, les femmes très charnues sont le symbole de la fertilité tandis que les les femmes minces sont prisées pour la beauté et l’art.
  • Au Moyen-âge, le modèle féminin est élancée. Les régimes sont plutôt strictes pour lui ressembler.
  • A la fin du XVIème siècle, être gros est synonyme de réussite sociale et les femmes de l’élite portent leurs rondeurs avec fierté pour se distinguer de la maigreur famélique de la plèbe. Ronsard dira : « Le parfait consiste en choses rondes »
  • Le goût pour les femmes rondes ni trop grosse, ni trop minces continue jusqu’au XVIIème siècle.
  • Le XVIIIème siècle sera marqué par la course vers la diététique.
  • Vers les années 1900, le modèle sablier devient le critère de beauté. Après la deuxième guerre mondiale, maigreur est synonyme de misère et les rondeurs sont à nouveau mises en exergue.
  • Dans les années 60 à 70 un modèle beaucoup plus mince et frêle voire androgyne fait son apparition. C’est à cette époque que nous assisterons à une vraie culte de de minceur grâce aux images d’extrême minceur diffusées dans les médias.
  • A partir de 1980, le « fitness » dans les salles de musculation est à l’honneur. A la fin des années 80, ce sont les femmes pulpeuses qui seront à l’honneur. Les femmes souhaitent avoir un corps élancés.
  • Ce n’est qu’à partir des années 90 que la maigreur fait une entrée fracassante essentiellement grâce à la mode. Georges VIGARELLO dira  « Le poids idéal d’une femme mesurant 1,68 m est passé, selon les indicateurs des revues de beauté, de 60 kg en 1933 à… 48 kg en 2001 ! … c’est la dictature de la mode »

A voir la progression quelque peu aléatoire des canons de beauté dans le temps, tout est possible. Comme nous le voyons plus hait, les kilos superflus qui semblaient si longtemps condamnables au cours des années 2000 ne l’ont pas toujours été.

A quelle moment les femmes en haut sont elles devenues plus attirantes que celles en bas?

 

Les canons de beauté semblent suivre les tendances socio-culturelles qui caractérisent chaque époque et il semblerait que nous soyons sur le point d’une révolution.

Je lisais par ailleurs les commentaires laissés par les internautes sur Miss Ebène. Dès qu’un mannequin trop mince apparaissait c’était des propos du type :

- « Ce n’est pas une vraie femme »

- « Qu’elle aille manger un peu, elle a l’air affamée »

etc.

Se pourrait-il que la vraie femme de demain soit celle ayant de courbes et qui les assument ? Si ceci est le cas, y aura t-il une course frénétique vers l’engraissement pour être à l’image de cette « nouvelle femme » ? Comme quand il fallait être mince pour être beau, devrions nous tous prendre quelques rondeurs de peur d’être stigmatisés ?

Qu’importe la réponse à ces questions, je ne vois pas pourquoi la mode devrait avoir le pouvoir de décider pour moi ce à quoi je devrais ressembler.

Il y a tous les goûts dans la nature et le monde est ainsi fait pour favoriser une certaine multiplicité.

Que vous soyez grands, petits, maigres ou gros il y aura toujours quelqu’un pour vous apprécier tel que vous êtes.

Ne laissez pas la société décider pour vous que vous êtes trop maigres ou trop gros mais faites plutôt comprendre à la société que la diversité est essentielle à sa survie.

Refusons donc d’être un produit de cette mode qui tyrannise les consciences et devenons plutôt nos propres héros …

Source article : « Je veux maigrir » : la physiologie féminine met des limites ! » par Docteur Martine PELLAE