Le sondage d’opinion dans une campagne politique, et dans le cas précis pour une présidentielle, est un jeu pour le moins amusant, mais avec lequel il faut faire bien attention.

De tous temps l’homme a cherché à connaitre l’avenir, à deviner les futurs résultats et à trouver la méthode la plus sûre pour ne pas se tromper dans ses prédictions.

Que ce soit simplement pour connaitre le nom du futur président de la République française, ou pour avoir toutes les chances de gagner aux casinos, on a toujours envie de savoir ce qui va se passer.

Pourtant, même si la voyance a ses adeptes, elle ne repose pas sur des faits scientifiques, mais uniquement sur la foi des personnes qui y croient, ce qui convient à certains, pose quelques problèmes à ceux qui ont besoin de certitude.

C’est là que sous couvert de science intervient le voyant des temps modernes, le sondage d’opinion!

Peut-on y croire? Est-ce qu’il est fiable?

Nous allons voir tout ça en détail, prenez place et suivez le guide!

Le sondage d’opinion:

Sans entrer dans un aspect trop technique et purement mathématique de la méthode de sondage, on peut résumer les choses ainsi.

On prend un groupe de personnes représentatives de la société, ou autrement dit, on choisit des personnes de tous âges et de tous milieux sociaux en respectant leur répartition en conversant les mêmes pourcentages pour chaque « catégorie ».

Pour que cela soit plus imagé, si on veut sonder la population d’un pays composé en tout de 1’200 personnes, qui sont réparties en deux groupes, homme – femme, représentant chacun 50% de la population, qu’ils viennent de quatre villages différents, on va alors interroger 12 personnes, il y aura 6 hommes, 6 femmes qui seront répartis en 4 groupes de trois personnes venant chacun d’un village différent.

Comme ce panel représente 1% de la population, il faudra donc par un simple calcul mathématique extrapoler le chiffre pour arriver à une estimation à 100%.

Maintenant, si on met ça au niveau de la population de la France, en y ajoutant en plus du genre, les tranches d’âge, le milieu social, le lieu d’habitation…etc., on voit que le travail est bien plus complexe.

Il devient d’autant plus complexe que cette part représentative de la société, pour diverses raisons, ne répondra pas forcément de façon correcte par rapport à leurs vraies opinions.

En effet, certaines choses peuvent influencer les réponses, par exemple la compréhension ou non de l’énoncé, l’envie ou non de vraiment participer au sondage (manque d’intérêt), la gêne d’avoir certaine idée et ne pas oser les « afficher » publiquement, l’envie de répondre « comme tout le monde », et même parfois l’influence des sondages déjà publiés, sans compter tous les autres éléments non énumérés.

Connaissant ce problème, chaque institut de sondage a sa méthode pour « corriger » ces fameuses erreurs. Méthode pour la plupart gardée « secrète », comme une précieuse formule magique.

Alors, la question se pose, et surtout fait débat un peu partout…

Peut-on se fier aux sondages?

La question est particulièrement complexe, en effet, un peu comme pour certains jeux de hasard, le sondage a une chance sur deux d’avoir raison, surtout quand il s’agit d’une présidentielle comme celle que l’on vie actuellement.

En effet, en tenant compte du fait que potentiellement, et ceci même en comptant une abstention à 50%, il y a plus de 20’000’000 électeurs en France, alors que généralement les sondages les plus larges se font sur un panel de 50’000 personnes, on se rend vite compte que la plus petite erreur remise à l’échelle peut avoir beaucoup de conséquences, comme la fameuse surprise qui a vu Le Pen être au second tour en 2002.

Les formules secrètes des sondeurs pour corriger les « erreurs » ne sont pas toujours des plus fiables, on a pu le vérifier plusieurs fois!

Mais imaginons un scénario plus calme et sans grandes surprises, les deux seules personnes qui ont une réelle chance de gagner cette élection reste Nicolas Sarkozy ou François Hollande, car ni les Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou autres François Bayrou, n’ont de réelle chance de passer.

De fait, et malgré dix participants officiels à cette présidentielle, il ne reste que deux candidats qui ont la possibilité d’accéder à la fonction suprême.

On se retrouve typiquement dans le scénario du joueur de roulette qui choisit de parier soit sur le rouge, soit sur le noir, il a une chance sur deux de gagner, comme le sondage a une chance sur deux de voir juste.

Ceux qui viennent en arrière des deux premiers ne sont là que pour la figuration, que ce soit Le Pen, Mélanchon ou Bayrrou, qui sera sur la troisième marche, cela n’a en fait que peu d’importance pour l’institut de sondage.

Donc, pour le premier tour qui voit un Nicolas Sarkozy et François Hollande au second tour, oui, on peut se fier au sondage, et même à notre voisin, notre boulanger et pourquoi pas toutes personnes avec un minimum de bon sens qui va annoncer ces deux candidats au second tour.

Ensuite cela se complique pour les institut de sondage, et l’on voit bien si l’on regarde par le passé, qu’ils ont autant de réussite que de perte, toujours comme mon exemple du joueur!

Conclusion:

De par la complexité des données, de par le côté humain des personnes interrogées, le sondage est loin d’être une science très fiable.

Du moins, il me semble tout aussi digne d’intérêt que les prédictions de ma voyante, on y croit ou pas, mais dans tous les cas, rien n’est sûr!

C’est par contre un très bon outil de campagne, pour preuve, quand on pose la question aux politiciens, ils vous répondent tous qu’ils ne tiennent pas compte des sondages, car ils n’y croient pas, mais à l’unanimité ils vous les ressortent pour appuyer leurs arguments!

Le sondage d’opinion est avant tout un bon moyen de se faire frissonner, que ce soit par la crainte de voir celui qu’on n’aime pas être premier, ou pour la joie qu’il procure en vous disant que votre favori est devant.

Reste que le meilleur moyen d’être sûr du résultat est d’attendre qu’il soit publié, alors que le meilleur moyen de donner des chances à votre choix d’être celui qui sera le bon est d’aller voter!