Il y a certaines informations qui laissent le public dubitatif.

Celle qui vient des frontières suisses directement après les votations fédérales de ce week-end fait couler beaucoup d’encres.

En effet, les Suisses ont tout simplement refusé par la voix des urnes d’avoir 6 semaines de vacances en lieu et place de leurs 4 semaines actuelles, qui semblent être tout à fait suffisantes pour eux.

Cette décision du peuple suisse a étonné plus d’une personne et fait grand bruit en France.

Pourquoi les habitants de la Confédération helvétique ne veulent-ils pas plus de repos?

Nous allons essayer de répondre à cette question, petite analyse de la pensée suisse.

Ça, c’est de la dynamique…

Comme vous le savez certainement, PTI à des racines helvètes, fondé à Genève, ce journal est le plus suisse des journaux français, ou le plus français des journaux suisses.

Nous sommes donc géographiquement parfaitement placés pour faire l’analyse de cet « événement » qui laisse perplexe tant de nos amis français.

En effet, si le gouvernement français avait posé la même question, il y a de fortes chances que le résultat aurait ressemblé à des scores de présidentielle en Russie, un oui fracassant l’aurait certainement emporté.

Alors la question se pose, pourquoi les Suisses ne veulent-ils pas plus se reposer?

On pourrait croire qu’ils ont eu peur d’un tableau noir que leur aurait fait miroité le patronat, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon ce matin sur Europe1, lui qui « plaint » les Suisses de se laisser « intimider » par le patronat.

Je comprends parfaitement que le patronat suisse utilise tous les arguments, dont la peur et l’insulte, contre les travailleurs…] [...Qu'est-ce que les vacances ? Une part de temps de travail pris dans la répartition entre capital et travail au service des travailleurs...] […Je ne suis pas étonné que les patrons suisses n’aiment pas ça.

Mais tenir de tels propos prouve une belle méconnaissance des Suisses et de leur façon de penser.

Le Suisse est simplement très discipliné, un peu comme une fourmi, il pense à la collectivité avant tout.

Ne voyez pas là la description d’une sorte de citoyen parfait, mais simplement des personnes conscientes du pouvoir qu’ils ont.

En effet, vous n’êtes pas sans savoir que la Suisse est un pays qui fonctionne avec une démocratie directe.

Autrement dit, les Suisses votent pour tout!

Que ce soit pour une initiative (Lois proposées par un citoyen ou un parti politique, selon certaines règles à respecter: plus d’explication ICI), pour des référendums, pour accepter ou refuser des textes de lois, pour…etc.

Bref, presque rien ne se fait dans la Confédération helvétique sans que les Suisses ne donnent leur avis.

Comme l’expliquent Le Monde et le Parisien, ce n’est pas la première fois que les Suisses refusent plus de repos. Ils ont déjà plusieurs fois dit non aux augmentations des vacances, aux diminutions du nombre d’heures de travail…etc.

Mais si le Suisse fait ça, c’est pour préserver son économique et par le fait, son bien-être, et donc sa qualité de vie.

Les Suisse ont souvent voté oui pour des augmentations d’impôts ou encore l’entrée en vigueur de nouvelles taxes.

Ce qui serait impensable en France, est presque coutumier en Suisse. Les Helvètes peuvent facilement voter pour des lois et propositions qui à première vue peuvent paraitre impopulaires.

La démocratie directe que la Suisse pratique impose que le peuple soit responsable. Et dans ce petit pays au centre de l’Europe, la responsabilité est une sorte de marque de fabrique.

Cela n’empêche pas les Suisse voter parfois avec les sentiments plutôt qu’avec la tête (comme pour la votation sur les minarets) mais dans l’ensemble, même si certains résultats ne font pas plaisir, les citoyens suisses votent de façon plutôt responsable pour le pays.

Preuve en est, la Suisse à une santé économique que beaucoup de pays envient et beaucoup de villes helvètes arrivent au top des classements des lieux où il fait « bon vivre« .

Mais pourquoi le Suisse est-il si discipliné?

J’ai presque envie de plaisanter en citant Spider -Man:

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Ce qui est une phrase « bateau » d’un film à grand budget prend toute son importance ici.

En Suisse le pouvoir est donné au peuple, c’est lui qui a la décision finale.

C’est un grand pouvoir. De fait, de façon consciente ou non, le citoyen suisse se doit d’être responsable.

Il y a d’ailleurs des études très sérieuses qui montrent qu’une grande quantité de personnes est souvent plus intelligente qu’une seule personne.

C’est ce qu’on appelle l’intelligence collective.

Conclusion:

L’intelligence collective c’est bien beau, mais avec du recule, je me dis que sans cette intelligence collective peut-être que maintenant j’aurais 6 semaines de vacances payées!

Parfois je regrette que le Suisse ne soit pas un abruti irresponsable! Sur ce coup, ça m’aurait bien arrangé!