Le licenciement d’André Villas-Boas repose la question de la sécurité et de la véritable valeur aux yeux des dirigeants des entraineurs.

Pour les fans de football qui ont rêvés enfant d’être une star du football mais qui une fois le ballon entre les pieds ont vite déchanté sans perdre pour autant leur passion du football ils se sont souvent vus en tant qu’entraineur, solution de rechange, pour garder cette adrénaline du terrain.

Que ce soit par le biais d’un jeu vidéo où on peut manager son équipe ou tout simplement en refaisant le match au bistrot du coin tout en distillant ses pointilleuses analyses pour beaucoup entraineur c’est pas compliqué au fond si tu t’y connais bien sur !

Mais attardons-nous sur deux choses qu’apporte t’il à l’équipe et quelle sécurité d’emploi a t’il ?

L’importance de l’entraineur a grandi ces dernières années, auparavant l’entraineur était une pièce importante mais depuis quelques temps on assiste à une médiatisation de ces derniers les mettant au devant des honneurs ou critiques suivant les résultats de leurs équipes. Ce qui a paradoxalement fait baisser la sécurité de l’emploi mais nous y reviendrons après.

On dit souvent que les entraineurs sont les premiers maillons de la chaine qu’on n’hésitera pas à faire sauter en cas de problème. C’est un peu réduire le problème au vu de ce qu’il font de l’équipe avant. Lorsque les résultats s’étiolent les coachs font tourner, mettent des joueurs à l’écart etc… Donc ils ont des d’abord mis des joueurs sur la touche avant de se sentir eux mêmes inquiétés. Après si les résultats ne suivent toujours pas est-ce quand même la faute de l’entraineur ? On peut dire que oui d’une façon si son discours ne convainc pas les joueurs alors il ne peut pas rester à entrainer une équipe qui ne le suit pas.

C’est ce qui s’est passé avec Villas-Boas le président de Chelsea, Abramovitch le fantasque président russe, a une relation privilégiée avec certains joueurs comme Drogba ou Terry, ce qui en fait des intouchables au sein du vestiaire et qui ont donc un crédit et une voix plus importante aux yeux de président. A partir de la l’entraineur n’est pas libre de ses mouvements et il est responsable des mauvais résultats sans avoir eu les armes pour lutter.

Reste l’importance du tableau noir, quelle tactique adoptée, quel style de jeu pratiqué, quels joueurs mettre sur le terrain ? Autant de questions qui permettent de montrer qu’ un entraineur influe quand même beaucoup sur une équipe. Regardons la différence  de l’équipe de France de football avec Domenech et Blanc. Il va donner l’identité qu’il veut à l’équipe, tout en faisant aussi avec le niveau des joueurs, c’est pourquoi le choix d’un entraineur revêt une grande importance.

Les joueurs ont toujours eu une valeur marchande important liée à leurs performances, tandis qu’avant un entraineur était plus jugé sur le relationnel, être un ancien joueur pouvait offrir à tous les coups l’emploi ou sur ses méthodes de travail. Depuis quelques temps la tendance serait que le mercato des entraineurs prennent de plus en plus de place.

L’exemple le plus frappant reste l’argent par Abramovitch qui a recruté pour 15 millions d’euros André Villas-Boas à Porto et l’a licencié pour la bagatelle de 11 millions d’euros, sans compter les salaires versés entre temps. Et c’est cette situtation qui fragilise énormément les entraineurs.

Avant on pouvait dire d’un joueur qu’il devait faire beaucoup plus sur le terrain à cause du prix acheté (comme Pastore à Paris ou Gourcuff à Lyon), un entraineur ayant rarement coûté cher au club avait le temps de construire un projet ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. L’argent rend l’emploi instable dans le foot.

La victime la plus flagrante ? Antoine Kombouaré licencié cet hiver par le PSG alors qu’il était champion d’automne et remplacer par Carlo Ancelotti offrait une meilleure crédibilité et visibilité au club, sans compter un palmarès bien garni et une réputation élogieuse.

Alors les entraineurs ne sont-ils devenus que des images de marque ? Non mais ils pâtissent de leur valeur marchande grandissante en perdant  la possibilité de s’inscrire dans un projet à long terme qui inclurait au début des résultats en dents de scie. Certains clubs qui sont au sommet aujourd’hui l’ont bien compris (comme Manchester United avec Ferguson ou Arsenal avec Wenger), mais cela se fait de plus en plus rare et pour contenter le public et justifier les mauvais résultats de l’équipe l’entraineur et est restera le maillon faible.