Pour ne pas se transformer en manequin de crash test, il est préférable de se renseigner lors de l'achat d'un équipement de sécurité (source : caradisiac.com)

Les beaux jours et le redoux donne tout naturellement envie de … rouler. C’est l’occasion de s’équiper ou de remettre à jour son équipement. Gants, casque, veste, pantalon et bottes sont les protections de base. Comment se sortir de la jungle des homologations, vers quelle gamme et quel prix se tourner, voici quelques questions auxquelles j’essayerai d’apporter un peu de lumière.

Sans être un spécialiste de l’équipement du motard, pratiquant néanmoins avec addiction le chevauchage du deux-roues, j’ai réunis pour vous un maximum de réponses, posées à des spécialistes, des habitués, glanées sur Internet, ou issues de mes expériences personnelles, et de celles de quelques « potes » ayant mangé du bitume et mieux à même, donc, de discourir des endroits qui font mal. Histoire de réunir tout cela en un papier, bien de circonstance.

Si comme beaucoup, dès les premiers rayons de soleil vous vous êtes dit « c’est le moment, il ne fait pas encore trop chaud », et qu’en ressortant votre attirail de cosmonaute vous avez constaté qu’il serait bien de changer quelque chose, vous êtes certainement déjà plongé dans plein d’interrogations.  Se renseigner, histoire de ne pas se transformer en crash test mais sans pour autant se ruiner, est essentiel.

Toutefois, le choix d’un équipement est très personnel, que ce soit tant du point de vue du  confort ressenti différemment d’une personne à une autre et pour le même modèle d’article, des goûts personnels, et du type de motard que l’on est ou que l’on prévoit d’être. Si vous êtes plutôt « arsouille » et balade du dimanche, si vous emmenez votre mécanique tous les jours au travail ou si vous comptez vous rendre en Islande en bécane, évidemment votre choix se rapportera à des critères qu’il serait difficile de tous énumérés ici.

Commerce spécialisé ou non :

Vous pouvez vous faire attirer par les prix d’une grande surface, vendant quelques modèles quand même de marque, Shoei, etc. Toutefois, votre choix devrait plutôt se porter sur un commerce spécialisé. Tout d’abord parce que le prix n’y est pas forcément plus élevé. Bien que certaines enseignes ne proposent que du très haut de gamme, de nombreuses autres sont carrément discounter. Et les prix y sont, étonnamment pas forcément plus élevés qu’en grande surface. Surtout, vous y gagnerez en conseil, très important dans la plupart des cas, et en service après vente. Là où la grande enseigne n’a pas vraiment besoin de vous comme client, vous devenez essentiel à l’image et à la vie du commerçant qui a tout intérêt à ce que vous en soyez satisfait.

Je ne citerai que l’exemple de ce casque bon marché qu’une connaissance avait acheté dans un grand magasin, qui dû y retourner 2 fois pour la même vis cassée au niveau de la mentonnière et qui, désespéré à la troisième fois, fini par s’en acheter un autre ailleurs. Matériel défectueux acheté à bas prix par ce magasin ? A chaque fois le casque ayant été échangé contre un neuf, cela est fort probable qu’il s’agissait d’une série rachetée à bas prix, juste pour garnir les rayons de produits premier prix.

En plus, les employés de magasins spécialisés sont généralement eux -mêmes des motards, ce qui ajoute un conseil supplémentaire et des expériences personnelles inestimables.

Le casque :

Que vous soyez nouveau motard, ou que votre ancien casque ne vous fasse vraiment plus envie (abimé, visière rayée,  souvenirs de points négatifs, pas sécurisant, etc.), si vous devez investir dans un casque vous aurez tendance en premier lieu à faire attention à son look. Évidemment, il s’agit là d’un point important, mais vous vous en doutiez, sans aucun rapport avec la sécurité et, point pas négligeable du tout, avec son confort.

Casque jet, intégral ou modulable. Du point de vue de la sécurité, les avis sont unanimes : un intégral est celui qui protège le mieux en cas de choc. Même si certains jet (sans visière ou avec une petite visière et sans mantonière) sont homologués, il n’en reste pas moins que c’est le choix le plus risqué. Et si il procure un sentiment de liberté, il a du mal à correspondre à une conduite rapide (vent) et vous transformera volontiers en attrape moustiques et autres saleté. Eh oui, le casque ne sert pas uniquement en cas d’accident, il est aussi votre pare-brise. Or, une voiture sans vitre à l’avant est plutôt réservée à la plage…. Ceux qui sont déjà motards le savent, aussi je m’adresse là plutôt aux futurs ou nouveaux : rien qu’aux bruits d’impacts de différentes « choses » venant s’éclater contre la visière ou le casque, on en déduit sans difficulté qu’il est finalement très utile !

J’ai été étonné de constater que tous les casques ne sont pas forcément homologués de la même manière, qu’il en existe qui ne le sont pas du tout, ou très peu. Pour moi, il semblait évident qu’un casque vendu dans un pays donné correspondait forcément à tous les critères de sécurité nécessaires pour l’utilisation dans celui-ci. Et bien détrompez-vous ! Qui plus est si vous l’achetez par correspondance, sur Internet par exemple, ce qui est encore plus déconseillé du fait de l’impossibilité de l’essayer. Pour vous y retrouver dans les normes, Euro machin ou P-truc, et sans vouloir remettre en question l’excellent travail de notre confrère et très célèbre caradisiac.com en reprenant leurs précieuses informations, je vous suggère donc d’utiliser ce lien.

Une des erreurs à ne pas commettre est de choisir un casque trop grand. Si vous êtes débutant, et que votre première impression en enfilant votre tête dans un casque intégral est celle d’étouffer ou d’être oppressé, dites-vous que vous vous y ferez, ou regardez un autre modèle, toujours bien adapté à votre taille et morphologie de tête, mais laissant peut-être plus d’espace entre l’avant de votre visage et la visière. Un casque trop grand glisse à vitesse élevée et laisse passer beaucoup d’air. De plus, la membrane en caoutchouc qui se situe entre votre nez et la visière ayant pour seul intérêt de dévier votre respiration vers les sorties d’air adéquates, et de limiter ainsi la formation de buée à l’intérieur, si votre casque est mal ajusté, vous y aurez droit à chaque arrêt au feu rouge.

Une autre erreur est qu’un casque bon marché est souvent beaucoup plus lourd qu’un vendu à prix moyen. Sur de très courts trajets vous ne verrez pas la différence. Mais après 1h de route, je vous garantis qu’un casque lourd vous démoli les cervicales. De plus, certains ne proposent pas de visières interchangeables. Résultat si la votre est abimée, vous changerez de casque. Une visière amovible et interchangeable peut également servir à en choisir une différente en fonction des périodes de l’année. A la saison où le soleil est bas, il n’est pas évident de rouler avec des lunettes de soleil. Il n’est pas aisé de les enlever en entrant dans un tunnel par exemple, alors qu’une visière teintée peut être relevée à certain moments. De plus, il existe des casques qui sont équipés de deux visières superposables, l’une d’entre elles étant traitée contre l’éblouissement, ce qui assure un confort important sur la route, soleil face à soit.

Finalement un casque bon marché risque aussi de vous apporter beaucoup de tracas : pièces qui cassent, garniture quasiment impossible à ôter pour être nettoyée bien que soit-disant conçue dans ce but, etc.

La veste :

Si je mentionne la veste comme équipement, cela sous-entend que vous partez sur un équipement en deux parties. Veste et pantalons. Je laisse aux professionnels le soin d’expliquer les différences de combinaisons intégrales, destinées elles à un usage sportif intense (circuit) ou aux trajets très importants de plusieurs centaines de kilomètres. Ce qui, dans le dernier cas, n’est pas non plus incompatible avec une tenue en deux parties.

Comme pour le casque, le look est bien évidemment important. Et les fabricants ne sont pas en reste sur ce point. Le choix est vaste … et va rapidement vous dérouter. Restez concentrés sur l’usage que vous pensez faire en gardant en tête que votre équipement doit aussi s’adapter si vous décidez de rouler plus, par exemple.

Le dilem se pose en général quant il s’agit de décider si ce sera cuir ou synthétique. Dans le domaine de la peau, des progrès considérables ont été fait. Tant au niveau des protections que du confort, ouvertures pour aérer, poches, et ainsi de suite. L’intérêt du cuir est qu’il va vivre avec vous, se modifier, se tanner, se transformer. Les cuirs modernes ne nécessitent pas vraiment d’entretien, à moins que vous décidiez qu’il sera transmis à vos petits enfants. Le synthétique en revanche aura tendance à se tacher, à se salir avec la poussière de la route, à s’user par endroits et là, c’est franchement pas beau. Même s’il est sensé être lavable, je peux vous assurer que le passer dans une machine est une sacrée aventure.

La veste, tout comme le pantalon, ne doit pas être trop chaude en été et résister au froid en hiver. C’est là qu’en général le synthétique l’emporte sur un point : il existe des matériaux, à conditions d’y mettre le prix, qui laissent respirer votre corps, mais qui vous protègent très bien des intempéries.

Pensez également à ce que votre veste puisse s’accrocher au pantalon. Lors d’une glissade, que personne ne souhaite mais qui peut se produire n’importe quand, et même à vitesse pas très élevée, la veste va se relever et dénuder votre ventre ou votre dos. Inutile de vous faire un dessin, le résultat est rarement joli. Dans certains cas vous pourrez opter pour un ensemble pantalon+veste, avec une fermeture éclaire permettant de les assembler. Mais cela sous entend moins de modularité, aussi je ne le conseil pas. Beaucoup de vestes ont des attaches permettant de se fixer à la ceinture d’un pantalon, ce qui est généralement suffisant pour être protégé.

Les gants :

Le hic avec les gants, c’est que contrairement à la veste, vous ne pourrez pas enlever la doublure intérieure en été. Et, surtout si vous n’avez pas de protèges mains sur votre guidon, et pas de poignées chauffantes, dès que la température baisse un peu, il devient parfois même difficile de mettre en marche les clignoteurs si vous avez conservé des gants d’été en hivers. Quant à mettre des sous-gants en tissus, j’ai essayé, le problème se pose dès que vos gants sont bien ajustés à la taille de votre main : la couche supplémentaire fait l’effet d’un gant trop petit. La circulation est ralentie dans les doigts et les paumes, le résultat est complètement raté. Rien à voir avec les gants de ski !

L’idéal donc est d’investir dans une paire d’été et une plus chaude pour l’hiver.

Les pantalons :

Si nous mettons de côté la combinaison intégrale, ou l’ensemble pantalon-veste, il faudra donc se décider là aussi sur le matériau. Cuir, très résistant à l’abrasion, mais assez chaud en été, synthétique, mais beaucoup plus chère, ou tout simplement le jeans. Ce dernier à l’avantage de pouvoir se trouver partout et à bon prix. Sa résistance à l’abrasion est très moyenne, mais c’est toujours mieux qu’un pantalon de ville voir un short.

Surtout qu’il existe des jeans doublés en Kevlar, un matériau très très résistant. Toutefois, dans ce cas, le confort en est diminué, le coût beaucoup plus élevé.

D’autre matériaux, comme l’Armalith, sont censés garantir une très grande sécurité lors d’un accident. Pour vous en faire une idée, vous pouvez vous rendre sur le site du distributeur de ce produit, Esquad Jeans. Au look sympa, ils résisteraient à une glissade à 110km/h. Mais le prix peut être rédhibitoire.

Jeans en Armalith (cliquer pour agrandir)

Les chaussures :

Pour les débutants, sachez que le choix des chaussures est très important. Tout d’abord, parce que trop ont encore tendance à imaginer qu’il n’est question que de look. En réalité, lors d’une glissade, les chaussures normales sont généralement arrachées. De plus, il s’agit de la protection de la cheville. Or, un fémur ou un tibia se répare facilement, une cheville vous pourrira la vie jusqu’à la fin.

Autre point : roulez une fois sous la pluie avec des chaussures « normales ». Il y a fort à parier qu’elles seront ensuite bonnes pour la poubelle, n’étant pas conçues pour être détrempées. Sans compter que vous aurez les pieds qui baigneront, ce qui n’est pas très confortable.

Tournez-vous donc vers des chaussures montantes et renforcées, au minimum. Des bottes spécialement conçues pour la moto serait un choix judicieux.

Prêtez une attention toute particulière au fait que la chaussure soit antidérapante. J’ai fait l’expérience du pied qui glisse, alors que vous êtes à l’arrêt. Fort heureusement je me suis rattrapé à temps. Mais imaginez-vous, fier sur votre engin, à un feu rouge, et soudain (eau, graisse, etc.) votre pied glisse, la moto qui est déjà penchée se renverse, et vous voilà étalé comme un pot de yaourt devant tout le monde. En dehors de l’amour propre qui en prend un coup, de la moto qui n’est pas faite pour rebondir, cela doit malgré tout faire mal. Et ce serait vraiment l’accident le plus stupide (et donc énervant) du monde !

 

Lors des tests du début du D-Air de Dainese (cliquer pour agrandir)

L’airbag :

La plupart d’entre vous en ont entendu parler, moins en on déjà vu. Il existe des airbags pour motard. Je survolerais seulement le sujet, n’ayant aucune expérience dans ce domaine. Mais, juste pour le fun, voici deux modèles :

l’airbag intégré à la veste, dont même le col se gonfle en cas de chute, protégeant les cervicales et l’aibag que l’on enfile par dessus sa veste ou sa combinaison.

Ce dernier conçu par la socité API R&D et commercialisé par Bering se trouve sur le marché depuis deux ans environs, mais reste rare. Généralement destiné au GP, il est néanmoins accessible au public.

Dans les deux cas, son but est de se déclencher dès que le pilote est éjecté de sa moto. Reste que je ne possède pas d’information sur la sécurité supplémentaire qu’il apporterait réellement. Mais, comme je le disais, son utilisation en GP porterai à croire qu’il n’est pas un simple gadget.

Schéma du principe de base de l'airbag de Bering (source : moto-infos.com)

veste airbag (bikersequipement.com)

N’hésitez pas à réagir et à compléter ces informations. Nous en profiterons tous. Et bonne route !