Pollution des sols (courrier international)

Brans-le-bas de combat dans les communes françaises environnant Genève. L’extraction du gaz de schiste y a été autorisé.

Non pas par les communes, les élus locaux n’ont pas été sollicités. Pas plus que les habitants. Décret ministériel, la zone peut devenir un no-mens land, l’énergie fossile passe avant tout.

Avant le désire du peuple, avant l’écologie, logique commerciale rouleau compresseur et lobby s’y sont bien pris.

Mais qu’est-ce que le gaz de schiste ? Pour ceux qui n’en aurait pas d’idée ou qu’une idée peu précise, le documentaire le plus célèbre, Gasland, peut-être visionné. Il raconte ce qui se passe aux états unis, là où tout a commencé. Mais pour résumer, et comme il dure plus de 45 minutes, voici une brève explication.

Parmi les trésors d’énergie fossile que recel le sous-sol, pétrole, gaz naturel, existe un autre gaz, piégé dans les roches très profondes. Ces roches sont constituée de schiste, une pierre constituée de plaques collées les unes aux autres. Entre ces plaques, de petites poches de gaz.

Pour les libérer, il n’existe pas beaucoup de solutions. On perce un trou très profond, on y envois de l’eau sous très haute pression, mélangée avec des produits dont certains très toxiques (glycol, butoxyethanol). Ce procédé porte le nom de fracturation hydraulique. C’est là que le bas blesse. Ces produits toxiques sont donc envoyé en masse dans notre sous-sol. Ce qui en ressort n’est pas toujours traité comme il le faudrait, notamment en ce qui concerne les produits radioactifs. Pas qu’on ai eu envie d’envoyer des atomes par le fond, mais parce qu’il s’en trouve naturellement à ces profondeurs. Et puis, il y a ces erreurs, constantes. Oui une erreur n’est sensée se produire qu’une fois, mais pas dans le domaine de l’extraction par fracturation. Principalement des fuites, des ruptures de canalisation. Et lorsque cela arrive, les conséquences sont en général dramatiques. En commençant par l’eau potable. Les sources et les nappes phréatiques sont irrémédiablement polluées.

schéma (New-York Times)

Et pour quel bilan ? Écologiquement pas moins polluants que le charbon ou le pétrole. Si ces derniers libèrent des gaz à effet de serre lors de leurs combustion, on en connait (malheureusement) les effets. Les quantités d’eau inimaginable nécessaires à cette pratique et les polluants chimiques sont font peser lourdement la balance du mauvais côté. Entre 2005 et 2009, selon un parlementaire américain, c’est l’équivalent de la production de la chimie européenne d’une année entière qui a déjà été injectée. Dans une vingtaine d’années, il sera alors temps de constater les dégâts.

Et qu’en est-il des tremblements de terre ? Parce qu’il s’agit aussi d’une conséquence de ce type d’extraction. Or, certains champs d’extraction sont justement situés sur la grande faille sismique qui passe par là. Quelle bonne idée d’y injecter de l’eau sous pression, alors que les forages dans le canton de Bâles (en projet d’une centrale géothermique) ont dû être arrêté, en cause de trop forte secousse sismique. N’a-t-on pas entendu dire que si l’accélérateur du Cern était déplacé ne serait-ce que d’un millimètre tout serait fichu ?

Enfin, les paysages seront définitivement blessé, car il ne s’agit pas d’une tour mais de champs de tours, de routes, de déboisement.

Bref, c’est à côté de chez nous (30-60 km), et c’est pour cette année déjà. Demain, un article dans un grand média de la presse écrite genevoise en dira peut-être plus.

Le prix à payer pour notre consommation énergétique ? Ou une énergie favorisée par des subventions supérieures à celles octroyées aux autres énergies dites (elles) vertes ?

Plus d’info : http://nonaugazdeschistelyon.org/

http://www.verts-ge.ch/geneve/communiques/non-au-gaz-de-schiste-en-haute-savoie-la-pollution-n-a-pas-de-frontiere.html