Au mois de mars, une voie de bus verra le jour sur le pont du Mont-Blanc, à Genève, réduisant ainsi encore plus, même de peu, le domaine sur lequel peut circuler les véhicules privés.

Certainement jugée nécessaire, elle apporte une solution immédiate en soutien à un réseau de transport public asphyxié par l’étroitesse d’une ville construite autour d’axes très anciens ainsi que par un trafic privé grandissant en proportion à sa démographie. Tant l’entreprise en charge du réseau urbain que les usagers eux-mêmes en retireront certainement quelques bénéfices, le souhait étant que le trafic privé puisse se soulager également sur ces moyens de transports.

Projet de voie de bus – image google

Du reste, divers moyens, incitatifs dans la doctrine mais contraignants dans la réalité, sont mis en œuvre afin que la population en vienne a utiliser plus largement les transports en commun.

Apporter des solutions écologiques au déplacements urbains, et rendre fluide un trafic routier qui sature sur des artères inadaptables (parait-il) à l’évolution des grandes villes, semblent des problèmes insurmontables.

Pourtant, je reste souvent très étonné par les mots et les dessins d’enfants, qui eux, s’imaginent plein de solutions.

(planet-series.tv)

Ce qui me fait penser à la théorie évolutionniste justement. Selon cette dernière, qui me semble être la plus en phase avec nos connaissances scientifiques actuelles (je ne désire pas me lancer dans ce débat), certaines branches des hominidés se sont éteintes et ne seraient ainsi pas devenus nos ancêtres. Je m’interroge souvent sur les raisons de ces extinctions. Tout n’est que théorie, puisque même en évaluant la taille du cerveau de l’un ou de l’autre de ces « cousins » lointains (sans compter que certains animaux ont de plus gros cerveaux que nous et lire l’article « Le chimpanzé serait génétiquement plus évolué que l’homme« ), même en employant des moyens technologiques très poussés, il n’est pas possible de conclure avec certitude que l’évolution physiologique ait été capitale. L’évolution sociologique ou intellectuelle seule pourrait donc également avoir jouer un rôle important. (Mais il veut en venir où ??? Patience … : )

(www.futura-sciences.com)

Or, je remarque que notre race, l’humain contemporain ou Homo sapiens, a une fâcheuse tendance a vouloir chuter inlassablement au même endroit, quelque soit les générations. Si la méthode est à chaque fois différente, il faut bien admettre qu’entre guerre de religion ou d’intérêt, destruction de son environnement, destruction de son intégrité physiologique (dont généralement le profit est le seul mobile), nous n’évoluons pas beaucoup. L’époque des cavernes me semble même terriblement peu éloignée à la vue de nos comportements. Bien qu’il soit évidemment difficile d’évaluer ceci sur l’échelle si courte de nos connaissances, en rapport avec celle de notre existence, j’ai beaucoup de mal à imaginer nos semblables se réveiller et changer totalement de mentalité … avant que nous n’ayons causé notre propre perte. Nous ne serions donc pas forcément les plus évolués des hominidés, mais simplement les plus aboutis actuellement, parce que les seuls survivants, peut-être déjà en voie de disparition (épizootie, etc…), ce qui se produit lorsqu’une population animale n’est plus capable de se réguler naturellement.

(feanor-journal.blogspot.com)

Rien de bien glorieux en somme. Ni de très rassurant. Le lien avec notre pont du Mont-Blanc ? De plus en plus de nos comparses sont incapables de dépasser les idées des générations passées. Ils les adaptent, les modifient, les falsifient, mais n’osent pas ou ne peuvent pas aller au delà. D’où l’impossibilité d’élaborer des solutions modernes en remède aux maux contemporains. Une évolution intellectuelle en retard sur celle de notre monde, de notre société.

Pourtant, la technologie, au contraire, suit de très près le mouvement. Mais entre phénomène de mode, intérêts financiers, égoïsme et aveuglement idéologique, nous peinons à l’employer.

Prenons un exemple très simple, et (voilà mon parallèle) en parfaite adéquation avec notre problème de circulation sur le pont du Mont-Blanc : l’informatique.

Depuis très très longtemps (tellement longtemps que vous seriez étonnés !), l’informatique permettrais, si nous le souhaitions, de ne plus quitter notre domicile pour travailler. Bureau à distance, réseaux de communications hypers développés, logiciels, appareils, tout est déjà prêt et fonctionne parfaitement bien. Imaginez-vous votre patron vous demander de rester à la maison et de travailler sur votre ordinateur, au lieu de venir à 07h30 pinçante (j’aime bien ce mot, surtout en hiver)? Imaginez-vous vos clients, ou le publique, prendre contact avec ces entreprises par webcam ? Imaginez-vous des appartements qui disposeraient tous d’une pièce supplémentaire, ou d’immeubles, ou de centre locaux organisés en petits bureaux, permettant aux personnes de ne plus ou presque plus se déplacer pour travailler ? Imaginez-vous des véhicules solaires individuels, incapables d’entrer en collision les uns avec les autres, de griller un feu rouge, ou de causer un bouchon ou de la pollution, totalement sécuritaires, mais dont l’encombrement ne dépasserait pas la taille de la personne prise en charge, et qui circuleraient en silence et proprement dans cette ville ou une autre ?  Des immeubles conçus pour être raccordés par passerelles aériennes, libérant ainsi les voies plus terrestres ? Et les exemples que je cite ici ne me sont venus qu’à l’instant. Chacun d’entre nous pourrait en « pondre des centaines ». Donc, que ce soit nous, ou les dessins des enfants, les solutions existent. Même si elles ne sont pas encore développées et sont qu’imaginaires. Ne me dites pas que si nous sommes capable de préparer une mission Mars ou de construire un complexe dans l’espace, nous sommes en revanche bloqués quand à trouver d’autres solutions qu’un bus pour transporter des personnes qui ne le souhaitent même pas !

Marina Bay Sands – Singapour (projets-architecte-urbanisme.fr)

Non, c’est de la science fiction. Bon, je doit être un illuminé, un dangereux écolo cinglé. Pourtant, tout cela existe. Oui, vraiment. La plupart du temps, ce fût un beau concept qu’on imagine utiliser dans le futur. Oui, mais quel future si on a tout grillé avant ?

Que faire, me direz-vous ? Évidemment, individuellement, je n’ai déjà pas les moyens de m’acheter un scooter électrique, encore moins une voiture du même genre, et je n’imagine même pas me tourner vers une technologie dont les batteries ne seraient pas non plus polluantes et d’une durée supérieure aux actuelles (ça existe mais c’est trop cher !). Sans compter qu’entre l’électricité fossile ou nucléaire, mon coeur ne balance pas du tout, il chavire (oui, mais dans le sens du mal de mer !). Mais pourquoi n’ai-je pas ces moyens ? Je ne devrais pas faire partie d’une élite désintéressée par le bien-être de ma planète pour y parvenir, c’est ridicule, je n’emploierai donc aucun moyen pour y parvenir. Je n’ai pas ces moyens parce que notre société refuse de se les donner. La preuve, il y a même pas un paragraphe, je me traitais d’allumé !

Bon, voilà qu’on met tout à nouveau sur la faute de la société. C’est parce que la société … etc. etc.

(www.tunisie-expression.com)

Je ne l’ai pas dit par hasard. Notre société s’est organisée, et existe réellement en tant qu’entité. Ah oui ? Les fameux « pouvoirs publics » vous penser que c’est quoi ? Pour nous représenter en tant qu’entité, nous avons élus, des groupes de personnes organisés en système pyramidale, mais que nous sommes sensés pouvoir diriger de la base. Oui, la démocratie, le système politique, le gouvernement, etc.

Si, aujourd’hui, un mouvement politique avait du courage, et que nous, électeurs, nous partagions ce courage et cette vision d’un avenir n’étant pas forcément une voie sans issue, les éléments de cet imbroglio anthropo/sociologique pourraient brusquement se retourner en notre faveur. Comment ? Lorsqu’il s’agit d’imposer le port de la ceinture, l’interdiction d’assassiner son voisin, ou de payer une taxe sur les carburants, les « pouvoirs publics » y parviennent parfaitement et à très court terme. Imaginez maintenant un gouvernement suisse (oh, par exemple, n’y voyez là aucun prosélytisme je suis presque apolitique !) décrétant que la vente de nouveaux véhicules à carburant fossile est dorénavant interdite, et que seul l’usage d’un véhicule individuel écologique peut être utilisé par une personne seule en déplacement, ou encore qu’une société doit donner les moyens à ses employés de travailler à distance (pas le plombier, évidemment … quoi que …). On a bien fait disparaitre les véhicules au super ou encore les vélomoteurs ! Et que pour que la population y parvienne, l’acquisition de ces moyens de transports, ces moyens technologiques, seraient subventionnés à hauteur du prix des moyens utilisés précédemment, que pensez-vous qu’il adviendrait ? Tout simplement un marché juteux, sur lequel se lanceraient concepteurs et fabricants, avec à la clef concurrence et baisse des coûts de production, donc de vente, d’achat. Nouveau marché, nouveaux emplois, etc… Mais imaginez également que nos pays voisins fassent pareil … je crois que j’imagine trop.

Le train qui ne s'arrête jamais

Je crois que j’imagine trop qu’il n’y a pas de lobby pétrolier, pas d’intérêt personnel défendu individuellement et égoïstement par des hommes et femmes politiques (pas en général) qui n’œuvrent que dans le sens de leurs propres gains et non pas ceux de la société dans sa globalité.

(www.linternaute.com)

Pourtant, c’est nous qui devrions décider de tout ceci, non ? A eux de l’appliquer, d’en trouver les moyens. C’est leur travail, en somme.

Il s’agit de regarder autour de nous avec honnêteté. Pourquoi ne voyons-nous pas notre monde dans sa totalité, mais seulement à travers le chat d’une aiguille ? Le bout de nos chaussures est-il bien ciré ? Ne pensons à rien d’autre.

Nous fonctionnons sur un modèle dépassé. Il y a un problème ? Quelles solutions existent pour le résoudre ? Faux ! Même nos partis dits « écologiques » fonctionnent de cette manière (déçus seront ceux qui imaginaient que cet article n’était qu’un prospectus pro-verts !). Et pourtant c’est archi faux ! Quelle nouvelle solution pourrions-nous y apporter? Ah voilà ! L’idée du mot courage que j’évoquais précédemment trouve déjà plus son sens ici.

Mais non. Je regarde autours de moi, et je constate que les seules parades que nous apportons à nos problèmes sont issues d’idées déjà mises en œuvre par le passé, et qui furent le plus souvent un échec individuel, ou au minimum dans sa globalité, puisqu’un constat négatif les sanctionnent aujourd’hui.

Cro-Magnon aurait-il du mal à quitter notre corps ?

Et puis c’est quoi tout ceci ? Du bla-bla ? Êtes-vous certains de ne pas commencer à vous imaginer qu’on peu réellement changer beaucoup de chose, là, maintenant ?

Un bus circulera au dessus de la circulation, en Chine.