Pour les adeptes de films de science-fiction, nous aurions, à l’heure qu’il est, franchi des milliers d’années lumière loin de notre bercail la Terre. Trop beau pour être vrai ! 2011 est là pour nous le rappeler : à peine avons-nous envoyé quelques sondes rikiki explorer les gros cailloux qui tournicotent dans les alentours. La conquête de Mars, si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi, ne pourra avoir lieu avant plusieurs décennies. Mais rassurons-nous, en 2011, l’expérience de simulation Mars500 a prouvé que le voyage était possible pour l’homme. Du moins qu’il était psychologiquement et médicalement apte à s’isoler du monde pendant 520 jours, le temps jugé nécessaire pour faire l’aller-retour. Bien que la cabane en bois en guise de vaisseau factice et l’absence de toute expérience d’apesanteur n’aient pu vraiment emballer les téléspectateurs. Au regret de vous le confirmer : les gigantesques vaisseaux spatiaux dont pullulerait l’univers version Star Wars 3D ce n’est pas pour demain ! Vous devriez vous contenter de vos lunettes noires dans l’obscurité des salles de ciné pour vous procurer ce rêve-ci d’un autre monde. Eh oui ! Nous en sommes encore à l’âge du moteur à explosion et aux énergies fossiles et les lobbys pétroliers semblent bien résignés à nous y maintenir… jusqu’à la dernière goutte.

 

A sa manière, l’année 2011, quant à elle, nous a fait voyager dans l’espace avec les 1 200 exoplanètes dont la NASA a annoncé la découverte, en février 2011, par la sonde Kepler ainsi que « l’autre Terre », dont on a baptisé les deux planètes extrasolaires situées à 1000 années lumières, qui seraient des sœurs de la nôtre… mais version enfer. Les techniques de l’image de synthèse, traduisent les découvertes et autres théories en mondes que les autoroutes de l’information nous communiquent à la vitesse de la lumière, réduisant d’autant la frontière entre le réel et le virtuel. La naissance de l’image animée, puis du film, à des années lumière derrière nous, relève déjà de la préhistoire. L’internet a pris toute sa place dans nos vies, les frontières culturelles qui ont pris des siècles à se mettre en place sont bousculées, les frontières politiques volent aux éclats. La révolution dans le monde arabe s’est transmise dans toutes les langues. Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Syrie : l’image des dictateurs que les laboratoires de manipulation de l’information des services secrets corrigent en dissimulant la face de cruauté, est apparue sous son vrai jour. Ben Ali prenant la fuite, Moubarak derrière les barreaux, Kadhafi lynché par une foule de rebelles hystériques, l’information échappe aux canaux officiels, de tous les pays, brisant le mur du silence en temps réel. Les indignés de Madrid à New York et aujourd’hui à Moscou s’inspirant du même mouvement, même s’ils ne menacent pas encore directement les pouvoirs et systèmes en place, scellent la désuétude du vieux contrat social en Occident… désormais on ne leur délègue plus sa voix impunément, les politiques n’ont qu’à suivre !

 

Directement ou indirectement (par le biais de leurs assistants) les politiques s’y mettent pour « faire le kéké » selon l’expression  de Cécile Duflot, pour contrer la charge de leurs détracteurs ou pour retoucher numériquement une image souvent écornée par le réel. A tort ou à raison, DSK n’a pas encore orchestré de contre-offensive significative sur la toile, mais sa saga newyorkaise a surpassé  en audience mondiale les plus grandes productions hollywoodiennes. Les vidéos du tsunami de Fukushima, ont fait encore plus de sensation que les effets spéciaux du film 2012, renversant les certitudes des plus grandes puissances nucléaires. Au grand dam des politiques, le pouvoir médiatique est plus que jamais pris d’assaut par les masses populaires, qui n’entendent pas revenir sur cet acquis moderne. Dans l’affolement, les lois de contrôle se multiplient au même titre que la répression mais la résistance s’organise. Elle prend le nom de Wikileaks, d’Anonymous et de tant de communautés liées par ce rêve collectif de briser les chaines, repousser les frontières… Changer le monde !

 

Que des neutrinos aillent plus vite ou non que la lumière, bousculant les théories d’Einstein, les fondements ne sont déjà plus les mêmes. 2001, l’Odyssée de l’espace, tout comme 2010, l’année du premier contact, films cultes de science-fiction ont pris de sérieuses rides dans la réalité du virtuel. Les ordinateurs rassemblent l’intelligence du plus grand nombre contre le monopole, des siècles durant, de minorités autoritaires. C’est dans ce décor d’un monde différent, que Steve Jobs a tiré sa révérence. Il aura avec d’autres confectionné les premiers instruments permettant à l’humanité d’accéder à l’âge du Net. On ne sait pas si 2012 sera la fin du Monde, comme le prédisait la prophétie Maya, mais la fin du Monde tel que nous le connaissions a commencé… Incontestablement avec 2011, l’odyssée du Net !

 

 

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