Le cours de la bourse fait des yoyos. Ça monte et ça descend dans le coin de la télé qui lui est dédié sur les chaines info. Comme un saut à l’élastique que rien ne semble calmer. Sarkozy- Merkel, Merkel-Sarkozy, réunion du G20, puis des 27 avec accord 27-1. Mesures exceptionnelles pour la Grèce dont nul ne croit en la solvabilité, débat sur  le rôle de la BCE, démission sur fond de crise et sex scandal de Silvio Berlusconi non sans rappeler une autre affaire en suspens dans le monde de l’argent, celle qui a touché-coulé le directeur du très puissant FMI. Dans les journaux quand vous avez envie de lire du papier, la radio entre deux tubes de musique, la télé quand la famille est réunie autour de la table et du 20h, sur le net entre deux posts hyper-déconnectés d’amis virtuellement disjonctés sur FB, un message façon matrix revolution à la sauce incestueuse Mélenchon avec un zeste de Marine à l’arrière-goût d’avant-guerre et de pacte germano-soviétique. Pour les uns : la momie de Bismarck est passée au scanner des palabres politico-médiatiques, sa séquence ADN est comparée à celle de Merkel ; Pour les autres : il faut en finir avec l’immigration, désormais synonyme de violence, d’insécurité, de menace contre l’identité nationale. Euro, Europe, rien ne va plus, il faut revenir aux vieilles recettes. Un nationalisme New age surfe sur la vague à qui mieux mieux.

L’argent est partout, dehors, chez vous, dans le gouvernement, dans la boite aux lettres aux dents de scie des factures à payer. Vous n’en voyez plus la couleur, juste des chiffres sur votre fiche de paie, votre compte en banque, vos tickets de caisse, vos justificatifs de retrait… et ces montants faramineux que touchent les patrons des banques et autres goldens boys de la finance vous poussent dans vos retranchements d’infiniment petit écrabouillé par le gigantisme de l’infiniment grand. Crise existentielle !
Vous n’êtes plus humain mais une micro-économie dans le ventre de la macro-économie. Le temple de l’argent, la bourse, vous le rappelle inlassablement au rythme infernal et vertigineux des montagnes-russes façon Space Moutain où vous êtes malgré-vous plaqués sur le siège pour un nouveau tour gratuit, chaque jour. SDF, Restos du cœur, trêve hivernale, pauvreté, précarité sont autant d’épouvantes que le musée de l’horreur vous propose pour ses journées portes-ouvertes qui n’ont pas l’intention de se refermer. Manière de conjurer le sort : si vous n’êtes pas content du système, dites-vous qu’il y a pire !

C’est la nausée ! La sensation d’être malade, vous vous sentez dépressif et vous avez peur en plus d’en parler à votre ami, à votre conjoint et même à votre médecin. Mais dites-vous que vous n’êtes pas seul à souffrir de cette maladie. Les médecins n’ont pas encore publié d’articles sur le sujet, mais s’il y a une certitude c’est qu’ils sont de plus en plus confrontés à ses symptômes dans ce qui s’apparente à une crise de santé publique. Une crise aggravée non pas par la crise elle-même mais par son exacerbation cognitive aux fins de sa résorption virtuelle. Tant pis si on ne résout rien et que cela exaspère la situation du réel en général et de votre propre réel en particulier. l’immédiateté des échéances électorales ne permet aucun recul.

Alors si vous souffrez de boursophobie : Eteignez la télé, cessez de lire tout ce qui concerne cette folie boursicotière, fermez les oreilles aux propos des commentateurs catastrophistes, videz votre esprit du triple A et CAC40, préférez l’écoute de la musique, la lecture des livres, les balades dans la nature et les plaisirs simples de la vie aux neuroleptiques et théories apocalyptiques. Car, soyez-en sûrs, l’argent fait tourner le monde et c’est bien le monde de l’argent qui est devenu fou… Pas vous !

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