C’est la fête ! C’est puissant comment Steve Jobs a changé vos vies ! Les listes de noël sont farwardées à la vitesse de la lumière dans la fibre optique. Il vous en tombe la mâchoire devant les montants en bas des photos des mails de la famille. Crise ou pas, les magasins sont pris d’assauts mais le braquage tourne à l’envers quand les caisses-enregistreuses chargent les codes-barres : la carte bleue ou la vie ! Selon que vous ayez une Rolex ou pas, les courses de noël vous rendront blanc ou noir. Les Golden cards sont seules à ne pas faire trembler du doigt en tapant leurs codes. Le Père Noël se fiche de votre découvert, ou qu’on vous prenne pour sa secrétaire. Coca Cola a fait de lui une personnalité internationale. Qu’importe qu’il soit un étranger sans-papiers, un barbu de surcroit qui voyage de nuit sur un traineau au mépris des lois anti-migratoires. Quand on est puissant on est hors de portée du droit commun aux misérables. On suit son petit bonhomme d’affaires.

Mais alors, existe-t-il vraiment ce papy à la longue barbe blanche ? Les enfants en sont persuadés, chaque année ils l’attendent avec impatience. Il ne faut surtout pas froisser leur bel imaginaire. Le traumatisme est d’autant insurmontable que l’illusion est entretenue par les plus pointus des effets spéciaux et des marketings. L’innocence est en jeu. Oui mais au sens propre, pensent certainement les deux-cent-mille SDF auxquels on a promis un toit. Les cadeaux n’engagent que ceux qui y croient.  Moins d’impôts à payer, travailler plus pour gagner plus, baisse du chômage avant la fin de l’année. Non seulement les plus démunis n’ont pas vu la couleur de la marchandise mais ils doivent en plus se soumettre au plan de rigueur et autres hausses des taxes quand les puissants sont noyés dans les cadeaux toute une décennie de noëls. Dans le bilan documenté qu’en tire Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné (La dette indigne, Éditions Jean-Claude Gawsewitch), 2009 a vu les recettes de l’Etat diminuer de 193 milliards d’Euros. Un fait qui n’est pas imputé à la crise, mais à la réduction tous azimuts des impôts des plus riches et des grands groupes. C’est 1000 milliards que l’Etat aurait pu économiser durant ce quinquennat qu’ils suggèrent explicitement.

Qu’on adhère ou pas à ces chiffres, on ne peut ignorer que la part belle est faite aux marchés, banques et grandes fortunes. Les plus faibles gisent, quant à eux, au fond de la cuvette d’un ascenseur social démonté. « La peur est de retour ! » Ses thèmes sont exploités avec une frénésie déconcertante pour emballer le débat politico-médiatique. Dettes publiques, triple A, récession et grand méchant loup, la peur est une des variantes de la poudre à perlimpinpin.

Trêve de cauchemar ! Fêtons comme il se doit ce noël. Oublions, ne fut-ce qu’un court instant, l’ordinaire au gré du fantasque. Faisons de vrais rêves d’enfants. Ah voilà qu’on grince des dents ! Qu’on crie à l’escroquerie du Père Noël quand le vrai rêve échappe au show-biz ! Le bonheur des uns fait le malheur des autres… et si vraiment le Père Noël changeait de camps ? Plus de pouvoir d’achat pour ceux d’en bas et plus d’impôts pour ceux d’en haut ! Pour une fois il ne sera pas une ordure pour les mêmes ! Un Père Noël rouge ? Why not ?  Mais qui lui a vraiment flanqué cette couleur ? Alors ? Le Père Noël Président ? Ha ! Ha !

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