Aujourd’hui, je vous propose une interview de Osno. Ce jeune homme de 23 ans est graphiste, graffeur et vient de sortir sa marque de t-shirt, Hood Pride. Vous ne le connaissez sûrement pas, donc je vais vous le présentez dans cet interview, qu’il a gentiment accepté de faire.

Bonjour, présentes-toi en quelques mots.

Ali, 23 ans, graffeur, graphiste, président de l’association NSW (New School Writers, son association de graff). Je fais partie du crew GFB klan, de CUA (Comores United Artist), et d’autres groupes.

Que signifie ce blaze, Osno ? D’où vient-il ?

Ça n’a aucune signification. C’est juste une allusion à Oxmo Puccino, le parrain du rap français.

J’ai vu que tu étais graffeur depuis longtemps. Raconte ton parcours.

J’ai commencé il y a environ 11 ans, en allant à des initiations données par Sper et Dean, du 123 klan. J’aimais bien dessiner aussi. Je me suis pris une première claque sur un mur du quartier, puis j’ai voulu faire la même chose, c’est venu comme ça. J’ai commencé à faire les lettres seules, puis mes dessins se sont perfectionnés. Ça fait 6 ans que je fais du graff plus sérieusement.

Quel genre de graff fais-tu ?

Du wild style en 2D qui consiste à donner du flow aux lettres, de les déformer, et de rendre compliquée la lecture du mot, et le style que j’affectionne particulièrement maintenant, c’est la 3D qui consiste à travailler les lettres et la forme du mot dans la profondeur sans utiliser la méthode de la perspective, que l’on utilise pour la 2D.

Où puises-tu ton inspiration pour graffer ?

Dans mon environnement, tout ce qui m’entoure. Ça peut être une simple forme, un objet posé, un motif sur un papier peint… N’importe quelle chose.

Tu es graphiste. Quel genre de réalisation proposes-tu ?

Je suis graphiste polyvalent 2D, 3D, web. Je réalise des plaquettes, des flyers, des affiches. Je fais également de la perspective d’intérieur et d’extérieur pour l’architecture 3d. Pour le web, je réalise des sites web, animations flash…

J’ai vu que tu peignais sur toile aussi. Quel sont les différences entre une toile et un mur ?

Il n’y a pas vraiment de différences, si ce n’est les supports et les outils.

C’est -à-dire ?

Sur un mur ce sera uniquement de la bombe, parfois du poska, avec un fond en peinture acrylique en général. Sur une toile, ce sera de la bombe pour le fond, du poska et de l‘aérographe.

Tu viens de sortir ta marque de streetwear, « Hood Pride ». Racontes nous comment t’es venue l’idée de créer cette marque et quel est l’esprit de cette marque.

L’idée : ça fait plusieurs années que je travaille sur des modèles de t-shirt. Au début, je faisais des t-shirts GFB, qui étaient réservés à un cercle restreint. Au vue des demandes pour ces t-shirts, je souhaitais faire une marque plus générale, qui parle à plus de monde. Alors j’ai choisi de créer une marque et de la nommer Hood Pride car ce nom résume bien l’état d’esprit dans lequel je me trouve, qui est de représenter la street culture tout en restant nous-mêmes. C’est une réponse à de nombreuses déceptions venant des autres marques streetwear qui ont perdu de leur identité en voulant s’assimiler à une image qui n’est pas la leur, imposée par une société qui continue à pointer du doigt les jeunes issus des quartiers.

En dehors du graff et de ta marque de t-shirt, que fais-tu dans la vie ?

Je suis président de l’association de football américain de Dunkerque (dans le nord de la France), et je fais partie de l’équipe des Mavericks. Pour moi, c’est le sport ultime qui réunit tout ce qui fait un bon sport : un spot d’équipe, un sport de combat, un sport qui nécessite de la stratégie, 3 choses qui me correspondent.

Que conseillerais-tu aux personnes qui veulent se lancer dans ta voie ?

Je leur conseillerais de bien se préparer, de ne jamais lâcher l’affaire, d’apprendre de leurs chutes et de se relever, et surtout d’avoir les nerfs solides.

Un mot pour la fin ?

Big up à la nation hip hop ! L’argent a rendu fous certains d’entre nous. Le hip hop restera à la street et les véritables activistes se bougeront. Spéciale dédicace au GFB Klan, CUA, NSW, les Maves, la familia, et je remercie Dieu de m’avoir doté ce don. Stay real, never change, one love, peace !

Merci pour cette interview. Vous pouvez retrouver la première collection de t-shirt Hood Pride sur le site de la marque, www.hood-pride.com. Vous pouvez également le suivre sur Twitter @HOOD_PRIDE et sur Facebook https://www.facebook.com/HOOD.PRIDE.