L’euthanasie, alors pour ou contre ?

Pour trouver sa place dans un tel débat il s’agit tout d’abord de replacer les choses dans leurs contextes et revoir les arguments des deux parties :

On distingue deux « formes » d’euthanasie, celle dite active, qui consiste à prodiguer aux patients une substance létale ayant pour conséquence la mort direct, et celle dit passive, qui consiste à stopper les soins administrés aux patients, les traitements ou la réanimation, à partir du moment où le cas devient désespéré.

Que dit la loi ? En France l’euthanasie active est formellement interdite, un médecin administrant une substance en vu de de provoquer la mort ou accordant au patient les moyens d’y parvenir se voit accuser d’homicide volontaire et encours la peine maximal dù à ce genre de cas.

 

 

En revanche, en 2005, la loi Leonetti a autorisé l’euthanasie sous forme dite passive, cela laisse la possibilité aux médecins de cesser ce qu’ils pourraient considérer comme de l’acharnement thérapeutique.

En pratique quel différence ? Très peu, en réalité, la loi Leonetti est mal connue du grand public voir du milieux hospitalier lui même ! De plus beaucoup dénonce une mince séparation entre ce que l’on peut considérer comme provoquer la mort en cessant les soins ou l’adminitrer soi même il s’agirait pour eux de blanc bonnet et bonnet blanc. Il faut savoir que seul trois pays dans le monde autorise l’euthanasie direct : le Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg et qu’à ce jour 86% des français seraient en faveur de la légalisation de l’euthanasie.

 

 

Aujourd’hui, le débat est relancé avec, en cause, un urgentiste ayant pratiqué l’euthanasie active ces six derniers mois sur quatre cas de personnes âgées présentées comme en fin de vie. Si j’ai décidé d’écrire cet article c’est qu’à mon sens les médias ne révèlent absolument pas toute la complexité de la question, les seuls points de vue que j’ai entendu jusqu’à présent présentent le médecin en cause comme un meurtrier, c’est limite si il n’est pas assimilé à un tueur en série ! Oui il y a eu 4 mort, oui une seule et même personne en est responsable mais la ressemblance s’arrête là ! L’euthanasie est un sujet difficile, un débat de société, c’est une question qui divise profondément que ce soit au niveau des milieux hospitaliers, au niveau politique qu’au niveau individuel.

 

A t-on le droit de demander à mourir ? A t-on le droit de refuser la souffrance, l’acharnement thérapeutique, de renoncer à vivre à tout prix ? Et changeons de point de vue : dans le cas d’une personne que l’on aime, a t-on le droit de choisir pour lui ? Comment décider de le garder près de nous ou d’abréger le temps qui lui reste à vivre si cela revient à abréger son mal ?

 

 

Les arguments tiennent la route des deux côté, pour ceux qui s’opposent à l’euthanasie il  s’agit par là d’empêcher les dérives et les excès : ne pas laisser l’homme se prendre pour Dieu. Un médecin, selon eux, est là pour sauver des vies, soigner, et non pour tuer. Les mots peuvent devenir violent dans un tel cas car on n’hésite pas à traiter les médecins pratiquant l’euthanasie comme des meurtriers (Cf les médias en ce moment). Ces opposants appellent à un développement des soins palliatifs qui consistent à entourer le patient et à lui prodiguer juste ce qu’il faut pour cesser les douleurs afin qu’ils puissent continuer à vivre de façon plus douce jusqu’à la fin.

 

Ceux qui sont pour l’euthanasie active et légale argumentent sur le fait que certaines maladies incurables provoquent une telle souffrance qu’il est inhumain de refuser à ceux qui le demandent le droit de mourir. Qu’un homme réduit à ne plus pouvoir manger, parler, bouger par lui même, détruit physiquement et/ ou psychiquement, et qui ne voit plus l’intérêt de vivre ne devrait pas avoir à supporter l’acharnement thérapeutique des médecins et de la famille. Que c’est justement en refusant d’abandonner que le médecin s’amuse à devenir Dieu. Enfin que les soins palliatifs sont infusant pour de nombreux cas et qu’ils ne sont pas une réponse satisfaisante face à la détresse humaine.

 

Ces deux pendants, ces deux versions, ne se retrouve absolument dans la présentation des faits par les médias. Encore une fois, je le répète, le rôle des journalistes est d’INFORMER non de prendre partit systématiquement comme ils ont pris l’habitude de le faire. Présenter comme un meurtrier, le médecin sera perçue comme tel par un grand nombre empêchant ainsi la complexité de son geste et les motivations qui l’ont poussé à le faire d’être vu par les spectateurs. Certes en France l’euthanasie active est interdite mais le débat reste ouvert !

 

 

Quand à moi suis-je pour ou contre l’euthanasie active légalisée ? Je crois sincèrement que chaque être humain possède son propre seuil de tolérance face à la souffrance et à la douleur. Je pense aussi que la mort est l’une de nos plus grande peur car notre plus grande inconnue… Si un homme en vient à la réclamer, au point de braver la loi, de s’opposer à ses médecins, de choquer les gens qui l’aiment… alors c’est qu’il a atteint son seuil de tolérance et qu’il a le droit de s’en aller. S’y opposer est du pur égoïsme. Certes il peut y avoir des excès, à nous de les limiter au maximum. La liberté est un droit et mourir représente parfois la seule liberté qu’il nous reste.

 

Sur ce …