Peut-on vraiment rire de tout ? Le film Case Départ, mettant en scène deux comiques ayant le vent en poupe, semble s’être lancé le défi de répondre à la question par l’affirmatif. Félix Eboué et Thomas N’gijol incarnent, dans une production rappelant le concept des Visitors, : Régis et Joël deux demi-frères que tout séparent et qui se retrouvent au chevet de leurs père agonisant aux antilles. Ce dernier leur lègue le document ayant affranchis leurs ancêtres, faisant peu de cas de la richesse symbolique du papier ils le déchirent en mille morceaux sous les yeux rageurs de leurs vieille tante.

Cette  dernière, pour leur donner une bonne leçon et leur rappeler un passé que visiblement ils renient tous les deux, les renvoient au temps de l’esclavage expérimenter ce que signifiait vraiment être métis ou noir dans le temps des plantations.

 

 

Plus potache que comique, le film est truffé en lui même de mini gag qui clashent toutes les 10 mn et qui font mouche auprès des spectateurs. Joël, petit délinquant sans motivation, prends le fait d’être noir comme l’excuse à toutes ses bêtises ou semblant « d’injustice » qui lui arrive. Régis, son parfait opposé, est si bien intégré qu’il renie totalement son ascendance noire et n’hésite pas à en rajouter dans les blagues racistes de son patron. Ses deux là représentent tous les clichés et fausses excuse de la société sur le thème d’être métis ou noire.

 

Jamais sanglant, ni foncièrement violent, le film n’hésite pourtant pas à montrer des hommes vendus comme du bétail, des menottes, les chaînes et les fouets ainsi que les pires blagues discriminatoires et pseudo réflexions scientifiques sur les hommes de couleur. Ainsi une scène montre un curé faisant la messe au groupe d’esclaves, sa prêche se termine par  » Vous qui êtes dans les ténèbres … et qui en avez la couleur, soyez docile fort et soumis et … peut-être… recevrez vous la lumière » Paroles violentes lancées sur un ton d’humour mais qui marquent, c’est également le ressort du film. Parvenir a habiller d’humour une violence extrême.

 

 

Le curé se fait finalement mouché par Régis qui lui fait remarquer que Dieu ayant fait l’homme a son image, tous les hommes devraient vivre sur un pied d’égalité. Evitant  d’être moralisateur, le scénario parvient à donner quelques leçons sans pourtant se prendre les pieds dans des domaines aussi sensible que l’immigration, le racisme, l’intégration, le poids du passé…. Une scène franchement réussit montre les deux frères en train de s’oppose sur la dimension de la France comme terre des droits de l’homme. Si Régis défends bec et ongle la réussite de son pays dans le domaine Joël démonte son image en évoquant toutes les erreurs et massacres commis en son nom. Les répliques fusent jusqu’à que Régis évoquant les assedic clouent le bec de son frère et fasse exploser de rire toute la salle.

 

 

Alors Case départ, un chef d’oeuvre ou pas ? Sans nul doute le succès de l’été (au vu de la réussite du bouche à oreille ) Case Départ n’est certes pas une pépite du cinéma mais c’est une parfaite réussite dans la mission qu’il s’était donné : aborder des thèmes franchement limites avec humour et glisser une petite leçon de morale ni vu ni connu. Probablement un futur classique d’humour potache comme les visitors, je ne peux que le conseiller d’aller le voir en restant ouvert d’esprit.

 

A la question : peut-on rire de tout. Le film nous le montre : OUI.

 

Enjoy