Quand l’affaire a exposée les premiers jours les français se sont, ( en thermes de généralité ) insurgés : Non ce devait être un complot ! DSK n’aurait jamais pu faire ça ! Il n’a pas pu faire ça ! Pourquoi tout risquer maintenant, à une marche de l’élection présidentielle ! Lui si près de décrocher le titre ultime ! Il comptait comme le meilleur des candidats, il n’aurait pas pris le risque de tout perdre pour une «simple femme de chambre» !

 

En résumé, les premiers jours tout le monde parlait «d’elle» comme ayant probablement été payée par X pour porter de fausses accusations.

 

Le temps a passé, d’autres preuves sont apparus, comme du sperme trouvé sur les vêtements  de la plaignante, et là on assiste à un tournant à 90 degrés, les féministes s’en mêlent, l’image du français élégant et romantique vole en éclat et les médias titrent.

 

On dénonce une campagne de mensonges contre cette pauvre femme de bonne fois qui ne fait que se défendre. Le peuple français qui adulait et défendait DSK bec et ongles hier le jette au chiens le lendemain. Ce devait être un détraqué mental depuis bien longtemps, on parle désormais d’un homme qui ne sait pas gérer ses pulsions, qui aurait même un passé trouble dans ce domaine que tout d’un coup tout le monde connaissait mais dont personne ne parlait.

 

Les médias taclent le machisme à la française, que ce soit dans la politique ou dans le milieux du travail et bien trop souvent perçu comme normal ou bon enfant. Tout un coup les femmes politique réagissent, témoignent de leur sentiment de harcèlement sur leur condition de femme, leurs malêtre sur le fait de porter une jupe à l’assemblée, les «blagues» potaches qui ne font rire personne hormis les hommes.

 

Enfin l’affaire se tasse quelque peu, on attend le procès mais d’‘autres sujets viennent sur le tapis, l’actualité tourne les yeux autre part : ce cocombre tueur, la gay pride qui se prépare quand l’assemblée rejette encore une fois un droit de base aux homosexuels, Lagarde qui prend la place de DSK, Khadafi qui serait sur le départ (ça fait des semaines qu’on le dit sur le départ celui là mais enfin … ) et boum retournement de situation. DSK revient sur le devant de la scène.

 

Les titres parlent d’eux même : retournement de situation ! Celui que tous avait déclaré finalement coupable pour au moi une relation extra-conjugal pourrait redevenir la grande victime : on découvre que la femme de chambre a mentit sur bien d’autres points dans sa vie. Elle recevait des sommes d’argent de détenus, aurait on ne sait combien de téléphones portabless payé avec des sommes astronomiques quand elle déclare n’en possédait qu’un, DSK ne prenait pas la fuite précipitamment de NY puisque finalement son billet d’avion avait été réservé depuis plusieurs jours.

 

Je me doute que ces informations vont de nouveau faire la Une mais face à un tel déluge depuis plusieurs semaines, face à ces «phases» misent en avant par les médias : un jour grande victime, le lendemain coupable, puis de nouveau grande victime… on ne peut que déplorer la façon lamentable dont les médias traitent d’un cas aussi grave.

 

Les journaux français sont désormais loin de la grand époque des médias. Aujourd’hui il s’agit d’être le plus rapide et le plus sensationnel et les médias m’ont donné l’impression de vulgaires chiens se jetant sur le premier morceau de viande venu. Ou est passé le travail d’enquête préalable, l’intégrité d’un journaliste, la recherche de vérité, la volonté d’éclairer le public ?

 

Des articles sont écrits sur des faits que désormais aucun journaliste ne prends la peine de vérifier ! L’objectivité a pris la tangente ! Il ne s’agit plus d’informer mais de décider à la place du lecteur et surtout de vendre !

 

Les articles se succèdent avec des points de vue totalement différents sur le même cas ce qui enlève toute crédibilité à la fonction. Beaucoup d’ailleurs se sont plaint de cette façon de traiter l’info avec l’affaire de l’e-Coli (aujourd’hui sujet mis au placard au passage…. ).

 

Après on se plaint de la chute des ventes supports de papier, du fait que toute l’univers des médias est en danger. OUi le public attends un changement, un remaniement, un moyen de retourner au fondamentaux : recevoir de l’information ! Etre au courant des faits ! Et ne pas être manipulés par la première plume venue.

L’affaire DSK n’a pas seulement ridiculiser le monde de la politique et l’image lisse de la galanterie français, elle a aussi mise en luimère la pente glissante sur laquelle s’est engagé nos médias et qui ne semble pas prêt de s’arrêter…

 

Sur ce ..