L‘autre jour je reçois le mail d’une de mes connaissances m’expliquant que ce serait une bonne idée que j’achète le dernier Phototech (N° d’avril/mai 2011) car il y a un concours nature dedans avec un chouette prix à gagner.

Il connaît mon amour pour la photo nature, c’est donc tout naturellement qu’il me donne ce conseil que je vais suivre.

Malheureusement, ou heureusement, par manque de temps je ne vais pas comme à mon habitude feuilleter ladite publication avant de l’acheter.

J’arrive, je prends le mag, je le paye et je pars. Ce n’est que le soir venu que je commence à le lire…Je me plonge dedans et je découvre un sommaire plutôt sympa et complet.

La découverte…

Cette revue me semble plutôt bien, donne de bons conseils et de très bonnes astuces, j’avoue qu’à première vue je suis séduit.

Pourtant au détour de la page 58 je tombe sur une photo de caméléon qui me séduit, je regarde le crédit pour connaître le nom de celui qui a fait cette très belle photo, et voilà que je découvre avec horreur qu’elle a été achetée sur Fotolia.

Je regarde rapidement les autres photos du journal pour me rendre compte qu’une très grosse partie de leurs articles sont illustrés avec des photos en provenance de microstock.

Vous allez me demander, mais qu’est-ce qu’un microstock?

C’est une banque d’image où les photos sont vendues à très bas prix (voir la pub ci-dessous):

Ces banques sont alimentées par des photographes (amateurs ou pros) qui reçoivent un peu d’argent pour chaque vente.

Imaginez que si quelqu’un achète une image 0.14€ et que l’entreprise doit tirer un bénéfice sur cette vente, la marge pour le photographe est plutôt faible.

Mais je vous rassure, je ne suis pas là pour critiquer les microstock, mon ami Cédric Girard le fait très bien (et pour de très bonnes raisons) en vous expliquant en 10 points tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet:

10 bonnes raisons d’éviter les microstocks

Ce qui m’a perturbé c’est le fait qu’un journal photo qui devrait un minimum défendre le métier qui les fait vivre, n’hésite pas à  puiser dans des microstock, plutôt que de payer au prix juste les photos qui illustrent leurs pages.

Un éclair m’a traversé l’esprit…

Et si leur concours, présent à chaque numéro, n’était là que pour s’offrir à moindre prix une bibliothèque photos?

Je suis donc allé directement en page 89 pour découvrir sur le formulaire de participation au concours une phrase qui ne laisse aucun doute sur la finalité des images:

En envoyant mes photos au concours Phototech, j’atteste que celles-ci sont libres de droits pour Phototech

Vous allez me dire, cela peut être uniquement une phrase qui permet de publier les photos pour le résultat des concours.

Alors, pourquoi ne pas préciser que l’autorisation n’est accordée que pour la présentation des photos et qu’il n’y aura pas d’usage commercial des dites photos?

Car écrit comme tel, cette phrase autorise Phototech à utiliser toutes les images qui lui sont soumises comme bon leur semble, et même de les revendre sans que l’auteur d’origine ne soit informé ni rémunéré.

Peut-être que ce n’est pas le cas, et qu’ils ne le feront pas.

Mais je suis prêt à parier que dans quelques mois on trouvera dans les pages du magazine, pour illustrer certains articles, des photos venant droit des concours et d’autres soumissions volontaires, comme leur rubrique: « publier vos photos dans Phototech« .

Je sais que certains vont se dire qu’il n’y a pas de mal à ça. Qu’au contraire, c’est une bonne pub que d’être publié dans ce genre de mag…etc.

Pour répondre à ça, je vous invite à lire cet article:

Amateurs, nos photos aux rabais

Je vous laisse méditer sur ce qui vient d’être dit.

En conclusion…

Je souhaite sincèrement que Phototech réagisse et use de leur droit de réponse, leur point de vue sur le sujet pourrait être des plus intéressant…

Je le dis sincèrement, car au-delà de cette histoire ce magazine me semble vraiment très bien.

Comme je l’ai dit en introduction, il y a foule de bons conseils, d’astuces…etc.

Les articles sont très bien écris et accessibles, en un mot, sans compter cette fausse note, il semble que ce soit une bonne revue photo…ce qui est d’autant plus dommage!

Sources images: Mon scanner et fotolia
Sources texte: Mes pauvres neuronnes