La Télévision suisse-romande (TSR) a abattu ses dernières cartes hier soir. La chaîne diffusait les deux derniers épisodes de la série «10». «10», comme les dix épisodes diffusés deux à deux cinq dimanches de suite depuis novembre. «10», comme les dix protagonistes qui se réunissent le soir du réveillon pour une partie de poker à gros enjeux. «10», comme la note de l’excellence attribuée à une réalisation exceptionnelle, un dix du cœur.

La TSR a prouvé depuis longtemps qu’elle n’avait pas à pâlir de ses productions de documentaires et de reportages, elle excelle dans l’investigation. Pourtant, en ce qui concerne les séries, celle-ci n’avait encore jamais osée se lancer à ce point dans le thriller, et pour ne pas décevoir les amateurs du genre, la chaîne romande y a mis les moyens. Intrigue bien ficelée, casting de qualité, rebondissements incessants et ambiance prenante baignant dans un traitement d’image en parfaite adéquation avec le genre, autant d’éléments qui font que la TSR n’a plus à courber l’échine face aux géants américains, français ou allemands qui squattent les grilles de programme.

D’ailleurs ce n’est pas par hasard que la série a remporté cette année le Prix de la meilleure série lors du Festival de la fiction TV de La Rochelle, une distinction attribuée un an plus tôt par «Kaamelott» d’Alexandre Astier et de Jean-Yves Robin. Cette coproduction de Light Night et de la TSR est également la première série européenne sur le poker, une pratique qui, depuis quelques années, voit son nombre d’aficionados ne plus cesser de croitre.

Mais la TSR tenté un autre coup de poker avec «10» puisqu’elle a proposé en ligne les épisodes chaque fois une semaine avant leur diffusion télévisée. Une expérience pilote qui devrait permettre de comprendre comment fonctionnent les téléspectateurs, mais aussi savoir si le net est en train de tuer la série.

Synopsis
Les dix épisodes vont nous permettre de découvrir progressivement les protagonistes, leurs alliances, désalliances, mésalliances et secrets les moins avouables. Mais surtout, ce qui les a conduit à s’asseoir à cette table où certains d’entre eux jouent bien plus qu’une simple partie de poker.

Sur ces mots, je vous laisse découvrir le teaser:

Gagner la partie de poker n’est pas un but en soi, le jeu sert surtout à amuser le tapis, mais le réel enjeu pour chacun, le téléspectateur ne le découvre que petit à petit. Ce n’est que par bribes que les liens se font, que les choses s’éclaircissent, que les bluffs se révèlent. Les dix protagonistes enfermés dans un bureau un 31 décembre ont des intérêts divergents, ils se testent, se piègent, se cherchent et parfois se trouvent. Ailleurs, deux autres observent, qui les testent, les piègent, les cherchent et parfois les trouvent.

Dix personnages contrastés et riches autant pour ce qu’ils sont ailleurs que ce qu’ils sont à tables, tous cachent bien leur jeu. Et toujours ces deux autres, dont l’excellent Martin Rapold dans le rôle de Hans Koller, un Bernois qui déteste Genève et qui s’y retrouve bloqué un soir de réveillon. Lui qui ne se trouve pas autour du tapis vert a les cartes en mains plus que n’importe quel autre protagoniste. Pourtant personnage de l’ombre, puisque loin de l’action, il s’illustre dans son rôle du désabusé et bourru suisse-allemand.

Les autres performances ne sont pas en reste. Jérôme Robart interprète un Vincent Torella manipulateur et qui cherche à se remplir les poches. Paulo Dos Santos dans la peau de Manuel Torella, un romantique bègue qui peine à se faire entendre. Séverine Bujard dans le rôle de Birgit Hofer, la mamie qui tente le quitte ou double. Bruno Todeschini, l’insaisissable Patrick Meyer qui joue un double-jeu. Natacha Koutchoumov, Sifan Shao, Philippe Mathey, Alice Rey, Bastien Semenzato, Moussa Maaskri et Sophie Lukasik viennent compléter le tableau.

Finalement, la partie de poker est plus un prétexte qu’un but, donc il n’est pas nécessaire de le comprendre pour bien saisir les tenants et les aboutissants. Tout comme ça a pu être le cas également dans le James Bond «Casino Royal». La série s’adresse donc à chacun, les épisodes sont disponibles gratuitement jusqu’au 31 janvier 2011 sur le site de la Télévision suisse romande ou sur le site de la série.

«10» sur «10»