Imaginez la scène, un homme viole une jeune fille de treize ans (en la droguant en prime), il reconnait l’avoir fait devant la justice, puis s’enfuit du pays pour ne pas écoper de sa peine, pour échapper à sa sentence.

Bien des années après, voilà qu’il est arrêté dans un pays qui a des accords avec le pays qui le poursuit, pour l’extrader.

Que va-t-il se passer ?

En premier lieu, on aura droit à quelques lignes dans les journaux pour souligner le fait et dire à quel point c’est une bonne chose de renvoyer un « violeur pédophile » dans le pays où il doit purger sa peine.

Vous trouverez même des gens qui malgré les 30ans passé entre l’acte et l’arrestation vous affirmerons qu’il faut le tuer, car un violeur pédophile reste un violeur pédophile.

Est ce que vous allez trouver des gens qui vont oser dire: « Mais c’était il y a tellement longtemps, c’est pas grave » ou encore « C’était une autre époque, on ne voyait pas les choses de la même façon » … etc.

Est-ce que vous penser que le président de la France, des intellectuels, des artistes, j’en passe et des meilleurs, pourraient faire pression et argumenter pour que cette personne soit libérée ?

J’en doute vraiment!

Sauf, que dans la vraie vie, quand on s’appelle Roman Polonski, on a le droit de commettre un crime qui pour le reste du monde est impardonnable. On a le droit de ne passer qu’une poignée de jour en prison et que l’opinion des biens pensants juge que c’est assez. On a même le droit de dire qu’il est innocent et que c’est la jeune fille qui l’a provoqué.

Est-ce que la libération qui est survenue hier provoque en moi un sentiment de dégout absolu ?

Je réponds oui sans l’ombre d’un doute !

En parlant de cette affaire, Yann Moix avait écrit:

La Suisse est une pute …

Je me rappelle m’être insurgé contre de tels propos, pour moi la Suisse faisait honneur à la justice en ne donnant pas de privilège au rang, au nom,  à l’artiste, tous égaux devant la loi !

Sauf qu’hier, même si les propos de bases n’étaient pas écrits sous le même jour, je me demande si le quolibet adressé à la confédération ne prend pas aujourd’hui tout son sens ?!

Pour définir mon sentiment et celui de beaucoup de personnes du « peuple« , les mots honte et dégout ont une place privilégiée !

Comme le disait ce matin Emanulle Drevon dans l’éditorial de la Tribune de Genève:

[...Espérons cependant que le grand chœur des soutiens de Roman Polanski ait la pudeur de se taire...N’oublions pas qu’il reste toujours une victime. Elle avait 13 ans au moment des faits...]

Tous égaux devant la justice ? Oui ! … Mais seulement si vous êtes un citoyen lambda !