Première demi-finale de cette Coupe du monde. Comment mieux résumer l’ambiance qu’en citant ce bon Christian Jeanpierre: « Une demi-finale de Coupe du monde c’est une demi-finale de Coupe du monde« …oui. Merci encore Christian.

Fin de trip et descente un peu brutale pour les Etats-Unis et la Corée du Sud. Suicide collectif pour le Brésil. Cambriolage chicano pour le Ghana…Hier soir il ne pouvait en rester qu’un: l’Uruguay ou les Pays-Bas. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les Pays-Bas partaient favoris de cette rencontre, même si, à ce niveau de la compétition ©, on peut s’attendre à toutes les surprises (qui, du coup, n’en sont plus…).

Il faudra retenir (façon de parler, vous retenez si vous voulez) que l’Uruguay n’est pas seulement l’équipe fermée et défensive que nous avions vue durant les tours précédents. Les hommes de Tabarez sont également capables de produire un peu de jeu, de se projeter vers l’avant et de faire vivre le ballon autrement qu’en balançant des ogives vers Forlan et Suarez (au passage…Luis avait été injustement privé de demi-finale par un arbitre qui, en quart, n’avait pas compris qu’il jouait goal-volant).

Hier, les bleus ont donc produit du jeu (sortie de son contexte cette phrase est peu crédible…), ils ont accepté le défi technique et physique proposé par la bande à Marco (Van Bommel)….ils n’auraient pas dû…

Globalement, la première période fut à l’avantage des Pays-Bas. Grâce à une qualité technique supérieure (notamment dans les passes), les joueurs de Bert Van Marwijk ont gagné la bataille de l’entrejeu et pris le pas sur le milieu de terrain uruguayen. Les Bataves se sont ainsi créé les meilleurs occasions de la première période alors que les Sud-Américains ne parvenaient pas à atteindre Forlan ou Cavani.

La beauté du foutebol c’est que toutes ces jolies analyses ne servent à rien: à la 18ème, Giovanni « la momie » Van Bronckhorst sortait de son sommeil millénaire et envoyait, des 35 mètres, une mine en plein dans la lucarne des buts uruguayens….Un peu mari de voir qu’il n’était pas la star de la soirée, Diego « LE blond » Forlan choisissait la 41ème pour envoyer, des 30 mètres, un pétard au fond des filets de Stekelenburg. Un coup de génie partout…mi-temps.

Durant la deuxième période l’Uruguay a globalement payé la note de sa Coupe du monde: arriver en demi alors qu’ils pensaient s’arrêter en huitième. Jouer une prolongation contre le Ghana. Composer une équipe avec quatre ou cinq remplaçants. Presser les Oranjes (ah ah…) pendant 45 minutes comme si le match n’en durait que…45. Il fallait s’attendre à ce que tous ces efforts se payent. C’est ce qu’il s’est passé de la 50ème à la 89ème minute de jeu. Les Uruguayens ont trop donné, trop couru pour tenir le choc face à une équipe pleine d’expérience. Alors qu’ils s’échinaient à récupérer le ballon ils se sont fait transpercer deux fois, en quatre minutes (Sneijder puis Robben), dans une sorte d’estocade finale qui a dû leur sembler bien amère…3-1.

La réduction du score à 3-2 durant les arrêts de jeu et les frayeurs qui s’ensuivirent pour les Hollandais ne furent que pur folklore…l’Uruguay jouerait la petite finale, laissant à son adversaire du jour le droit de défier l’Allemagne ou l’Espagne, dimanche soir, lors de la finale.