Les deux derniers quarts de finale de cette Coupe du Monde. Le dernier carré n’est plus qu’à 90 minutes. D’un côté un choc entre deux prétendants sérieux à la victoire finale. De l’autre un duel entre l’ogre espagnol et l’outsider paraguayen.

16h00-Argentine/Allemagne: 0-4

Maradona n’avait « peur de personne ». Lionel Messi allait enfin marquer. Gonzalo Higuain allait continuer à marquer…Autant dire que l’Argentine arrivait en pleine confiance…et qu’elle est tombée de très haut.

Depuis le début de la compétition, le niveau réel de l’Allemagne ne faisait pas vraiment débat. On se demandait si la Mannschaft garderait sa fraîcheur physique mais, vu le niveau de ses adversaires, on savait que l’équipe de Joachim Löw était l’une des plus dangereuse de la compétition.

La situation pour l’Argentine était à peu près la même…mais personne ne savait ce que donnerait cette formation face à un vrai poids lourd…la réponse fut assez simple…: elle a volé en éclats derrière et elle est restée tristement muette devant…L’équipe de Diego Maradona est lourdement tombée dès son premier duel de haut niveau…il faudra plus que des chansons en descendant du bus ou des spectacles de clown lors des conférences de presse pour faire oublier cela.

Il ne faut pas minimiser la performance allemande pour autant. La Mannschaft s’est considérablement simplifiée la vie en ouvrant le score très tôt et en obligeant ainsi l’Argentine à se livrer. Mais il semble que, même sans ce but précoce, l’Allemagne aurait, tôt ou tard, dominé une formation sud-américaine qu’elle a parfaitement maîtrisée d’un bout à l’autre de la rencontre. Avec les qualités dont ils ont fait preuve depuis le début du tournoi (vitesse, précision, puissance, lucidité, intelligence tactique, solidité défensive), les coéquipiers de Thomas Müller (suspendu en demie) semblent parfaitement irrésistibles et se dirigent tout droit vers le sacre mondial.

20h30-Paraguay/Espagne: 0-1

Que ce fut dur. Que ce fut long et difficile pour l’Espagne de se défaire d’un adversaire qui semblait pourtant largement à sa portée. Sans dire que le Paraguay était arrivé là par hasard, on se demandait quand même comment les Sud-Américains allaient pouvoir faire face à la puissance de feu espagnole…Le seul problème c’est que cette fameuse puissance de feu commence sérieusement à ressembler à un bon souvenir oublié à l’entrée du Mondial.

A la décharge de la Roja, on lui accordera qu’elle est (encore) tombée sur un adversaire qui n’avait qu’un seul objectif: défendre, défendre et défendre…en dehors des coups de pied arrêtés, seuls Nelson Valdez et Oscar  Cardozo ont cherché à jouer vers l’avant…c’était peu (mais suffisant pour inscrire un but refusé alors qu’il était parfaitement valable…). Comme à son habitude l’Espagne s’est donc retrouvée face à un double rideau défensif regroupé sur 10 mètres…votre mission si vous l’acceptez: cassez le coffre fort une première fois pour ensuite pouvoir dérouler face à une équipe qui sera obligée de sortir….pas gagné d’avance.

Niveau spectacle, il faut avouer que ce genre de rencontre est assez loin du sommet de ce que peut donner le foutebol…pour faire simple: on s’emmerde. Mais, hier soir, l’enjeu a rendu les choses supportables car il y avait une vraie tension. En plus de ça, l’arbitre de la rencontre s’est amusé à nous rajouter deux ou trois péripéties qui nous ont bien occupés en seconde mi-temps: sur un coup de pied arrêté, il accorde un penalty au Paraguayen pour un « tirage-de-bras-comme-il-y-en-a-6-ou-7-à-chaque-corner » (pourquoi celui là plus qu’un autre…nous ne le saurons jamais…). L’ami Cardozo se charge de frapper le-dit penalty que l’ami Casillas se charge d’arrêter (…Iker a fait un arrêt! tous les espoirs sont permis pour l’Espagne!)…Sur l’action suivante Villa s’écroule dans la surface…(on cherche encore la faute)…penalty sifflé contre le Paraguay…transformé par Xavi Alonso…mais annulé par l’arbitre pour un « rentrage-dans-la-surface-avant-que-ton-copain-ait-tiré » inexistant…Xavi Alonso reprend son élan…et Villar repousse sa frappe (au passage il refait faute sur un Espagnol qui avait suivi…mais non, pas de penalty cette fois…).

Si certains se demandaient comment sont sélectionnés les arbitres, ils ont appris hier soir que la créativité était un critère fondamental…

Puisque tout se passait dans la simplicité et le brio, l’Espagne trouva finalement, de la même manière, la clé du coffre Paraguayen: frappe de Pedro repoussée par le poteau, reprise de Villa qui heurte un poteau…puis l’autre…puis rentre…83ème minute de jeu…l’Espagne est en demie et Villa est meilleur buteur du tournoi.

Les demies finales:

Mardi 6 juillet à 20h30-Uruguay/Pays-Bas

Mercredi 7 juillet à 20h30-Allemagne/Espagne

Le tableau final, c’est par là.