Deux petites précisions avant de commencer. Si comme moi vous croyiez jusque-là que le bon orthographe était Kirghizstan, alors comme moi, vous vous trompiez! Il s’agit bel est bien du Kirghizistan. Ensuite, vous le savez certainement… quoi que… mais le Kirghizistan est en pleine crise politique et ethnique, tout s’est accéléré en avril quand la police a fait feu sur une foule de manifestants.

Si vous n’en avez pas entendu parler, c’est peut-être parce qu’à cette période là, en Thaïlande un autre soulèvement avait lieu depuis un mois, celui des « chemises rouges ». Je ne parle pas là du siège du quartier économique de Bangkok avec incursion de l’armée, ça c’était deux mois plus tard, mais de manifestations. Et évidement, Bangkok c’est plus vendeur que Bichkek aux yeux de l’occident, la capitale thaïlandaise est un haut lieu touristique, une grande plateforme de distribution aérienne pour le reste de l’Asie.

Alors pourquoi n’en parler que maintenant? Simplement parce que de nouveaux soulèvements ont lieu actuellement au Kirghizistan, et cette fois c’est plutôt la Coupe du monde qui écrase ce pan là de l’actualité. Après les manifestations d’il y a deux mois, le gouvernement est tombé et un autre a été mis en place provisoirement. Celui-ci est maintenant confronté à de nouveaux mécontents sous forme de milices armées. En réponse, tous les réservistes ont été appelés avec pour ordre de faire feu à volonté, avec tout ce que ça signifie.

La deuxième ville du pays, Och, est la plus fortement touchée. Depuis vendredi les scènes de pillage et des incendies se sont répétés, les affrontements ont fait plus de 95 morts et 1000 blessés. Les violences se propagent dans les autres villes du pays et la population fuit par dizaines de milliers vers l’Ouzbékistan. Ce n’est donc pas un simple fait divers qui doit se perdre dans le fond d’une page de journal.

Alors que le pays est au bord de la guerre civile, deux nations ont les yeux rivés sur l’actualité mais laissent le gouvernement gérer « son » conflit: la Russie et les Etats-Unis. Les deux ont leurs intérêts au Kirghizistan, c’est-à-dire des bases militaires. Ce n’est pas vraiment un hasard, il faut dire que le pays se situe à proximité de l’Afghanistan et du Pakistan, un allié géographique de premier ordre pour les deux puissances militaires. Une belle démonstration d’un investissement très limité dans les intérêts…