Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de foutebol.

J-9 avant le début de la Coupe du monde de la FIFA en Afrique du Sud (frisson d’impatience…!). Aujourd’hui nous terminons notre présentation des équipes qui prendront part à l’épreuve. Un coup d’œil, donc, sur les formations qui composent les groupes G et H.

En avant !

GROUPE G

Brésil : Quintuple vainqueur de l’épreuve, pays d’adoption du fouchtebowl, le Brésil débarque en Afrique du Sud comme partout ailleurs : avec le costume du grandissime favori qui ne peut viser autre chose que la victoire finale.

Pour remplir cette mission, Dunga a donné un petit coup de jeune à sa Seleçao : exit Ronaldinho, Ronaldo, Pato ou Adriano. La sélection auriverde ressemble à son sélectionneur : sobre, efficace et travailleuse. Dunga agace car il va à contre courant de la tradition brésilienne. Il veut une sélection solide, qui puisse compter sur une défense hermétique pour laisser ensuite son talent offensif s’exprimer. Car il ne faut pas rêver…le Brésil reste le Brésil, la seule équipe au monde qui présente vingt trois joueurs tous aussi talentueux les uns que les autres, la seule équipe au monde à compter autant de génie technique et de facilité balle au pied.

Alors si le Brésil de Dunga est un peu atypique parce qu’il est attentif à sa solidité défensive…il n’en est peut être que plus impressionnant.

Corée du Nord : quarante-quatre ans après leur dernière participation à une phase finale, les Chollima vont à nouveau tenter de créer la surprise (ils avaient atteint les quarts de finale durant le tournoi qui se déroulait en Angleterre en 1966).

Inutile de dire que la sélection nord-coréenne ne compte pas de stars internationales. La plupart de ses joueurs évoluent dansles clubs de leur pays, à l’exception de quelques éléments qui se sont expatriés au Japon. L e sélectionneur Kim Jong-Hun devra donc s’appuyer sur les atouts dont il dispose : vivacité, résistance physique et détermination.

Placée dans ce groupe la Corée du Nord n’a tout bonnement aucune chance d’accéder aux huitièmes de finale…détendez vous donc amis Coréens, vous êtes sans doute l’exemple absolue de l’équipe qui n’a rien à perdre…Le tirage au sort s’est occupé de sceller votre destin ! Revenir d’Afrique du Sud avec le maillot de Drogba, Ronaldo ou Kaka…c’est déjà une sorte de trophée…

Côte d’Ivoire :…ou l’éternelle déception. Sur le papier, les Ivoiriens ont un effectif impressionnant. Si le foutebol se jouait en théorie, les coéquipiers de Drogba auraient remporté les deux dernières CAN et auraient atteint, au minimum, les demi-finales de la dernière Coupe du Monde. Au lieu de ça, les éléphants n’ont pas réussi à sortir de leur groupe (très relevé) en 2006 et patiente depuis 1992 pour remporter un nouveau trophée africain.

Sven-Göran Eriksson, arrivé il y a trois mois à la tête de cette sélection, aura donc la mission (impossible ?) de concrétiser les promesses ivoiriennes et de mener son effectif vers une place en rapport avec son talent.

Pour pronostiquer les chances de la Côte d’Ivoire cette année, il faudra attendre son premier match, le 15 juin, face au Portugal, l’autre prétendant naturel de ce groupe à la deuxième place. On verra alors très vite dans quel état d’esprit seront les éléphants.

Portugal : Troisième prétendant à l’une des deux premières places, le Portugal peut, au vu de son effectif, nourrir des ambitions importantes dans cette compétition. Si la formation lusitanienne parvient à se sortir du piège du groupe G, ce sera le signe qu’elle aura su trouver la force collective  nécessaire pour effacer des adversaires de haute volée.

Au-delà du « starissime » Cristiano Ronaldo, le Portugal possède un effectif expérimenté, composé de joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens. L’arrière-garde de la formation portugaise est parmi les plus efficaces au monde et son animation offensive est capable de fulgurance comme seul le foutebol latin peut en offrir.

Une autre formation à surveiller, qui peut aller loin si elle parvient à sortir de ce groupe.

En conclusion… « Groupe de la mort »…rien de plus, rien de moins.

GROUPE H

Espagne : Dernier grand prétendant au sacre final, l’Espagne est peut être le plus sérieux de tous. Depuis le début de sa campagne européenne victorieuse en 2008, la Roja domine le foutebol mondial avec une maîtrise bluffante.

Jeunesse, vitesse, technicité, efficacité….quelque chose qui rappel la F.C Barcelone ou le Real Madrid…pas étonnant, quand on sait que les trois quarts des joueurs sélectionnés par Vicente del Bosque évoluent dans l’un de ces deux clubs.

Les automatismes sont donc bien en place, l’impact physique est également présent aux postes où il est nécessaire…Et finalement il suffit de regarder cet effectif pour se faire une idée du danger : Iker Casillas, Carles Puyol, Sergio Ramos, Xavi Hernandez, Xavi Alonso, Andres Iniesta, Fernando Torres, David Villa….un seul de ces hommes pourrait faire basculer le cours du tournois à lui seul…et il y en a vingt trois de ce calibre.

Finalement, la seule chose qui plaide contre l’Espagne, c’est sa position de grandissime favori. On sait que le vainqueur est rarement celui qu’on attendait le plus….

Suisse : Epoustouflante de facilité technique depuis plusieurs décennies, la sélection Suisse n’a pas non plus à pâlir d’une science tactique que le monde entier lui envie. Formation de renommée mondiale, composée de joueurs titulaires indiscutables dans les plus grands clubs du monde, si la Suisse n’a jamais remporté la Coupe du monde c’est uniquement du fait de son savoir-vivre. Trop modeste et trop discrète pour écraser de sa supériorité le Brésil, la France ou l’Italie, la sélection helvète a toujours eu l’élégance de se retirer de la compétition avant de faire de l’ombre à ses laborieux concurrents. Seules les générations de 1934, 1938 et 1954 ont manqué un peu de savoir-vivre en se hissant jusqu’aux quarts de finale avant de finalement revenir à la raison.

Cette année encore la Nati a choisi de s’appuyer sur un équilibre entre jeunesse et expérience. Alexander Frei, infatigable capitaine et gentleman buteur, aura encore la noble responsabilité de contenir le talent des siens et de leur rappeler les exigences de l’élégance. Au milieu de terrain, Tranquillo Barnetta sera le dépositaire du rythme et de l’orientation du jeu suisse. Chef d’orchestre du Bayer Leverkusen depuis plusieurs saisons, il ne fait aucun doute qu’il saura assumer sa fonction avec autant de classe que d’efficacité. Pour ce qui est de l’arrière-garde, la Suisse pourra s’appuyer sur la grâce et l’expérience de joueurs raffinés comme Grichting, Lichtsteiner, Senderos et Magnin*.

Plus sérieusement la Suisse semble posséder une formation équilibrée qui peut s’appuyer sur une défense rigoureuse pour se projeter sereinement vers l’avant. Ils ne remporteront pas le trophée mais peuvent prétendre à une place en huitièmes.

Honduras : Composée de joueurs qui évoluent, pour la plupart, dans le championnat national, la sélection hondurienne pourra également, pour sa deuxième participation à une phase finale, s’appuyer sur l’expérience de joueurs évoluant depuis plusieurs années dans les grands championnats européens.

Les Catrachos arrivent en Afrique du Sud avec une rigueur tactique et une solidité défensive (ré)inventées. Galvanisés par une qualification obtenue au terme d’un suspense haletant, les coéquipiers de David Suazo et de Carlos Pavon promettent de ne pas décevoir.

Ce serait tout de même une surprise de voir le Honduras s’emparer de la deuxième place de ce groupe mais, à franchement parler, c’en est déjà une de le retrouver dans cette phase finale…Pourquoi s’arrêter en si bon chemin !?

Chili : la star de cette équipe chilienne, c’est tout simplement son sélectionneur Marcelo Bielsa. L’Argentin a été capable de donner un nouveau souffle à un foutebol chilien qui peinait à tourner la page des Zamorano et autres Salas. Déjà détenteur d’un palmarès imposant, tant avec la sélection argentine qu’avec le club de Newell’s, Bielsa ne viendra sûrement pas en Afrique du Sud pour faire de la figuration. A la tête d’une sélection de grande qualité, il semble le mieux armé des trois outsiders de ce groupe pour accrocher la seconde place et causer des problèmes à l’Espagne.

L’équipe chilienne conserve la solidité et l’agressivité défensives propres aux sélections sud-américaines mais elle dispose, en plus, de nombreux atouts offensifs : Umberto Suazo sera sans doute l’homme clé de l’attaque chilienne. Lui qui multiplie les réalisations sous le maillot de Saragosse sera également le leader naturel d’un groupe qui regorge de talent.

Pour ma part je vous invite à observer très attentivement Carlos Carmona, le milieu récupérateur de la Reggina qui, à mon avis, n’a pas fini de faire parler de lui dans les années à venir.

En conclusion…l’Espagne sortira très vraisemblablement en tête de ce groupe. Pour la deuxième place, le Chili semble tenir la corde, même si la Suisse a toutes les raisons d’être optimiste. Le Honduras ne semble pas avoir les moyens de sortir du groupe, mais on se méfiera de l’euphorie et de la confiance qui règnent dans ce groupe.

En huitièmes :

On retrouvera donc vraisemblablement le Brésil et l’Espagne en huitièmes…autant dire que, si ces deux là ne se croisent pas à ce stade de la compétition, il y aura alors de forte chances de les retrouver face à face…en finale. Quoi qu’il arrive l’Espagne risque quant à elle d’avoir un huitième digne de son statut de favori puisqu’elle rencontrera vraisemblablement le Portugal ou la Côte d’Ivoire…miam!

Un chose est sûre….le second du groupe H aura du boulot pour accéder aux quarts de finale…

Allez, bon vent! Et bon foute!

*Pour ceux qui l’ignorent: la totalité de la rédaction (sauf votre serviteur) est Suisse. ;)