Lorsque je travaille, ma TV tourne parfois comme bruit de fond, ce qui me fait « subir » tout et rien. D’un programme à l’autre elle me promène sans me demander mon avis. Je l’avoue sans honte, il m’arrive même de tomber sur ces émissions de consommation qui divisent entre les « puristes de la culture musicale » et les « moutons ». Je parle de ces émissions qui construisent des artistes.

Ce soir, le nez dans une pile de feuille parlant d’affordance, de catachrèse, de chaîne opératoire et autre processus d’appropriation, etc. j’entends une voix qui me plait assez. En levant les yeux je tombe sur une certaine Lussi, un nom qui me dit étonnamment quelque chose car pas courant, donc pas du genre qu’on oublie. Après une courte réflexion, mes neurones se remettent gentiment de leur émotion et font le lien: un article du journal suisse « Le Temps ». Journal de qualité qui n’a pas pour habitude de faire dans le People. J’ai donc compris que ce n’était pas un hasard, c’est une voix qui a un plus, mais visiblement les gens qui ont des bons goûts comme moi (hum hum) partagent autre chose avec moi: ils ne cautionnent pas le vote par SMS. Résultat, cette chanteuse au look improbable et au jeu de scène exceptionnel se retrouve éliminée.

Je me suis souvent dit que c’était la meilleure chose qui pouvait leur arriver… Je m’explique! Tout d’abord, pour moi ces émissions ne fabriquent pas des artistes, des artistes il y en a, ils n’attendent que leur chance et ces émissions peuvent juste se contenter de les révéler. Mais les chaînes de télévision ont bien flairé le coup, dès le premier tour passé il faut signer un contrat épais plein de clauses contraignantes. En cas de victoire, l’artiste reste lié à la chaîne, a des comptes à rendre, doit faire des plateaux, etc. Finalement pour qu’un talent puisse librement mettre en avant ses qualités, tout en lui permettant d’obtenir un contrat (ben oui, il y a quand même à chaque fois des représentants de labels dans les jurys, drôle de hasard me direz-vous), il faut qu’il soit éliminé à quelques tours de la fin. Ainsi, il a été repéré, mis en avant devant un public et n’est pas lié à la chaîne qui se remplirait bien les poches de son succès.

Depuis que ce genre d’émissions existent, il faut se rendre compte d’une chose: la plupart des gens qui ont percés une fois sortis de là ne sont pas les gagnants, il y en a, mais ils ne sont pas majoritaires! Si là vous y voyez encore un hasard…

Ce que ces émissions fabriquent de toute pièce, ce ne sont pas les artistes, mais le côté théâtrale qu’elles proposent. Si on gratte un peu la surface, ce que l’on peut découvrir en-dessous est une nouvelle fois une histoire de fric…

En bref, vous avez un favori, ne votez pas pour lui, il ira loin!