Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de foutebol.

J-11 avant la Coupe du monde de la FIFA en Afrique du Sud. Continuons donc notre petite présentation des participants. Aujourd’hui les groupes E et F

En avant!

GROUPE E

 Hollande: Habitués des grandes compétitions internationales, les Oranges reviennent avec, cette année encore, une armada offensive impressionnante : Robben, Van Persie, Kuyt, etc. Cette génération talentueuse affiche clairement ses intentions : ils vont en Afrique du Sud pour ramener le trophée.

Après un parcours qualificatif sans appel (huit victoires en autant de rencontres), les hommes de Bert van Marwijk terminent avec la meilleure défense de la zone Europe (2 buts encaissés). C’est bien là la grande révolution hollandaise : les résultats ne seront plus sacrifiés sur l’autel du beau jeu. S’il faut fermer pour l’emporter alors on fermera.

Il paraîtrait même que le groupe en aurait fini avec les tensions internes et qu’il ne se sabotera plus jamais tout seul…on demande à voir.

En tout cas si le foutebol hollandais reste aussi efficace et spectaculaire devant, alors qu’il devient solide derrière, il y effectivement de l’espoir pour les coéquipiers de Sneijder.

Danemark : Trois participations à une phase finale de Coupe du monde pour les Danois (1986, 1998 et 2002) et autant de qualifications pour les huitièmes de finale. Difficile de ne pas considérer les Danish Dynamites comme des prétendants sérieux à la seconde place.

Autoritaire durant la phase de qualification (premier de son groupe devant le Portugal et la Suède) le Danemark pratique depuis longtemps un football athlétique et bien organisé. Si le potentiel technique est variable en fonction des sélections, la formation qui se rendra en Afrique du Sud est très rassurante de ce point de vue. Avec la réussite qui fait les bons parcours, les hommes de Morten Olsen peuvent espérer un résultat dans ce tournoi.

 Japon : Pour leur quatrième participation à une phase finale, les Blue Samouraïs arrivent en Afrique du Sud avec un appétit énorme : l’objectif affiché…ce sont les demi-finales…Que dire ? A priori il est complètement inenvisageable de voir le Japon parvenir à ce stade de la compétition. A priori il est d’ailleurs peu probable de le voir sortir de ce groupe E.

Même s’il domine encore la zone Asie (ce qui risque de changer durablement avec l’incorporation de l’Australie…), le Japon pratique un foutebol trop « léger » pour s’opposer efficacement aux grandes nations du ballon rond. Contrairement à ce qui s’était passé en 2002, l’arbitrage local ne viendra pas au secours d’une formation qui ne peut s’appuyer que sur une détermination sans faille…sait-on jamais.

  Cameroun : les Lions indomptables disputeront en Afrique du Sud leur sixième phase finale. Comme toutes les équipes africaines, ils auront à cœur de « faire quelque chose » durant ce premier tournoi mondial organisé sur leur continent. Il faut ajouter à cela une forme de renaissance pour un Cameroun longtemps malmené mais qui à retrouvé le fil de son foutebol depuis l’arrivée à sa tête de Paul Le Guen. Les coéquipiers de Samuel Eto’o ont arraché in extremis leur billet pour la Coupe du monde, ils auront envie de montrer que le Cameroun est toujours le porte drapeau du foutebol africain.

Athlétique et puissante, la sélection camerounaise s’appuie sur des joueurs d’expérience qui connaissent tous le haut niveau. C’est bien assez  pour viser le dernier carré, objectif  avoué des Camerounais.

En conclusion : ce groupe est peut être le plus ouvert de la compétition. La première place semble faire de l’oeuil aux Pays-Bas mais Camerounais et Danois ont également les moyens de s’imposer. Dans un contexte aussi serré, on peut même imaginer que le Japon parvienne à tirer son épingle du jeu en se glissant à la deuxième place.

 GROUPE F

Italie : Champions du monde en titre, les Italiens arrivent sur le continent africain sans affoler la chronique ni vraiment susciter l’enthousiasme des parieurs.

Pourtant la Squadra Azzura est à nos yeux l’un des plus sérieux prétendants à sa propre succession. L’Italie aura sans doute du mal en vue de l’Euro 2012 ou de la Coupe du monde 2014 car, effectivement, elle n’assure pas assez le renouvellement de ses internationaux. Mais aujourd’hui, en 2010, la sélection de Lippi est juste impressionnante de qualité, d’expérience internationale, de maîtrise…toutes ces choses qui, bien plus que la jeunesse, permettent de gagner un trophée majeur. De plus, caricaturer la sélection italienne comme un groupe de vétérans serait réducteur: l’incorporation (insuffisante à long terme) de certains jeunes pemettra à la Nazionale d’apporter la fraicheur nécessaire pour tenir tout au long de la compétition. 

Le jeu Italien sera sobre et efficace, construit sur une des meilleures défenses du monde, un milieu de terrain solide et serein, et une efficacité proverbiale aux avant -postes. 

Comme l’a dit Marcello Lippi : « Aucune équipe n’est supérieure à l’Italie. Je ne veux pas dire que nous sommes meilleurs que tout le monde, mais l’on peut dire que nous ne sommes inférieurs à aucune équipe« . L’Italie se connaît bien, elle connaît bien la Coupe du monde et elle connaît bien ses adversaires.

Avec ces armes, elle peut croire à un doublé.

Paraguay : quatrième participation consécutive pour l’Albirroja qui a réalisé un splendide parcours qualificatif alors qu’elle était confrontée à des adversaires plus que sérieux.

La rigueur défensive est une tradition nationale paraguayenne bien installée mais, cette année, la formation de Gerardo Martino se présente également avec des arguments offensifs capables de mettre à mal les plus solides arrière-gardes : soutenus par Ledesma au milieu de terrain, Roque Santa Cruz et Oscar Cardozo sont deux des joueurs de grand talent que compte l’Albirroja, tout deux capables de faire la différence face à n’importe quel défenseur.

Le Paraguay vise les huitièmes. C’est un minimum.

Nouvelle Zélande : Sortis leaders du groupe de la zone Océanie, les All White (si, si…) reviennent sur la scène mondiale vingt huit ans après leur dernière participation à une phase finale (Espagne 1982). Ils prennent ainsi la place laissée libre par l’Australie qui a été reversée dans la zone Asie. S’ils manquent clairement de « noms », les Kiwis de Ricki Herbert s’appuieront sur une forte solidarité et sur la combativité d’un groupe soudé par son parcours de qualification.

Concrètement les chances de la Nouvelle Zélande sont très minces : les voir sortir des groupes serait une énorme surprise.

 Slovaquie : Dix sept ans après sa naissance en tant que nation autonome, la Slovaquie parvient enfin à se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde. Un moment important pour une nation en pleine construction qui cherche à affirmer son identité.

Vaincus par la seule Slovénie durant le tour de qualification, les joueurs de Vladimír Weiss ont dominé des formations présumées supérieures comme la Pologne ou la République Tchèque. S’ils ne partent pas avec la faveur des pronostiques, il faudra tout de même compter avec ces Slovaques, organisés autour du jeune Marek Hamsik, capables de pratiquer un foutebol plaisant et offensif.

En conclusion…Il ne fait a priori aucun doute que l’Italie terminera en tête de son groupe. La Squadra Azzura est clairement supérieure à tous ses adversaires et elle permet rarement que l’on crée la surprise face à elle. Derrière, on peut attendre une bonne surprise : les trois outsiders de ce groupe ont des raisons de croire en leurs chances, même si le Paraguay semble tenir la corde.

En huitièmes…

Si les deux « gros » de ces groupes assument leurs ambitions et s’adjugent chacun la première place, ils se réserveront du même coup des huitièmes de finale qui semblent relativement accessibles. En revanche, si l’un d’eux ne tient pas la bonne cadence…on peut rêver d’un gros test dès les huitièmes entre l’Italie et les Pays-Bas.