Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de foutebol.

J-13 avant la Coupe du monde. On continue notre petite présentation des participants. Aujourd’hui: les groupes C et D.

GROUPE C

Angleterre : auteur d’un parcours impressionnant durant la phase de qualification (9 victoires en 10 matchs avec 34 buts inscrits), la sélection anglaise arrive en Afrique du Sud avec le statut de prétendant naturel à la victoire finale.

Avec l’Espagne, le Brésil et l’Argentine, les Three Lions de Wayne Rooney sont parmi les favoris des bookmakers. Il faut dire que depuis l’arrivée de Fabio Capello à leur tête, les Anglais ont enfin retrouvé un fond de jeu digne de leur rang : solides défensivement, athlétiques et techniques au milieu de terrain et efficaces offensivement L’Angleterre semble en très bonne position pour accrocher une deuxième étoile à son palmarès…si cette génération dorée parvient enfin à convertir en victoires le talent qu’on lui connaît.

Etats-Unis : si beaucoup ont trouvé les Américains présomptueux dans leurs déclarations, chacun s’accorde à dire qu’il faudra prendre Landon Donovan et ses coéquipiers très au sérieux. Auteurs d’une belle Coupe des Confédérations 2009 (finalistes, vainqueurs de l’Espagne en demi-finale), les Yanks arrivent en Afrique du Sud avec de grandes ambitions et une motivation à toute épreuve.

Les hommes de Bob Bradley, conscients des progrès qu’a accompli leur « soccer » durant ses vingt dernières années, refusent de donner dans la fausse modestie, n’en déplaise aux mastodontes européens qui n’aiment pas voir le cousin américain s’illustrer dans leur chasse-gardée foutebolisitque.

Algérie : Après vingt quatre ans d’absence, l’Algérie retrouve le goût d’une phase finale de Coupe du monde. Oubliés les « épisodes égyptiens » qui ont tristement attiré les feux de l’actualité sur la sélection algérienne durant la CAN et la phase de qualification, on attend avec impatience de revoir le jeu rapide et technique des protégés de Rabah Saâdane.

Le sélectionneur des Fennecs a bâti une équipe jeune et audacieuse qui compte quelques bonnes individualités. Portée par un vécu de groupe qui a forgé un vrai collectif, la formation algérienne entend bien créer la surprise en s’adjugeant une deuxième place qui semble promise aux Etats-Unis.

Slovénie : il faut bien avouer que l’équipe de Matjaz Kek ne part pas franchement avec la faveur des pronostics. Il ne faudra pourtant pas négliger cette jeune nation qui participe pour la deuxième fois de son histoire à une phase finale de Coupe du monde. La force collective qui s’est dégagée de cette équipe durant les qualifications a, en effet, de quoi donner de l’espoir au coéquipier de Milivoje Novakovic : avec seulement 4 buts encaissés, la Slovénie possède la deuxième meilleure défense de la zone Europe, juste derrière les Pays-Bas. Sans doute par obligation, mais avec talent et détermination, la formation slovène pratique un catenaccio peu réjouissant mais efficace. Assurément une bonne arme pour faire déjouer ses adversaires.

En conclusion…ce groupe C apparaît comme celui de la question collective : tandis que l’ogre anglais savoure les vertus de la solidarité, ses adversaires se présentent avec l’envie et la force de groupes soudés, habitués à travailler pour le collectif et conscients que la solution individuelle n’est qu’anecdotique…de jolis matchs de foutebol en perspective avec sans doute un engagement important de chaque côté.

GROUPE D

Allemagne : Triple vainqueur de l’épreuve, habituée du dernier carré des grandes compétitions internationales l’Allemagne fait parti des grandes nations du foutebol mondial. Les joueurs de Joachim Löw assument d’ailleurs ce statut sans trembler puisqu’ils annoncent clairement qu’ils viennent en Afrique du Sud pour conquérir le titre.

Les signes ne semblent pourtant pas tous favorables à la Mannschaft : après le forfait du gardien de but René Adler, c’est l’emblématique Michael Ballack, capitaine et meneur de jeu de cette formation, qui a dû renoncer pour blessure. Sans ces deux hommes l’Allemagne semble diminuée mais l’enterrer tout de suite serait une erreur : Schweinsteiger, Lahm, Podolski et leurs coéquipiers sont parfaitement capables de compenser ces absences et de trouver dans l’adversité une source de motivation supplémentaire.

Ghana : pour les Black Stars l’objectif est clair : gagner la Coupe du monde ! C’est en tout cas ce qu’a annoncé le président de la fédération ghanéenne de foutebol.

A priori on doit bien avouer que cette idée peut prêter à sourire : face aux poids lourds que sont l’Espagne, le Brésil, l’Angleterre, l’Argentine ou même l’Italie, il semble peu probable que le Ghana parvienne à s’imposer.

Pourtant on sent bien que ce rêve fou a quelque chose de possible : finaliste malheureux de la dernière CAN, les Ghanéens pratiquent un foutebol à la fois physique et technique, un jeu spectaculaire qui, en 2002, leur avait permis de se hisser en huitième de finale…une belle performance pour une première participation à une phase finale.

Poussés par un public forcément plus africain que sud-américain ou européen, les coéquipiers de Mickael Essien (forfait), seront peut être capables d’élever suffisamment leur niveau de jeu pour bousculer la hiérarchie.

Australie : deuxième participation consécutive à la phase finale pour les « Socceroos » de Pim Verbeek, le disciple hollandais de Guus Hiddink. Après avoir fini largement en tête des qualifications dans le groupe de la zone Asie, l’Australie arrive en Afrique du Sud avec le sentiment que tout est possible. Les joueurs australiens sont athlétiques et combatifs. Organisés autours d’une discpline de jeu « à la hollandaise », ils peuvent espérer contrarier les plans de leurs adversaires et sortir d’un groupe dans lequel ils prétendent ne craindre personne.

Serbie : la Serbie devrait être l’équipe la plus faible de ce groupe D. Jeune nation qui ne bénéficie que d’un petit nombre de licenciés, elle est sensée s’estimer heureuse de participer, pour la première fois de son histoire, à une phase finale de Coupe du monde.

Pourtant si l’on y regarde de plus près…Zigic, Stankovic, Vidic, Pantelic…On peut facilement comprendre pourquoi cette formation a terminé en tête de son groupe de qualification, devant la France et après avoir corrigé la Roumanie (5-0) dans le match qui lui assurait sa participation à la phase finale.

La France ne sera peut être pas le seul « grand » à tomber de haut face à ce « petit »

En conclusion : sans parler de « groupe de la mort», on peut affirmer que le groupe D est très compliqué. Si l’Allemagne part favorite, ses trois poursuivants peuvent légitimement prétendre à la seconde place. Avec une telle opposition il faudra que la Mannschaft réussisse son entrée sous peine de se retrouver rapidement en difficulté.

En huitièmes…

Comme vous le savez maintenant, les équipes issues de ces deux groupes sont appelées à se rencontrer : premier du groupe C contre second du groupe D et second du groupe C contre premier du groupe D.

L’Angleterre face au Ghana ou à l’Allemagne…à ne pas rater !

Allé bon vent! Et bon foute!