Comme tout le monde le sait, la Coupe du monde de hockey se déroule en ce moment en Allemagne. Bon, alors peut-être bien que je vous l’apprends à l’instant… Mais cette Coupe est bien étouffée par plusieurs choses. D’abord, elle a lieu chaque année, ce qui enlève un peu de sa splendeur. Ensuite, elle se déroule en même temps que la Stanley Cup, le grand sacre de NHL. Et finalement, cette édition, manque de chance pour les amoureux de la glace, précède de moins d’un mois le début de la grande messe du football qui semble attirer tout l’attention des médias.

Mais nous n’en sommes toujours pas arrivés au sujet, aujourd’hui, la Suisse a subi son premier revers depuis le début de la Coupe du monde. Alors si vous vous demandez en quoi cela est important, ben ça l’est en tout cas pour moi, mais il parait que ça se soigne et que je ne suis pas le seul concerné. Mais ce qui m’intéresse c’est aussi ce qu’il y a autour de cette équipe de Suisse et pourquoi elle mérite, à mon avis, un peu d’attention.

Le hockey, tout comme le rugby (à 15), est un sport dont la répartition géographique m’échappe totalement. Alors que le football semble être bien réparti sur la planète – malgré des Coupes du monde remportées soit par l’Europe soit par l’Amérique du Sud – le hockey et le rugby ne rentrent pas dans de pareilles contraintes.

Si l’on regarde les grandes nations du rugby, on trouve la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre, l’Australie et l’Afrique du Sud, déjà 3 continents. Après il y a une partie qui suit et qui peut prétendre à des titres : la France (c’est ma vision même si beaucoup la voient dans le groupe de tête), l’Irlande, l’Ecosse et le Pays-de-Galles. Et pour finir, il y a les outsiders : Argentine, Japon et les minuscules, mais surprenantes, petites nations du Pacifique : Samoa, Fidjii ou Tonga. Toutes ne sont pas citées bien sûr, mais on parle de hockey à la base, alors je me m’attarde pas sur le rugby, c’est juste une illustration de la répartition par spot.

Le monde du hockey quant à lui est majoritairement réparti sur 2 continents, l’Europe et l’Amérique du Nord. En règle général l’hémisphère Sud est quasiment inexistant, la meilleure nation à l’IIHF est l’Australie, 33e sur 48 classées. Mais pourquoi parler de spot alors ? Et c’est là que j’en reviens à nos moutons. La Suisse pointe actuellement au 7e rang mondial, plutôt surprenant pour un pays de 7 millions d’habitants ! Ce petit OVNI des patinoires se classe juste derrière les USA, éh oui, cette grande nation du hockey que tout le monde connait et qui compte 306 millions d’habitants se classe juste devant la petite Suisse ! Mais là où les Helvètes ressemblent à des Robinson Crusoe, c’est lorsque l’on regarde les pays alentours : Allemagne – 10e (82 millions d’habitants), Italie – 14e (60 millions d’habitants), Autriche – 16e (8 millions d’habitants), France – 18e (65 millions d’habitants). Il devient difficile de dire que la Suisse possède une culture du hockey, car on ne peut pas expliquer pourquoi elle s’arrête aux frontières ! Alors pourquoi plus la Suisse qu’un autre pays ?

Bref, enfin, si je puis dire… On va peut-être commencer à attaquer le sujet là ! Dans l’ordre, depuis le début de la Coupe du monde, la Suisse a battu la Lettonie (11e mondial) 3-1, l’Italie (14e) 3-0, le Canada (1er) 4-1 et la République tchèque (5e) 3-2. Ca faisait deux matches remportés et deux exploits réalisés, le Canada et la République tchèque sont réputés très difficiles, comme la Russie (2e), la Suède (3e) et la Finlande (4e). Il faut savoir qu’au hockey il y a un vrai monde de différence entre les meilleures équipes et les poursuivants, un peu comme au rugby, mais quelque chose que l’on ne trouve plus vraiment dans le football, ou en tout cas pas autant marqué, combien d’équipes peuvent prétendre à un titre ? Donc je vous épargne les détails, tout le monde se demandait ce qui pourrait bien arrêter la Suisse qui était sur son petit nuage et qui avait vaincu le champion olympique de cette année !

La réponse est malheureusement tombée ce soir, le vainqueur de la Suisse est la Norvège (12e). L’équipe scandinave qui va le plus mal du moment (défaite 12-1 contre le Canada et 5-0 contre la Lettonie, deux équipes battues par la Suisse) a réussi à battre les Helvètes 3-2, cette même équipe nordique que la Suisse avait battue à deux reprises 15 jours avant en matches d’entrainement. Alors si les Helvètes savent s’imposer contre les plus grands, ils peinent à confirmer contre les moyens, bien triste constat.

Évidemment on en vient à se demander de quoi cela peut-il bien venir. Je vois plusieurs explications, d’abord, la Norvège, sur une très mauvaise lancée, à voulu sauver l’honneur bien qu’elle sache déjà qu’elle ne passerait pas en quarts de finale. Ensuite, faute à la Suisse ! Fatiguée ou forte d’une qualification certaine pour le prochain tour, elle a levé le pied et doit en subir les conséquences.

Bon ou mauvais calcul ? Je ne saurais dire. Demain, la Suisse affronte la fameuse Suède. Dans le système des poules, en cas de défaite elle perd des places et doit donc affronter un adversaire plus fort de l’autre groupe, probablement les terrible Russes ou Finlandais. Un quart de final qui pourrait bien être fatal à cette équipe Suisse éternelle 8e des Coupes du monde alors qu’avant cette défaite incompréhensible contre la Norvège tout le monde se permettait de rêver. Et si ce premier pays Scandinave était l’annonce d’une chaîne de trois défaites contre encore la Suède et la Finlande ? Alors le berceau du hockey aurait bien rappelé, uni comme jamais, que l’OVNI reste une île loin au large, perdue dans un monde qui n’appartient pas à la glace.