Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de foutebol…

Voila qui est fait! Les derniers championnats européens ont rendu leurs verdicts ce week end. Un petit tour d’horizon pour clôre la saison et commencer la semaine!

Italie : l’Inter toujours au sommet.

L’Italie a pu assister hier au triomphe de l’Inter de Milan. Pour la 18° fois, dont 5 consécutives, la formation lombarde s’est adjugé le scudetto.

Les joueurs de José Mourinho ont mené la course de bout en bout sur l’ensemble de la saison, ne cédant que deux fois une première place acquise dès la 5° journée. Seule l’AS Roma aura semblé, un temps, en mesure de perturber les Nerazzurri, mais les coéquipiers de Francesco Totti ont laissé passer leur chance lors de la 34° journée en se laissant reprendre par l’Inter qu’ils avaient doublé à la 33°. On n’a pas deux fois l’occasion de dépasser José Mourinho, voilà la leçon qu’il faudra retenir.

Car, une semaine plus tôt, les interistes s’étaient déjà offert un titre en remportant la coupe d’Italie face…à la Roma. Un feuilleton qui aura donc duré toute la saison mais dont le personnage principal reste définitivement l’Inter.

Interviewé à la suite de la victoire des siens, le président Moratti a savouré ce cinquième titre consécutif tout en rappelant que la saison n’était pas terminée: l’Inter a en effet rendez vous avec le Bayern de Munich  le 22 mai prochain à Madrid, pour y disputer la finale de la Ligue des Champions…le rêve d’un triplé historique n’est plus qu’à un match de l’Inter.

Au chapitre des déçus, on retrouve sûrement les supporters du Milan AC. Les Rossoneri rendent une bien pâle copie: éliminé précocement de toutes les coupes nationales et de la Ligue des Champions, les joueurs de Léonardo (remercié dimanche…) terminent tristement troisième de Série A sans jamais avoir vraiment pensé pouvoir faire mieux.

L’essentiel est sauf puisque le club de Silvio Berlusconi pourra participer à la C1 l’année prochaine, mais on doute que ce monstre européen se satisfasse longtemps de saisons blanches et éprouvantes comme celle-ci.

Car il est bon de rappeler que le Milan AC n’a pas toujours été assuré d’une qualification pour la Ligue des Champions : longtemps talonné par la Sampdoria de Gènes, il ne doit sa relative tranquillité qu’à une série particulièrement noire pour le club génois (3 points en 6 matchs) juste avant la trêve. Sans ce trou d’air, la lutte pour la troisième place aurait sûrement était plus serrée et il est difficile de savoir comment auraient réagi les milanistes.

Quoi qu’il en soit la Samp de Pazzini (19 buts cette saison) finit à la quatrième place et c’est donc elle qui devra franchir l’obstacle du tour préliminaire.

Les qualifiés Italiens pour la C3 ont, quant à eux, tous connus une saison chaotique. Palerme fut plus constante dans les places européennes. Les Siciliens ont intégré le « grupetto » de haut de tableau lors de la 20° journée pour ne plus jamais le quitter.

Le Napoli aura, de son côté, dû batailler tout au long de la saison. Ce n’est que lors du sprint final que les coéquipiers de Fabio Quagliarella parviendront à arracher leur billet qualificatif pour l’Europe.

La Juventus de Turin occupe la septième et dernière place européenne. Au terme d’une saison morose la « Vieille Dame » obtient des résultats peu habituels. Aucun trophée, une prestation européenne médiocre et un classement en championnat à peine suffisant pour espérer un redressement l’année prochaine. Le remplacement de Ciro Ferrara par Alberto Zaccheroni en janvier n’y changera rien, la Juve a vécu une année noire. Luigi Del Neri, l’actuel entraineur de la Sampdoria, est à présent attendu du coté de Turin.

Espagne : Visca Braça!

Comme bien souvent, la Liga a été dominée de la tête et des épaules par les deux géants nationaux : le FC Barcelone et le Real Madrid.

Au terme d’une course poursuite endiablée ce sont les Catalans qui décrochent le 20° titre du club, le deuxième en deux ans.

Sur les T-shirt imprimés pour célébrer l’évènement on pouvait lire « Ne pensez pas à la saison, pensez à l’Histoire ! ». L’équipe de Pep Guardiola signe en effet une saison historique en établissant un record européen : 99 points engrangés en l’espace d’une saison avec, notamment, une seule défaite dans la saison (2-1 à Madrid, contre l’Athlético) et un bilan à domicile époustouflant de 18 victoires et 1 nul !

Vainqueur de ses deux confrontations face au Real de Madrid, Barcelone a survolé la Liga et éclaboussé toute l’Europe de sa classe. Un Messi déchainé (34 buts en championnat !), Pedro et Bojan en pleine explosion, Iniesta et Xavi toujours intouchables…difficile de ne pas apprécier le spectacle proposé.

Un collectif qui prime sur les individualités. Des joueurs de génie capables de renverser la partie à tout moment. Un centre de formation qui n’en finit plus de faire éclore de nouveaux talents… Les blaugranas n’ont vraisemblablement pas fini de nous faire rêver !

La performance des Catalans est tellement exceptionnelle qu’elle nous en ferait presque oublier les résultats pourtant spectaculaires du grand rival madrilène.

Seconds avec 96 points, les joueurs de la capitale espagnole auraient été, avec un tel score, largement vainqueurs dans n’importe quel autre championnat. Emmenés par Cristiano Ronaldo et Gonzalo Higuain (53 buts à eux deux !), les merengues auront cru jusqu’au bout à un faux pas du leader. Difficile d’expliquer cette deuxième place autrement que par les performances du Barça…pour un tel champion il fallait un dauphin exceptionnel…bien malgré eux, ce sont les madrilènes qui ont endossé ce rôle.

Le reste de l’Espagne n’a pu garder espoir de suivre ce duo flamboyant que jusqu’à la moitié du championnat. Au soir de la 20° journée l’écart entre le Real, second, et le FC Valence troisième passait de 5 à 8 points. Jamais plus les coéquipiers de David Villa ne reverraient l’espoir de faire mieux que la troisième place.

Finalement les Valenciens termineront l’année à 28 points du champion ! Directement qualifiés pour la Ligue des Champions au terme d’une année durant laquelle Villa se sera encore illustré (21 buts), les joueurs de Unai Emery ont peut être donné un peu d’oxygène à un club dont on sait qu’il est à l’agonie financièrement.

Autre valeur sûre de la Liga, autre formation qualifiée pour la C1, le FC Séville clot une saison régulière mais assez fade. N’obtenant sa quatrième place qu’à la 36° journée, la formation andalouse devra valider son billet lors d’un tour préliminaire avant de pouvoir goûter à nouveau à la Ligue des Champions.

5° et 6°, Majorque et Getafe ferment le wagon européen de la Liga 2010. Deux formations que l’on n’attendait pas à ce niveau en début de saison. Souhaitons qu’elles soient capables, la saison prochaine, de se battre sur tous les fronts.

France : l’OM enfin !

Souvent perçue comme le plus faible et le moins spectaculaire des cinq grands championnats européens, la Ligue 1 aura réservé cette année de nombreuses surprises à ceux qui la suivent.

La première de ces surprises réside tout simplement dans le sacre de l’Olympique de Marseille, assuré d’être champion depuis la 36° journée.

Non contents de s’adjuger la première place en championnat, les Olympiens remportent également la Coupe de la Ligue, signant ainsi un doublé historique puisque Marseille n’avait plus remporté le moindre trophée depuis 17 ans !

Pour sa première année au club en tant qu’entraîneur, Didier Deschamps aura su tirer le maximum d’un effectif de grande qualité qui compte notamment le meilleur buteur (Mamadou Niang) et le  meilleur passeur (Lucho Gonzalez)  du championnat. La passion marseillaise est cette année justement récompensée.

La deuxième place de Lyon est une double surprise. Obtenue seulement au soir de la 38° journée elle constitue le meilleur classement de cette saison pour les hommes de Claude Puel. L’équipe a su accélérer en fin d’exercice pour sauver une saison bien laborieuse.

La surprise, c’est aussi de constater qu’après l’avoir cédé l’an passé à Bordeaux, l’Olympique lyonnais n’a pas été capable de reprendre son titre de champion. La suprématie absolue de Lyon appartient donc au passé. Le club doit à présent se battre tous les ans pour obtenir une place sur le podium, synonyme de qualification pour la Ligue des Champions (et d’obtention des revenus qui y sont attachés).

La troisième place, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions, est occupée par l’A.J Auxerre. Les Bourguignons n’étaient attendus par personne à cette place. Après un début de championnat rendu compliqué par les blessures, ils ont pourtant su s’appuyer sur leurs points forts pour faire déjouer, et piéger en contre tous leurs adversaires.

Bien que la question de leur capacité à bien figurer en C1 soit sur toutes les lèvres, les joueurs de Jean Fernandez ont décroché, sans contestation possible, le droit de défendre leurs chances au sein de la plus prestigieuse compétition européenne.

Lille est Montpellier ferment la marche des qualifiés pour l’Europe.

Les Nordistes auront une vraie carte à jouer l’année prochaine en Europa League s’ils parviennent à conserver leurs meilleurs éléments. Equipe la plus offensive du championnat, le LOSC a pratiqué un foutebol dynamique et plaisant. Sans aucun doute le meilleur fond de jeu en France cette année. Les Lillois auront cependant marqué le pas au démarrage et manqué de constance dans leurs résultats: une défaite cruelle mais significative lors de la dernière journée leur coûte la Ligue des Champions.

Du côté de Montpellier la fête est totale: le promu termine cinquième et décroche une qualification européenne qu’il n’osait même pas imaginer en début de saison. Placée sur le podium durant toute l’année, la formation héraultaise marquera un peu le pas en fin d’exercice mais achève tout de même l’année de sa remontée devant le champion sortant.

Car la dernière surprise que nous a réservée ce championnat c’est le naufrage de Bordeaux, champion sortant. Flamboyante en première partie de saison, l’équipe de Laurent Blanc s’est complètement effondrée à partir de janvier. Premiers avec 8 points d’avance en milieu de saison, les Girondins terminent 6° à 14 points du leader marseillais et sans le moindre billet européen pour la saison prochaine. La reconstruction risque d’être difficile dans ces conditions d’autant que les départs de certains cadres sont déjà officiels.

Voilà pour vous! En deux actes vous savez tout ce qu’il faut retenir de cette saison foutebolistique. A présent on passe à la préparation de la Coupe du Monde et, croyez moi, on ne va pas s’ennuyer!

Allé, bon vent!…et bon foute!