Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler foutebol…

Nous arrivons au terme de la saison foutebolistique. Nous vous proposons donc de faire le point sur les cinq grands championnats européens. Aujourd’hui: Bundesliga allemande et Premier League anglaise. Tour d’horizon, bilan, résumé.

Le Roi vit toujours en Bavière.

La nouvelle n’est pas vraiment une surprise: le Bayern reprend finalement son dû après l’avoir prêté, l’espace d’une saison, à Wolfsburg, lequel n’aura d’ailleurs pas vraiment tenu son rang de champion sortant. Il est devenu coutume en Bavière de ne remporter le Schale qu’une année sur deux et de laisser, le reste du temps, une chance aux autres formations de Bundesliga.

Cette année sera donc une année Bayern ! Car au-delà même de ce 22° titre national, il se pourrait bien que cette saison soit celle d’une réussite comme le club munichois n’en avait plus connu depuis bien longtemps. L’équipe de Louis Van Gaal, si souvent critiquée en début de saison, est en effet encore en course pour un triplé historique : Championnat, Coupe, Ligue des Champions….rien que ça.

En championnat la prime aura finalement était à la régularité : avec une moyenne constante de 2 points gagnés par match, le Bayern a mené de main de maître une saison déjà réussie. Longtemps privé de Robben et Ribéry si importants dans le plan de jeu munichois, Van Gaal a su, sans ailes, se sortir de toutes les difficultés qu’il aura rencontrées.

Depuis le retour en forme de ses cadres, le Bayern hausse son niveau de jeu, emmagasine de la confiance et se prend à rêver de triomphe européen le 22 mai prochain à Madrid. Sur sa route il y a encore le redoutable Inter de José Mourinho (également en course pour le triplé Championnat, Coupe, Ligue des champions!), mais personne n’oserait plus, comme c’était encore le cas il y a peu, se moquer des ambitions allemandes.

Quoi qu’il en soit le Bayern a d’ores et déjà réussi une grande saison et la force collective qui se dégage de ce groupe ne peut laisser entrevoir que le meilleur pour la saison prochaine.

A la deuxième place on retrouve Schalke04, suivi de près par le Werder de Brême. Ces deux formations clôturent une saison très régulière en termes de résultats. Schalke est récompensé de sa constance (ils n’ont quitté la zone européenne du classement qu’une seule fois dans l’année !) par l’obtention de la seconde place directement qualificative pour la Ligue des Champions tandis que le Werder devra passer l’épreuve d’un tour préliminaire. Les joueurs de Brême se consoleront peut être le week-end prochain lors de la finale de la coupe d’Allemagne qui les opposera…au Bayern de Munich.

Le grand perdant de cette saison est sans nul doute le Bayer Leverkusen qui, en huit  journées de championnat, sera passé de la première place qu’il occupait depuis quatre mois, à une quatrième place, simplement qualificative pour la League Europa. Leader de la 8° à la 23° journée, le Bayer avait sans doute eu le temps d’imaginer une autre fin de saison mais un sprint final qui ne rapporte que 11 points sur 36 possibles ne vous permet que rarement de conserver la place et les espoirs que vous aviez au départ.

Le Borussia Dortmund et Stuttgart ferment la marche des qualifiés pour la C3. On notera au passage que la sixième place qu’occupe Stuttgart devient qualificative pour l’Europe du fait que la finale de la coupe d’Allemagne est « squattée » par les qualifiés-C1 qui, décidément, ne se lassent pas de prendre toutes les places intéressantes.

A titre indicatif, on soulignera seulement que, hormis le champion (et les veinards de Stuttgart), aucun des clubs allemands ayant participé à une coupe d’Europe cette année n’a été capable de se maintenir en haut du championnat. L’exemple le plus flagrant de cette incapacité à se battre sur tous les tableaux est sans doute Hambourg : demi-finaliste malheureux de la C3, le club se retrouve finalement 7° en championnat et sans autre trophée que la charge d’accueillir dans son stade…la finale de C3 entre l’Athletico Madrid et Fulham (aïe ! ça doit piquer !).

Simple coïncidence ou révélateur des limites qualitatives et quantitatives de certains effectifs…sans passer par un test Khi², la question mérite d’être posée.

On passera enfin plus vite sur le bas du classement (comme toujours !) en se contentant de signaler que Bochum (17°) et le Herta Berlin (18°) peuvent dire adieu à l’élite. Pendant un an ils vont pouvoir redécouvrir les joies des voyages en bus sur les chemin de la Rhur, du jambon-beurre partagé entre copains sur une aire d’autoroute et des stades de 7200 spectateurs que le comité des fêtes local ne parvient jamais à remplir en dehors de la fête de la bière. Mais que Nuremberg ne se moque pas trop de ceux qui pourraient encore être ses camarades d’infortune ! Le 16° de la Bundesliga 1 devra en effet jouer un match de barrage contre Augsburg, 3° de Bundesliga 2. Ces matchs couperets sont une particularité du championnat allemand et nous promettent deux rencontres (14 et 16 mai) apaisées, animées d’un esprit fair-play et de respect de l’adversaire. Vraisemblablement un spectacle de grande qualité que tous les amoureux du ballon rond auront à cœur de regarder !

Au terme de ce grand moment de poésie nous connaîtrons donc le troisième « promu », celui qui accompagnera Kaiserslautern et Saint Pauli dans le top 18 allemand avec pour objectif principal de ne pas refaire le voyage dans l’autre sens dès la saison prochaine…

Chelsea…évidemment.

Réputée championnat le plus spectaculaire, la Premier League aura, une fois encore, tenu toute ses promesses. Un chiffre, parmi d’autres, permet de prendre la mesure du spectacle proposé : en 38 journées de championnat, 1052 buts auront été inscrits cette année sur les terrains anglais ! Une moyenne de 2.77 buts par match de championnat…voilà qui a de quoi faire rêver bien des dirigeants de ligue et bien des annonceurs.

Dans ce déluge de but, il faut remarquer la part considérable qui revient au champion : Chelsea, qui a inscrit 103 buts, bat le record établi par Manchester United en 2000 avec 97 buts. Meilleure attaque du championnat, Chelsea ne compte pas moins de 4 joueurs dans les 15 meilleurs buteurs (Drogba, Lampard, Malouda, Anelka). L’inévitable Didier Drogba réalise sans doute sa meilleure saison outre-manche et occupe la première place avec 29 réalisations.

Il faut donc admettre qu’on peut avoir un entraîneur italien sans pour autant pratiquer le catenaccio de l’Inter d’Herrera des années 60. Car, cette saison, aucune formation n’aura su, autant que les Blues de Carlo Ancelotti, faire voler en éclat les défenses adverses : dernièrement Stoke City (7-0) et Wigan (8-0) en ont fait les frais, mais il ne faudrait pas croire que la domination de Chelsea s’arrête aux seconds couteaux du championnat: Arsenal et Aston Villa, pourtant bien classés cette année, peuvent en témoigner !

Il serait cependant réducteur de ramener la domination des Blues à leur seule puissance offensive. Deuxième meilleure défense du championnat avec seulement 32 but encaissés (sur 1052 inscrits, rappelons le), l’arrière-garde londonienne n’a pas à rougir de sa performance et n’est devancée que par celle de Manchester United.

Partant de là, il est vrai que le sacre de Chelsea sur sa pelouse de Standford Bridge n’est pas vraiment une surprise.

Pourtant le suspense est resté intact jusqu’à la dernière journée. En tête du championnat avec seulement 1 point d’avance sur leur poursuivant, Manchester United, les Blues ont vécu une fin de saison éprouvante durant laquelle chaque erreur pouvait mettre en jeu la victoire finale.

Les Red Devils, eux, ont passé l’année en embuscade sans jamais être à même de faire la différence.

Souvent séduisante dans le jeu, l’équipe d’Alex Ferguson a sans doute payé de la perte du titre  le départ non compensé de Cristiano Ronaldo. Si une addition de talents individuels ne suffit pas toujours à gagner, les mancuniens ont pu constater que l’envie, la fougue et l’esprit d’équipe ne pouvaient pas non plus toujours compenser la perte d’individualités exceptionnelles. L’arrivée de Valencia, l’explosion de Nani et la rage des vieux grognards de Ferguson (Giggs, Scholes) n’auront pas suffit à remplacer le génie du joueur le plus cher du monde.

Il semble finalement que le seul qui ait tiré profit de ce départ soit Wayne Rooney : beaucoup plus libre à la pointe de l’attaque mancunienne, il signe, malgré une fin de saison gâchée par les blessures, 26 réalisations sur l’ensemble de l’exercice.

Même si la déception était grande hier chez les supporters, Manchester termine donc sa saison avec un bilan plus que correct : en plus d’avoir remporté de la Carling Cup face à Aston Villa, United parvient à conserver une seconde place directement qualificative pour la C1, ce qui n’est finalement pas si mal quand on connaît les changements intervenus dans l’effectif et le niveau des adversaires rencontrés en Première League cette année.

A la troisième place, quelque peu détachés, on retrouve les « Kids » d’Arsenal qui s’offrent un billet directement qualificatif pour la prochaine Ligue des Champions. Après s’être mêlés à la lutte pour le titre jusqu’au deux tiers de la saison, les gunners se sont fait distancer par un duo de tête qui a su imprimer à la compétition un rythme bien supérieur à celui que pouvait suivre Arsenal.

Un temps isolé à la troisième place, les joueurs de Wenger auront ensuite dû cravacher jusqu’au bout pour finalement éviter un retour de Tottenham et assurer une qualification en Ligue des Champions qui devient une habitude pour le club londonien.

Les Hotspurs de Tottenham réussissent quant à eux le pari que s’étaient fixé leurs dirigeants en début de saison : accéder à la ligue des Champions.  Même s’il leur faudra franchir l’obstacle du tour préliminaire, la qualité de l’effectif et la capacité de cette équipe à mettre les autres « gros » en difficulté permet d’imaginer une issue favorable. Un sort que doivent envier les Cityzens de Manchester qui, eux aussi, s’étaient fixé l’accession à la Ligue des Champions comme objectif principal et qui devront se contenter de la Ligue Europa. Le recrutement clinquant effectué à l’intersaison grâce à l’argent de l’émir d’Abu Dhabi, nouveau propriétaire du club, n’aura pas suffi à ravir la quatrième place.

Au chapitre des déceptions, c’est pourtant sans doute Liverpool qui arrive en tête. Les Reds ne se sont jamais immiscés dans la lutte pour le titre et ils terminent à la 7° place avec le triste total de  63 points, soit 23 de retard sur le champion ! Communs dans le jeu et trop irréguliers dans l’engagement, les joueurs de Rafael Bénitez n’ont pas su faire face aux départs de Xabi Alonso et de Mascherano. Liverpool n’a pas réussi à se renouveler cette année, s’appuyant trop souvent sur Gerrard et Torres qui n’ont pas été assez grands pour tenir l’équipe à eux seuls.

Les problèmes financiers du club, étalés au grand jour depuis plusieurs semaines, et l’incertitude quant à l’avenir du coach espagnol n’ont sûrement pas aidé l’équipe à évoluer sereinement mais ne sauraient être présentés comme les explications exclusives de cette faillite collective. Il est urgent pour Liverpool de se reconstruire mais on se demande sur quelles bases travaillera le nouveau propriétaire du club.

Dernier qualifié pour la C3, Aston Villa est sans doute le seul club du top 10 à se contenter de son sort. L’équipe de Martin O’Neill n’était pas vraiment attendue à ce niveau en début de saison mais c’est elle qui s’adjuge finalement la seule place que le nouveau « Big 6 » aura bien voulu laisser.

Dans le bas du classement, au chapitre de ceux qui vont ressentir la douce sensation de la régression et de la diminution de la masse salariale, on citera, dans l’ordre de chute : Portsmouth (qui s’est vu infligé une pénalité de neuf points du fait de son placement en redressement judiciaire…et oui, on ne prête qu’aux riches!), Burnley et Hull City. Notons que, avec ou sans pénalité, Portsmouth est bon dernier de Premier League cette année.

Ces trois formations seront remplacées la saison prochaine par Newcastlle, West Bromwich Albion et un troisième promu qui sera quant à lui désigné à la suite d’un mini play-off  organisé entre Nottingham Forest, Leicester, Cardiff et Blackpool (rien que du beau monde dites moi !). Encore des rencontres qui nous promettent autant de finesse et de football-champagne que le match de barrage en Allemagne. Une chance pour nous cependant : ces rencontres n’étant pas programmées en même temps, nous pourrons toutes les regarder !

On se donne rendez vous lundi prochain pour les bilans italien, espagnol et français.

En attendant, bon vent et bon foute !