C’est avec un immense pincement au cœur que j’écris cet article. Cela fait en effet aujourd’hui 16ans que Ayrton Senna nous a quitté.

Ayrton Senna da Silva, étais un des plus grand (si ce n’est le plus grand) pilote de formule 1 de toute l’histoire. Pour commémorer ce jour, je vous propose de vous raconter un bout de son histoire afin de remémorer à certains ou faire connaître a d’autres ce grand homme surnommé « Magic ».

A. Senna, né le 21 mars 1960 à São Paulo (Brésil), rentre très tôt dans le monde des sports mécaniques en participant aux courses de karting. En 1977, à l’age de 17ans, il devient Champion d’Amérique du Sud. En ’78 ainsi que l’année suivante, il est vice-champion du monde de la discipline.

Il quitte sa famille et son entourage en 1981 à l’age de 21ans pour partir en Angleterre afin d’essayer de lancer sa carrière. Au Royaume-Uni, Ayrton n’aura pas attendu très longtemps avant de se forger une réputation dans le milieu de l’automobile:

  • 1981: Champion de Formule Ford 1600 britannique.
  • 1982: Champion de Formule Ford 2000 (britannique et européenne)
  • 1983: Champion du très relevé Championnat de Grande-Bretagne de Formule 3.

Il se fait vite remarquer par certaines écuries de Formule 1. En cours de saison Formule 3 de 1983, il est invité à un test par l’écurie Williams. Quelques temps plus tard, McLaren et Brabham font également passer des tests à Senna mais ces deux équipes ne lui proposent finalement pas de place pour le Championnat du monde de Formule 1 1984.C’est donc dans la petite équipe Toleman que Senna effectue ses premier tours de roues en GP F1.

Il inscrit son premier point dès la 2ème course de sa carrière en terminant 6ème du Grand Prix d’Afrique du Sud. Pour la 6ème course de la saison (5ème départ pour Senna), au Grand Prix de Monaco 1984, alors qu’une grosse tempête se lève sur la ville et met en échec la plupart des pilotes, Senna s’en sort extrêmement bien. En effet il est parti 13ème sur la grille de départ mais est remonté en 1ère place au moment où la course est interrompue avant avant la fin pour des raison de sécurité. Conformément au règlement, la victoire est attribuée à Alain Prost, leader de l’épreuve un tour avant l’interruption.

Cette grosse performance, ainsi que sa 10ème place au terme du championnat du monde (avec 13 points) lui permet de gagner sa place au sein de l’écurie Lotus-Renault.

Chez Lotus, grande écurie à l’époque (en tout cas bien supérieure à Toleman), Senna montre tout de suite de quoi il est capable en remportant le GP du Portugal, disputé le 21 avril 1985 sous un déluge. Pilotant une Lotus 97T avec moteur Renault 6 cylindres en V turbo-compressé affichant la phénoménale puissance de 810 ch à 11 500 tr/min pour une cylindrée de 1 494 cm3, Senna s’attribue 7 pôle positions lors de la saison F1 de 1985. On ne tardera pas à le comparer au défunt Jim Clark, double champion du monde de Formule 1.

En 1986, il décroche 8 pôle positions ainsi que 2 victoires et termine 4ème du championnat du monde avec 55 points derrière Alain Prost, Nigel Mansell et Nelson Piquet.

En 1987, Renault se retire obligeant ainsi Lotus à trouver un autre motoriste. Leur choix se porte finalement sur Honda et change au passage de sponsor. La robe jaune avec les sponsors Camel, est remplacée par une robe noire sponsorisée en grande partie par JPS: John Player Special (Au passage la pub pour le tabac a été interdite sur tout les voitures F1 [ainsi que tout les autres sports] depuis le 1er Août 2005. En effet, petit a petit, la plupart des Pays où se déroulent les Grand Prix ont signé la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac de l’Organisation Mondiale de la Santé)

Cette année là, Senna terminera 3ème du championnat, perdant la place de vice-champion à l’issue du dernier grand prix où, second sous le drapeau à damier, il est disqualifié pour freins non conformes.

En 1988, Ayrton arrive en même temps que Honda au sein de l’écurie McLaren. Ce transfert marque le début de sa grande rivalité avec son nouveau coéquipier, Alain Prost.

Seuls les onze meilleurs résultats comptent pour l’attribution du titre de Champion du monde afin d’inciter les pilotes à chercher la victoire sans pénaliser outre mesure les casses mécaniques. Senna compte 8 victoires et 3 secondes places contre 7 victoires et 4 secondes places pour Prost, ce qui lui permet de remporter son premier titre mondial. Le brésilien décroche le titre à Suzuka au Japon, lors de l’avant-dernière épreuve du championnat. Il entame une très belle remontée un peu aidée par les soucis mécaniques de Prost. Au 28e des 51 tours, Senna a refait son retard sur le français et fonce vers la victoire.

1989 est l’année où les choses s’enveniment entre Senna et Prost. Alain accuse à plusieurs reprises Senna d’avoir une meilleure monoplace et d’être le « chouchou » de l’écurie. Le titre mondial se joue au Grand Prix du Japon, le dernier de la saison. Dans une tentative de dépassement avant une chicane, Senna, s’y prend un peu tard et en plus de ça Prost lui fermant volontairement la porte, les deux monoplaces s’accrochent. Senna réussit à repartir et gagner la course en coupant la chicane et en se faisant aider par les commissaires de course. Malheureusement ces actions lui valent une disqualification et c’est finalement Alain Prost qui remporte le championnat (son 3ème titre).

En 1990, les choses s’inversent. Prost est partit chez Ferrari mais c’est exactement le même scénario que l’an passé. On se retrouve sur le dernier GP de la saison: Suzuka (Japon). Senna s’énerve du fait que la pôle position se trouve du côté « sale » de la piste. Il signe tout de même la pôle juste pour ne pas se laisser battre par son rival. Ayrton prétendra avoir rencontré les officiels de la piste et avoir eu une confirmation que la pôle serait changée de côté pour se retrouver du côté « propre ». Cette déclaration n’as jamais été confirmée et Senna se retrouve finalement du côté « sale ».

Ce que tout le monde redoutait arrive: Les roues de Senna patinent sur le sol poussiéreux alors que Prost prend un départ canon sur le côté propre. Senna accroche alors volontairement Prost au premier virage et se voit sacré champion du monde F1 pour la deuxième fois! Cet acte sera très controversé. Certains disent que ce n’est qu’une revanche de ce qui s’était passé l’année précédente et d’autres décrivent cela comme un acte inconscient et anti-sportif. Bref, Senna déclarera publiquement que sont acte était bel et bien volontaire critiquant l’action de l’ancien président français de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile), Jean-Marie Balestre, qu’il accusait implicitement de jouer en faveur de son compatriote, Alain Prost.

Prost ne lui pardonnera jamais son acte car ils auraient pu se tuer vu la vitesse atteinte avant le 1er virage.

En 1991, début de saison parfait pour Senna. Ce qui m’a le plus marqué (ainsi qu’énormément d’amateurs) c’est son GP du Brésil à Interlagos. Ce Grand Prix aura été extrêmement difficile pour Senna mais il voulait absolument le gagner vu qu’il n’avait jamais remporté de GP chez lui, devant son public.

Il décroche la pôle au dernier tour de qualification avec un temps de 1m 16s 392, contre 1m 16s 775 de Patrese.

En course tout se complique: Senna, après avoir pris une grande avance sur Patrese, subit des problèmes mécaniques. En premier lieu, il perd le 4ème rapport ce qui l’oblige à passer directement de 3ème vitesse à la 5ème. Puis, un peu plus tard, il perd tous les rapports. Il est donc obligé de maintenir en force le levier de vitesse pour que les rapports restent engagés et perd à ce moment là, 7sec par tour.

A 7 tours du drapeau à damier, dans un élan de désespoir, il tente de mettre la 6ème et miraculeusement elle rentre et y reste. Patrese grapillait 2 à 3 secondes par tour et se rapprochait lorsqu’à 2 tours de l’arrivée, il commence à pleuvoir. Ricardo Patrese, cesse alors sa chasse au brésilien pour préférer assurer la deuxième place.

Ayrton passe finalement mais difficilement la ligne d’arrivée en première position après plusieurs tours de gros efforts physiques et psychologiques. On l’entend alors dans les casques de l’écurie crier de douleur et de soulagement. Le médecin et les commissaires devront l’extraire de sa voiture tellement il était à bout de forces.

De nouveau à Suzuka, Mansell sort de la piste ce qui attribue automatiquement la victoire du championnat du monde a Ayrton Senna. Pour cette dernière course il laisse même son ami et coéquipier, Gerhard Berger jusque là  malchanceux, remporter la victoire.

1992 est l’année de la domination des Williams-Renault. Prost renvoyé de chez Ferrari, s’est pris une année sabbatique. Cela se ressent tout de suite sur le pilotage de Senna. Il n’as plus son rival de toujours et n’est plus aussi motivé de gagner. Cette année, il finira 4ème du classement général avec 50 points.

On retiendra de cette année que lors des essais du Grand Prix de Belgique, Ayrton sauve la vie du pilote français Erik Comas qui vient d’être victime d’un terrible accident sous ses yeux. Le français, assommé par sa roue perd connaissance, le pied bloqué sur l’accélérateur. Senna s’arrête au bord du circuit et, au périle de sa propre vie, traverse la piste en courant alors que les autres voitures déboulent à pleine vitesse pour aller actionner le coupe-circuit de la Ligier du français, évitant ainsi que celle-ci ne s’enflamme avant que les secours n’arrivent sur place.

En 1993, Senna et Prost se réconcilient et deviennent de grands amis. Ils réalisent que l’un sans l’autre il ne seraient pas ce qu’ils étaient. Cette saison a été marquée par ce que tout le monde s’accorde à appeler: le meilleur tour F1 de toute l’histoire. Sous la pluie de Donington Park, Senna part 4ème sur la grille mais se retrouve 5ème a cause d’un mauvais départ, et dépasse quatre voitures (dont celle de Prost) lors d’un premier tour d’anthologie.

1994 fut une année difficile pour le monde de la F1. Prost ayant pris sa retraite, Senna rejoint l’écurie anglo-française, Williams-Renault, fin 1993. Il partait pourtant favori de cette saison mais la réglementation interdisant les assistances électroniques (en vigueur depuis la fin de l’année précédente) rendaient l’auto très difficile à piloter.

Le 3ème GP de la saison, le Grand Prix de Saint-Marin, disputé sur le circuit d’Imola (Italie) les, 29, 30 avril et 1er mai 1994, tourne au cauchemar. Le vendredi, premier avertissement avec un violent accident du jeune Rubens Barrichello (Jordan) qui s’en tire blessé. Le samedi, lors des essais qualificatifs, où Senna signe sa 65e et dernière pôle position, le jeune pilote autrichien Roland Ratzenberger est victime d’un accident mortel au volant de sa Simtek-Ford, juste après avoir perdu un aileron, dans le virage de Tosa. Roland est très certainement tué sur le coup, mais son décès ne sera constaté officiellement que lors de son transfert hors du circuit. Or, selon la loi italienne, s’il avait effectivement été constaté sur place, la piste d’Imola aurait été placée sous scellés aux fins d’inspection et d’enquête, comme le veut la justice italienne, ce qui aurait automatiquement entraîné le report du Grand Prix.

Le dimanche 1er mai, au départ, un accident se produit dès le feu vert, la Lotus du Portugais Pedro Lamy percutant la Benetton du Finlandais JJ.Lehto sur la grille, des débris s’envolant par dessus les grillages de sécurité, touchant des spectateurs et un policier. Course neutralisée d’entrée, la voiture de sécurité emmène donc la meute des F1 au ralenti durant cinq tours, et s’écarte. Après un seul tour bouclé à pleine vitesse, en tête dans cette sixième boucle, talonné par la Benetton de Michael Schumacher, Ayrton Senna perd le contrôle de sa monoplace qui part tout droit dans la courbe ultra-rapide de Tamburello avant d’aller percuter un mur de béton avec une rare violence (210 km/h lors de l’impact), à 14 h 18. Alors que Senna reçoit des soins d’urgence à même la piste, avant d’être héliporté vers l’hôpital Maggiore de Bologne, ce funeste Grand Prix va à son terme après une interruption d’une vingtaine de minutes, non sans qu’un nouveau drame ne se produise dans les stands ; à onze tours de la fin, la Minardi de Michele Alboreto perd une roue qui va blesser plusieurs mécaniciens.

Le décès de Senna est officiellement annoncé peu après 18 h 30. La cause directe de la mort du pilote brésilien résulte d’une circonstance malheureuse. En effet, sous la violence du choc, le triangle supérieur de la suspension avant de sa F1 s’est brisé et est allé frapper, tel un sabre, la visière de son casque. Selon l’autopsie, cette pièce aurait perforé le visage de Senna sous l’arcade sourcilière droite provoquant ainsi des lésions irréversibles au cerveau et une forte hémorragie.

La Williams FW16 de Senna est ramenée aux stands et bâchée. Un officiel, qui examine la voiture, trouve un drapeau autrichien dans le cockpit. Senna a en effet demandé à un ami de lui fournir ce drapeau pour rendre hommage à Ratzenberger au cas où il remporterait la course.

La cause officielle de l’accident d’Ayrton Senna est une rupture de la colonne de direction de sa monoplace. Senna avait lui-même exigé que cette colonne soit retouchée de manière à améliorer son confort. La modification ayant été réalisée dans la précipitation avant la course, une mauvaise soudure aurait donc été la cause de la rupture de la colonne de direction sollicitée à pleine vitesse dans son dernier virage.

Finalement Senna disparait en faisant ce qu’il aimait plus que tout au monde: piloter.

Il venait d’un milieu aisé, lui-même vite devenu multimillionnaire, il n’en était pas moins préoccupé par les graves difficultés économiques et sociales du Brésil. Senna finançait depuis quelques années différentes associations caritatives. Il avait, à la fin de sa vie, commencé à réfléchir à un projet de plus grande envergure visant à aider les enfants les plus démunis. Après sa mort, c’est sa sœur Viviane Senna Lalli qui a concrétisé les projets d’Ayrton, en mettant sur pied la Fondation Ayrton Senna, un organisme qui met en place des projets éducatifs, notamment par la pratique régulière du sport l’après midi après avoir été en classe le matin. Selon Viviane, il s’agit non seulement d’apprendre aux enfants à respecter des règles et le fair-play, mais aussi de les « fatiguer » pour qu’ils aillent se coucher tôt le soir et éviter qu’ils traînent dans les rues peu sûres des favelas.

Senna a décroché la première place des meilleurs pilotes de F1 de tous les temps lors d’un vote mis en place en 2005 par le plus important magazine automobile brésilien, ainsi que la principale chaîne de télévision brésilienne. Les votants regroupaient de grands chroniqueurs sportifs de la Formule 1, ainsi que des pilotes de renom comme Alain Prost, Nelson Piquet, Michael Schumacher, Jean Alesi, Jackie Stewart ou encore Stirling Moss et Niki Lauda.

CV sportif:

Ayrton Senna détient encore le record du nombre de victoires à Monaco, avec 6 succès, dont 5 consécutifs.

  • Titres de champion du monde : 3 ( 1988, 1990 et 1991)
  • Grands Prix : 161 départs (162 participations)
  • Victoires : 41
  • Points marqués : 614
  • Pole Positions : 65
  • Podiums : 80
  • Meilleurs Tours en course: 19
  • Débuts en F1 : 1984 — Grand Prix du Brésil à Jacarepagua (Résultat : abandon)
  • Première victoire : 1985 — Grand Prix du Portugal à Estoril
  • Première pole position : 1985 — Grand Prix du Portugal à Estoril
  • Dernier GP disputé : 1994 — Grand Prix de Saint-Marin, à Imola.

Ayrton Senna, reste selon moi un model à suivre, il a réussi tout ce qu’il a entrepris et n’a pas pensé qu’à lui contrairement à beaucoup de sportifs actuels (Ribery si tu nous lis lool). Il avait un mental et un pouvoir de concentration hors du commun.

J’espère que son neveu, Bruno Senna (voir notre article ICI), parviendra à percer dans le milieu de la F1. En tout cas ça fait plaisir de revoir ce nom et ce casque jaune sur les circuits.

Voila, c’était un peu long, quand je parle de lui j’ai du mal à m’arrêter… j’espère qu’au moins l’un d’entre vous aura eu le courage de me lire jusqu’ici.

Tu nous manques, et où que tu sois…. Fonce!