Martin Vidberg -vidberg.blog.lemonde.fr

Ce matin Monsieur Philippe Séguin est mort d’une crise cardiaque.

Comme toutes les morts ou presque, c’est une triste nouvelle.

Sa carrière politique fut bien remplie (voir ICI)

Mais qui dit carrière politique, dit adversaire politique.

Et c’est là que sa mort prend une tournure presque tragicomique.

En effet, ses ennemis d’y hier qui lui souhaitaient presque la mort, sont aujourd’hui en train de se répande en hommage à ce « grand homme de la politique ».

On peut alors se poser en toute bonne foi une question majeur:

Est-ce que la mort nous rend meilleures ?

On va finir par en douter, car, à part des cas aussi horribles qu’Hitler ou d’autres dictateurs haineux et monstres de l’histoire, la mort d’une personne fait subitement oublier à tous les défauts et problèmes qu’on pouvait lui reprocher.

Qui n’a jamais entendu à un enterrement un éloge funèbre expliquant à quel point une personne était géniale, alors que quelque temps avant, l’auteur du discours ne se gênait pas de dire des choses très peu amicales sur son compte !?

La mort nous rend juste, elle offre le pardon universel dans beaucoup de cas.

Mais alors, quel crédit porter aux arguments que les gens utilisent pour critiquer une personne ?

Soit, ils ne pensent pas ce qu’ils disent quand la personne est vivante, soit, ils nous mènent en bateau et cherche à se faire bien voir quand la personne est morte.

Est-ce qu’il ne serait pas plus crédible pour les gens qui n’apprécient pas le défunt de dire simplement :

Cette mort est quelque chose de bien triste, nous comprenons la douleur de la famille, nous leur offrons nos sincères condoléances.

Cela aurait l’avantage de rester neutre sur sa pensée profonde et surtout d’être sincère, ou du moins pas aussi caricaturale que des éloges qui ne sont là que pour faire la parade.

Mais sont-elles là que pour la parade, que pour se faire bien voir ?

Si on juge sans trop réfléchir, on peut affirmer que oui.

Et en réfléchissant, on peut toujours admettre qu’une partie de la motivation vient du désir de donner une bonne image.

Mais il ne faut pas oublier aussi l’effet de transposition !

Et si c’était moi ! J’aurais pu être dans ce cas !

Si en définitive une partie de tous ces bons sentiments venaient surtout dans l’espoir de se voir traiter de la même façon dans le futur … un futur peut-être pas si éloigné que ça !?

Je vous laisse en juger par vous-même !